Bavière, les beaux jardins du château de Linderhof
Samedi 15 juillet. Demi-tour toute et une trentaine de kilomètres plus au sud pour faire une petite halte au château de Linderhof, au nord de la station de Garmish-Partenkirchen… En quelque sorte, à juste quelques kilomètres de Eittal où j’ai passé la nuit. Je me demande bien si j’ai bien étudié mon parcours, moi, ce matin… Bon, château de Linderhof, c’est vite dit.
Petit château planté au cœur d’un vaste domaine. Normal, c’est en fait un simple pavillon de chasse que Louis II de Bavière a fait aménager pour bercer sa folie douce. C’est d’ailleurs un des seuls châteaux qu’il a fait ériger qui lui a vraiment servi de demeure… Il y a séjourné 15 jours par mois pendant 8 ans.
C’est en 1874 que Louis II décida d’aménager le pavillon de chasse de son père Max II en superbe petit refuge de style XVIIIe siècle, inspiré d’une de ses visites à Versailles. Et pour cause, tout ici célèbre l’incarnation de son idéal terrestre : le Roi-Soleil !
Bon, pas vraiment le temps ni l’envie de visiter une xième chambre du roi, le salon de musique bâti pour Wagner qui n’y mit jamais les pieds, ou son palais des glaces miniatures gonflé au rococo bavarois… Tout juste un tout petit regret pour la salle à manger où Louis II fit aménager une table montée sur ascenseur donnant directement sur les cuisines pour éviter à sa très haute majesté l’inconfort de croiser un serviteur… Je vous ai dit que Louis II était complètement frappadingue et qu’il dût abdiquer pour soigner sa folie ?
L’exemple le plus frappant de la folie de Louis II est autrement plus visible en faisant un tour des vastes jardins qui entourent sa si petite demeure. Ici, tout n’est que luxe, bassins, jardins à la française et statues dégoulinantes d’or.
Et que dire de ses fontaines grandioses qui ramènent invariablement au foisonnement de luxe et de démesure des jardins du château de Versailles.
À l’ouest du château, ne pas manquer cette magnifique petite fontaine surmontée d’un angelot recouvert d’or qui expulse l’eau de sa trompette.
Dans le prolongement deux autres statues encore qui viennent ponctuer les allées fleuries des jardins à la française.
Les jardins du château de Linderhof sont immenses. Et cependant, il faut vraiment le savoir avant de les visiter, car rien n’indique (en anglais tout du moins) le sens de la visite ni le parcours à emprunter pour aller visiter les incontournables que sont la Grotte de Vénus (la plus grande grotte artificielle d’Europe construite pour rendre hommage à l’opéra Tannhauser de Wagner !), le Kiosque mauresque (mini-mosquée érigée lors l’exposition universelle de Paris de 1867 et rachetée à prix d’or par Louis II de Bavière qui aimait ainsi se promener en prince oriental, ou encore la Hutte de Hunding, cabane germanique archaïque inspirée par la Walkyrie de Wagner.
Pour ma part, je me contenterais (faute de l’avoir su !) des jardins immédiats encadrant le château, et notamment l’extraordinaire grand canal creusé sur le modèle de son aîné versaillais.
Et comme son aîné, ils sont ponctués par un vaste escalier à double volée de marches qui donnent directement accès au parvis du château. Étonnant, non ?
Sans oublier les vasques, les massifs fleuris, les fontaines de Poséidon, les angelots recouverts d’or qui peuplent le centre du bassin principal.
Mais le clou de ce grand canal reste bien l’extraordinaire fontaine des Muses qui se dresse à l’extrémité du bassin. Sublime de beauté et d’expression. D’un romantisme insensé. Magique sous la pluie de l’eau déversée par la fontaine. Du pain béni pour mon Nikon.
Plus bas, deux muses dénudées étendues et appuyées sur des coussins observent avec grâce la foule qui se presse autour des rives du grand bassin. Sublime.