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Boulevard World, promenade autour d’un monde d’illusions

Boulevard World, promenade autour d'un monde d'illusions

Jeudi 23 octobre. À deux pas de Boulevard City, se dresse un immense parc de loisirs (commercial ?) qui permet aux Saoudiens de voyager à travers le monde sans jamais quitter le sol de Riyad.
Boulevard World propose aux visiteurs de se promener pendant des heures à travers des pans entiers de civilisations et de villes reconstituées à une moindre échelle, dans une ambiance culturelle idéalisée qui ne reflète pas vraiment la réalité. 

Mais bon, tous les clichés sont là, la Tour Eiffel à Paris, la tour des Giennois à Istanbul, les pyramides de Gizeh et les maisons traditionnelles en bois de Pékin et Canton. Franchement, les reconstitutions sont à couper le souffle, avec un petit faible quand même pour les principaux sites culturels de l’Arabie, mais l’ensemble est résolument tourné vers la consommation à outrance et l’aspect commercial. C’est dommage.

Cet aspect consumériste vient vraiment gâcher l’expérience et quitte à être pris pour un jambon, autant prendre un avion, direction Orlando, et retourner à Animal Kingdom où l’on peut également faire le tour du monde, mais en s’amusant et en profitant des safaris africains. Voilà pour la critique de ce Boulevard World qui ravira surtout ceux qui aiment passer un bon moment en famille en faisant une large entorse à l’authenticité.

Boulevard World fonctionne avec un modèle économique mixte : entrée payante avec forfaits famille, revenus complémentaires via la location d’espaces commerciaux et partenariats avec des offices de tourisme nationaux. Son développement a nécessité trois ans de travaux et emploie directement plus de 5.000 personnes, avec une capacité d’accueil quotidienne estimée à 60.000 visiteurs.

Boulevard World s’étend sur une superficie de 1,3 million de mètres carrés et se présente comme une destination thématique internationale. Le site est divisé en douze zones représentant des continents et pays spécifiques, avec des répliques d’architectures emblématiques comme la tour Eiffel, les canaux de Venise et des pagodes asiatiques.

L’expérience visiteur combine éléments culturels et attractions modernes. Chaque pavillon national propose des spécialités culinaires authentiques, des spectacles traditionnels et des boutiques d’artisanat.

Les installations permanentes incluent un lac artificiel de 35 000 mètres carrés avec des bateaux-taxis, une grande roue de 55 mètres de hauteur et un circuit de montagnes russes. Le projet se distingue par son approche technologique. Un système de dômes climatiques régule la température intérieure, permettant une fréquentation toute l’année malgré les conditions désertiques extérieures.

Les visiteurs naviguent via des sentiers piétonniers ombragés et des transports électriques silencieux. La programmation culturelle alterne entre expositions permanentes sur les civilisations mondiales et événements temporaires comme des festivals gastronomiques ou des compétitions sportives internationales.

L’accent est mis sur l’interactivité, avec des ateliers artisanaux et des expériences de réalité virtuelle reconstituant des sites historiques.

Voyons maintenant comment s’organise la visite. En pénétrant dans Boulevard World, la première impression est celle d’une compression géographique du globe. Sous un vaste dôme climatique maintenu à température constante, douze pavillons thématiques recréent des ambiances continentales distinctes.

Une réduction de la tour Eiffel s’élève à 35 mètres au-dessus du « quartier européen », tandis qu’à proximité, des gondoles glissent sur des canaux reproduisant Venise avec des ponts en pierre reconstituée et des façades aux couleurs pastel.
Plus loin, le pavillon asiatique présente une pagode chinoise entourée de cerisiers en floraison artificielle, dont les pétales sont renouvelés quotidiennement.

Des lanternes traditionnelles éclairent des stands proposant des spécialités culinaires comme des dumplings ou du thé matcha. Une réplique du temple d’Angkor Wat sert de cadre à des spectacles de danse khmère programmés toutes les deux heures.

La zone moyen-orientale recrée un souk traditionnel avec des arcades en pierre ocre, où des artisans travaillent le cuir et les métaux devant les visiteurs. L’air est chargé d’odeurs d’encens et d’épices qui s’échappent des échoppes.

Non loin, un théâtre en plein air accueille des performances de danse folklorique saoudienne. Au centre de l’espace, un lac artificiel de 2 hectares reflète les lumières des attractions.

Des embarcations électriques en forme de cygnes naviguent silencieusement entre les fontaines chorégraphiées. La grande roue illuminée domine l’ensemble, offrant depuis ses cabines une vue panoramique sur l’agencement des différents univers.

Les allées principales, pavées de matériaux imitant le granit et le bois, sont bordées d’écrans interactifs affichant des informations sur les attractions. Une attention particulière est portée à la végétation : palmiers, oliviers et plantes méditerranéennes cohabitent avec des espèces tropicales sous le dôme.

