Comment se passe l’ascension du mont Khumjung ?
Un départ matinal depuis Namche Bazaar
L’ascension vers Khumjung débute généralement tôt le matin depuis Namche Bazaar, après une nuit de repos bien méritée. Le sentier bien balisé quitte le village par le nord-ouest, entamant une montée progressive à travers une végétation de rhododendrons et de genévriers. La piste longe d’abord la piste d’atterrissage désaffectée de Syangboche, offrant déjà des vues dégagées sur les sommets environnants. Après environ une heure de marche, on atteint un col orné de stupas blancs qui marque l’entrée dans un vallon suspendu d’une beauté saisissante, avec en toile de fond le mont Khumbila, montagne sacrée des Sherpas.
La découverte des villages traditionnels
Après environ deux heures de marche depuis Namche, on pénètre dans Khunde, le premier des deux villages jumeaux, avant de rejoindre Khumjung en quinze minutes à travers champs cultivés. Ces villages, perchés à 3.790 mètres d’altitude, ont conservé une authenticité remarquable avec leurs maisons traditionnelles aux toits verts caractéristiques. Le monastère de Khumjung, vieux de quatre cents ans, attire particulièrement l’attention car il abriterait un scalp de yéti conservé dans une armoire verrouillée. L’école fondée par Sir Edmund Hillary en 1961 témoigne de l’engagement du célèbre alpiniste en faveur du développement local.
Une boucle panoramique par l’Everest View Hotel
Le retour vers Namche peut s’effectuer par un itinéraire plus spectaculaire passant par l’Everest View Hotel, perché à 3.880 mètres d’altitude. Ce détour d’une heure supplémentaire récompense le marcheur par une vue imprenable sur l’Everest, le Lhotse et l’Ama Dablam, que l’on peut contempler confortablement installé à la terrasse du célèbre établissement. Le chemin redescend ensuite vers Chhorkung, un petit village surplombant Namche, avant de rejoindre la capitale sherpa. Cette boucle complète représente environ 7,6 kilomètres pour un dénivelé total de 520 mètres, parcourable en quatre à cinq heures.
Une journée cruciale pour l’acclimatation
Cette randonnée, bien plus qu’une simple promenade, constitue une étape d’acclimatation essentielle dans le programme du trek vers l’Everest Base Camp. Le principe “marcher haut, dormir bas” permet au corps de s’adapter progressivement à l’altitude sans subir de stress excessif. Au-delà de l’aspect physique, cette journée offre une immersion privilégiée dans la culture sherpa, loin de l’agitation touristique de Namche. La visite du monastère, des écoles et des fermes traditionnelles permet de comprendre la vie de ce peuple d’exception, alliant harmonieusement performance sportive et enrichissement culturel.
Comment faire le trek de l’Everest Base Camp ?
Accès et point de départ du trek
Le trek de l’Everest Base Camp débute par un vol intérieur depuis Katmandou jusqu’à l’aéroport de Lukla, considéré comme l’un des plus spectaculaires au monde en raison de sa piste courte en forte pente. Ce vol de trente-cinq minutes coûte entre 180 et 220 dollars l’aller simple, mais attention, pendant la haute saison, les départs se font souvent depuis Ramechhap, accessible par un trajet routier de cinq à six heures commençant aux alentours de minuit. Une fois à Lukla, le cheminement s’effectue à pied à travers la vallée du Khumbu, avec des journées de marche de quatre à six heures en moyenne, ponctuées de jours de repos indispensables pour l’acclimatation.
Budget global et coûts détaillés
Le coût total du trek varie considérablement selon que vous voyagez de manière indépendante ou par l’intermédiaire d’une agence. Pour un trek en autonomie, prévoyez entre 1.200 et 1.600 dollars, tandis qu’une formule accompagnée par une agence s’élève généralement entre 1.500 et 2.500 dollars par personne. Ce budget inclut les permis, l’hébergement en tea house, la nourriture et les transports locaux, mais exclut les vols internationaux et l’équipement personnel. En journée, comptez environ 40 à 45 dollars pour les repas et les boissons, avec des prix qui augmentent progressivement avec l’altitude.