L’éclairage évolue progressivement pour simuler un coucher de soleil permanent, renforçant l’immersion dans ce monde miniature. Le pavillon américain recrée des éléments emblématiques des Amériques du Nord et du Sud.

On y trouve une réplique de la Statue de la Liberté haute de 15 mètres, partiellement entourée d’un plan d’eau évoquant le port de New York. Une façade de gratte-ciel stylisée abrite des restaurants proposant des hamburgers et des barbecues texans, tandis qu’une autre section évoque le Québec avec un chalet en bois et une patinoire synthétique.

La zone latino-américaine présente une place colorée inspirée de Cartagena, avec des arcades coloniales et des stands de arepas et de ceviche. Des musiciens y interprètent des mélodies au mariachi et à la samba.
Le pavillon africain se divise en trois sous-espaces : l’Afrique du Nord avec un minaret et un souk marocain reconstitué, où des tapis berbères et des lanternes en métal sont exposés ; l’Afrique subsaharienne avec des cases traditionnelles et des sculptures en bois ; et l’Égypte antique, dominée par une reproduction du temple de Louxor et d’un sphinx de 8 mètres de long.

Des ateliers permettent de s’initier au percussions djembé ou à la calligraphie arabe.

Mais la véritable attraction, à mon sens, de cet incroyable parc de Boulevard World reste cette magnifique géode, un dôme gigantesque en forme de ballon de football, posé sur l’une des rives du lac artificiel.
La nuit, l’effet visuel est absolument éblouissant de beauté, une véritable prouesse technique, qui, à elle seule, mérite de visiter le parc.

L’immense géode de Boulevard World se dresse comme un point focal architectural entre les pavillons continentaux. Cette sphère monumentale, haute de 30 mètres, est recouverte de 1.892 panneaux triangulaires en aluminium poli qui reflètent le ciel artificiel du dôme principal.

Sa surface miroir crée des jeux de lumière variables selon l’éclairage ambiant, projetant des reflets mouvants sur les structures avoisinantes. L’accès s’effectue par une passerelle suspendue menant à un sas d’entrée discret.

L’intérieur révèle un amphithéâtre à 360 degrés équipé de 800 sièges inclinés à 45 degrés. Le dôme intérieur est tapissé d’un écran LED incurvé de 8K résolution, l’un des plus grands espaces immersifs au monde dédié aux expériences visuelles.

La programmation alterne entre trois spectacles principaux : un voyage astronomique à travers le système solaire, une plongée dans les écosystèmes marins des abysses, et une recréation numérique de sites historiques disparus comme Palmyre ou le temple de Bel. Chaque séance dure 22 minutes et utilise un système audio spatialisé avec 64 haut-parleurs indépendants.

La structure elle-même intègre des technologies durables, dont un système de refroidissement par géothermie utilisant la masse thermique du sol pour maintenir une température constante. Les panneaux extérieurs sont recouverts d’un revêtement photocatalytique qui purifie l’air ambiant lorsqu’il est exposé à la lumière artificielle du complexe.

Des visites techniques permettent d’accéder à la coursive supérieure, offrant une vue plongeante sur l’ensemble de Boulevard World. La géode fonctionne également comme centre éducatif pendant les heures matinales, accueillant des groupes scolaires pour des ateliers sur l’astronomie ou l’architecture.

Sa conception est le fruit d’une collaboration entre l’agence saoudienne d’architecture contemporaine et des ingénieurs allemands spécialisés dans les structures sphériques. Enfin, avant de quitter Boulevard World, je ne voudrais pas oublier d’évoquer la reconstitution absolument incroyable faite des splendeurs du pavillon égyptien.

Une reproduction du temple de Louxor, réduite à l’échelle 1:3, forme le cœur du pavillon avec ses colonnes papyriformes hautes de 12 mètres et ses obélisques gravés de hiéroglyphes fidèlement retranscrits par des égyptologues. Un sphinx de 25 mètres de long, sculpté dans du béton teinté et vieilli artificiellement, garde l’entrée principale.

Son visage mêle les traits de Khéphren à des éléments stylistiques contemporains. Des statues de dieux égyptiens en bronze oxydé – Anubis, Horus et Bastet – bordent l’allée menant au temple, où des projections holographiques recréent des cérémonies religieuses avec des prêtres virtuels effectuant des offrandes.

Une reproduction de la tombe de Toutânkhamon permet d’explorer le dispositif de chambres funéraires, avec des répliques exactes du sarcophage et du masque mortuaire réalisées en collaboration avec le Musée égyptien du Caire. Des archéologues virtuels guident les visiteurs à travers des écrans tactiles expliquant les techniques de momification.

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