Permis obligatoires et formalités administratives
Pour effectuer ce trek, vous devez obligatoirement être muni de trois documents officiels. Le TIMs card (Trekkers’ Information Management System) coûte environ 20 dollars, le permis d’entrée du parc national de Sagarmatha est fixé à 30 dollars, et la taxe locale du Khumbu s’élève à 15 dollars, soit un total d’environ 65 dollars par personne. Ces permis s’obtiennent principalement à Katmandou auprès du Nepal Tourism Board ou via une agence agréée, à l’exception de la taxe locale qui peut être réglée directement sur le chemin à Monjo. Un visa touristique de trente jours est également requis à l’arrivée pour environ 40 dollars.
Hébergement et organisation quotidienne
Tout au long du parcours, les tea houses, ces petits lodges familiaux, constituent l’hébergement typique. Le prix d’une nuit varie de 5 à 10 dollars dans les villages de basse altitude comme Phakding et Namche Bazaar, et atteint 10 à 15 dollars dans les étapes plus élevées comme Dingboche, Lobuche ou Gorak Shep. Il est important de prévoir un budget supplémentaire pour les services comme les douches chaudes (3 à 8 dollars), la recharge des appareils électroniques (2 à 5 dollars par heure) et l’accès à internet (environ 5 dollars par jour). Pour l’équipement, la location sur place à Katmandou est possible, avec des tarifs d’environ 2 dollars par jour pour un sac de couchage ou une doudoune.
Everest Base Camp, au sommet du mont Khumjung (3870m)
Lundi 13 novembre. Au bout de vingt bonnes minutes de marche et d’ascension, nous arrivons enfin au sommet du mont Khumjung (3.870 m). La première grande émotion de ce long trek à travers la chaîne de l’Himalaya. La beauté du paysage est à couper le souffle.
En me retournant, je peux voir le chemin accompli, le minuscule plateau qui abrite les bureaux du parc national de Sagarmatha.
Un vent glacial nous cueille au sommet du Kumjung. Les drapeaux de prières tendus entre deux bosquets d’arbustes claquent au vent.
Petite séance de photos-souvenirs pour immortaliser ce moment. Pendant les cinq dernières minutes de l’ascension, je me suis effondré en larmes. La vue sur les sommets himalayens et les efforts consentis pour arriver jusque-là m’arrachent des larmes. Un trop plein d’émotions. Je pense à maman décédée il y a quatre ans, à papa. À Léa aussi. Je pense à tous les gens que j’aime. Non, ce voyage n’a vraiment rien d’ordinaire. À des années-lumière de tous ce que j’ai entrepris jusqu’ici.
Comme je l’ai dit, la vue sur les sommets est fantastique. Les plus hauts pics du globe sont tous là : l’Everest (8.848 m), le Lhotse (8.515 m), le Nuptse (7.878 m) et l’extraordinaire Alma Dablam (6.812 m). Le seul sommet que Sashee a vaincu.
Vers le sud-est se dresse le Thamserku (6.608 m), et au nord-ouest le Kongde Ri (6.187 m). Enfin, tout au nord, on peut voir la montagne sacrée du Khumbu, le Khumbila (5.761 m), résidence de la déesse Tetsan Gelbu. Des drapeaux de prières font ainsi référence à elle.
Le paysage est tellement beau que je pourrais rester ici des heures. Je me tourne vers Sashee pour lui faire signe que je veux rester un moment à contempler cette merveille. J’ai besoin de ce petit moment de solitude pour évacuer ce trop plein d’émotion.
Devant la silhouette d’Ama Dablam, mes larmes coulent encore. Un sentiment incroyable de sérénité et de bien être m’envahit. C’est complètement fou. Jamais je n’aurais pensé un seul instant vivre de tels moments.
Je trouve un endroit où m’asseoir pour me vider la tête et l’esprit. Juste le besoin de me ressourcer, de faire corps avec cette nature sauvage, d’être à mon tour cette minuscule brindille d’herbe dans la grande multitude du monde. Un élément pas plus. Pas moins. Le sentiment d’être à sa vraie place.
Après ce long moment de recueillement, on peut de nouveau repartir. Une petite photo-souvenir de Sashee et on reprend notre route.
Difficile de se résoudre à quitter cet endroit. Quelques minutes encore, le temps de manger une barre de céréales (eh oui, j’y ai pensé !), et je peux encore contempler l’ensemble des plus grands sommets de ce côté-ci de la chaîne de l’Himalaya.
Là-bas, tout là-haut se dressent les sommets de l’Everest, de Lhotse, de Nuptse et d’Ama Dablam. Chaque pas que nous ferons sur le chemin de ce trek nous rapprochera un peu plus de ces géants.
En attendant, nous commençons la descente vers le village Khumjung qui se trouve en contrebas. Au-dessus de Syangboche, le chemin se divise en deux. À gauche, on rejoint le hameau de Khunde (3.840 m), à droite, on descend vers Khumjung (3.790 m).
C’est ce dernier que nous prendrons. On emprunte d’abord un sentier plutôt sablonneux, puis de nombreuses marches qui mènent jusqu’au village de Khumjung, qui fut l’ancienne capitale de Sherpas avant Namche Bazar. À l’entrée du village se trouve une petite carrière où quelques ouvriers taillent des pierres pour bâtir des lodges.
Après quoi, on a juste à suivre de nouveau un chemin sablonneux qui se fraie un passage à travers une rangée d’arbustes. Cette petite descente est vraiment des plus agréables après l’ascension éprouvante du mont Khumjung (3.900 m). Une vraie partie de plaisir.
On marche dans les pas du sentier creusé par les sabots des yachs et des chevaux, avec en point de mire la cime blanche d’Ama Dablam.
Enfin, tout au bout du chemin un stupa d’une blancheur immaculée accueille les visiteurs. Des drapeaux de prières sont tendus depuis son sommet.
On n’a plus qu’à suivre le chemin qui longe un joli muret en pierre pour rejoindre le village.
L’arrivée au village de Khumjung se fait en fait en deux temps. On arrive d’abord à la carrière de pierre, depuis laquelle un chemin est matérialisé et longé par un muret de pierre, puis on accède au village proprement dit.
C’est ce premier moment de l’arrivée que je retrace ici. À l’entrée, un stupa nous accueille encore.
Puis on suit le chemin sablonneux et poussiéreux qui traverse une forêt d’arbustes.
Devant nous encore, la vue fabuleuse sur les sommets enneigés, avec au centre l’Everest, et sur la droite au premier plan, la silhouette si reconnaissable d’Ama Dablam.
Avec mon 35 mm, on voit mieux encore le sommet de l’Everest, avec à sa droite en léger retrait le sommet de Lhotse.
Et là, c’est la montagne sacrée de Khumbu où réside la déesse Tetsan Gelbu.
Une chose est sûre, cette fin de randonnée en chemin quasi plat est une vraie délivrance. Un grand moment de bonheur qui me permet de profiter pleinement du paysage.
L’arrivée à Khumjung se fait comme dans un rêve. Une impression de glisser sur ce chemin sablonneux. De traverser les rues comme un fantôme. On passe un premier portique et on pénètre dans les rues.
Tout de suite, à droite, à l’entrée du village, un long mur mani avec des chortens et des stupas évoque l’époque où Khumjung était alors la capitale des Sherpas. Elle fut fondée, il y a 500 ans et fut l’une des premières colonies de Khumbu. À droite encore, l’école avec son terrain de football.
Puis on passe le grand stupa blanc dressé à l’entrée du village. Une merveille. Mon D750 fait des merveilles aussi face au soleil.
Les premières maisons apparaissent. Plus le nombre de pièces est important, plus elle montre l’opulence de la famille qui l’y habite. Partout la même histoire, me semble-t-il. Seule différence, dans chaque pièce on trouve un chaudron de cuivre qui sert à fabriquer le chang, la boisson nationale des Sherpas, faite à partir d’orge ou de riz fermentés.
Au détour d’une rue, une petite fille m’interpelle. Dressée derrière le mur sa maison de sa grand-mère elle est curieuse de voir l’appareil-photo que je porte à bout de bras. Trop mignon.
On avance un peu plus profondément dans le village. La vue sur l’Everest et les monts qui l’accompagnent est saisissante.
Un peu plus haut, un grand moulin à prières annonce le temple du village. Nous y sommes.
Voici donc le Khumjung Gompa, autrement dit le monastère de Khumjung avec ses dieux et ses déesses hindoues. Tout simplement magnifique, très coloré, à la décoration plutôt simple pour un petit temple hindou.
Ici, le bouddhisme et l’hindouisme se sont mêlés étroitement et j’ai peine à croire que celui-ci est un bouddha assis. Pas certain du tout !
De chaque côté de la statuaire, des milliers de rangements abritent des drapeaux à prières apportés par les croyants et les fidèles du temple.
Comme on le voit, la statuaire est nombreuse, riche de divinités locales et hindoues que je ne connais absolument pas. Quelle ignorance quand même !
Ah oui, j’oubliais, la religion hindoue comme chez les bouddhistes et les musulmans oblige les visiteurs à se déchausser pour pénétrer dans les temples. Quelque chose me dit qu’il n’y a que chez les chrétiens qu’on autorise les chaussures !
Bref, je suis très content de cette petite visite qui m’aura permis encore une fois de tester mon 35 mm pour des effets de profondeur de champ. Comme ce petit tambourin dressé à l’entrée du temple, avec en toile de fond les milliers tiroirs à drapeaux de prières.
Ou bien encore sur cette image où la profondeur de champ tient tout son intérêt avec au premier plan le moulin à prières, et derrière les cimes enneigées de l’Himalaya.
Ah : J’allais oublier l’essentiel ! Mais c’est dans ce petit monastère de Khumjung que l’on peut admirer… Le scalp véritable du Yéti ! Protégé des visiteurs par une cage de verre, il fait la fierté de tous les habitants du village !
Pas question de quitter Khumjung sans aller prendre un petit thé au citron dans une des petites auberges du village. Tout simplement délicieux et un vrai moment de détente dans la magnifique pièce où nous sommes conduits, toute en bois précieux, ajourée par une rangée de fenêtres discrètes et tamisées par d’immenses voilures. Un très beau souvenir. Pierre manquera même d’en oublier son sac !
Allez zou, nous reprenons les ruelles en sens inverse. Le nez au ciel pour admirer les cimes des sommets himalayens. À la sortie du village, je retrouve la petite fille qui m’avait interpellé quand nous étions arrivés. Je ne suis pas prêt d’oublier son petit regard espiègle.
Après cette visite sympathique du village de Khumjung, on prend la route du retour vers Namche Bazar. La remontée des marches qui descendent vers le village est un peu éprouvante, mais le sentiment de liberté devant un tel paysage emporte tout. L’effort compris.
De retour au sommet du mont Khumjung, on fait encore une halte pour profiter de la vue sensationnelle sur tous les sommets himalayens.
Difficile de quitter cet endroit magique…
On reprend donc le chemin en sens inverse en n’oubliant pas de lever les yeux au ciel pour admirer le paysage.
En chemin, on croise les nombreux trekkeurs qui sont partis après nous.
Mais le plus impressionnant encore reste le nombre de sherpas qui remontent le sentier chargés de pierres et de poutres de construction dans le dos.
On passe de nouveau le dernier stupa du village avant de plonger de nouveau dans la descente qui doit nous ramener vers Namche Bazar.
Bon autant le dire tout de suite, la descente vers Namche n’est qu’une partie de plaisir. Rien à voir avec l’ascension éprouvante de la matinée. Un vrai bonheur avec en toile de fond un paysage à couper le souffle.
À l’entrée de Namche Bazar, impossible de résister à l’envie de faire tourner à son tour le moulin à prières. C’est fou comme on devient vite superstitieux en très haute montagne.
Enfin, après un peu plus d’une heure de marche, Namche Bazar et sa cohorte de lodges et d’habitations de sherpas apparaît au fond de la vallée. Ce sera le moment de faire quelques courses et d’acheter quelques souvenirs… Sans oublier de recharger nos portables et nos batteries d’appareil-photo au café du coin. Gratuit !