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Everest base camp, la longue ascension vers Dingboche

Comment se passe l’ascension vers Dingboche ?

Le départ de Deboche et la montée vers Pangboche

L’ascension vers Dingboche commence par un départ matinal de Deboche, après une nuit reposante dans ce paisible village forestier. Le sentier s’élève d’abord légèrement à travers une forêt enchantée de rhododendrons, de conifères et de bouleaux, où la lumière filtre à travers les branches couvertes de mousse. Après environ une heure de marche, on amorce une descente vers la rivière Imja Khola, que l’on franchit par un pont suspendu. La montée reprend ensuite progressivement à travers des clairières jusqu’au village de Pangboche, perché à 3.985 mètres d’altitude. Cette première section demande environ trois heures de marche et constitue une mise en jambes idéale pour la journée.

La découverte de Pangboche et de son monastère ancestral

L’arrivée à Pangboche marque une pause bienvenue, souvent consacrée au déjeuner dans l’un des lodges accueillants du village. Ce lieu chargé d’histoire abrite le monastère le plus ancien de la région du Khumbu, fondé au XVIe siècle, dont la visite offre un aperçu fascinant de la spiritualité bouddhiste himalayenne. Les marcheurs peuvent y admirer des statues anciennes et des manuscrits précieux, tout en profitant d’une vue imprenable sur l’imposant Ama Dablam qui domine l’horizon. Le village lui-même, avec ses champs en terrasses entourés de murets de pierre, témoigne de l’adaptation des communautés sherpas à ce milieu d’altitude exigeant.

La progression vers Dingboche

Après Pangboche, le sentier continue son ascension vers le nord-ouest, quittant progressivement les forêts pour un terrain plus aride et minéral. La végétation se raréfie, remplacée par des prairies alpines où paissent parfois des yaks. On traverse le hameau de Shomare à 4 040 mètres, puis on franchit un dernier pont avant l’ascension finale. Le chemin longe désormais la moraine latérale, offrant des vues spectaculaires sur les sommets environnants. Après environ une heure et demie de marche supplémentaire depuis Pangboche, le village de Dingboche apparaît enfin, niché au pied du géant Ama Dablam dans un amphithéâtre naturel grandiose.

L’arrivée à Dingboche

Dingboche, perché à 4 410 mètres d’altitude, accueille les trekkeurs dans un cadre à la fois rustique et chaleureux. Le village étire ses lodges traditionnels le long de la vallée, entourés de champs de pommes de terre et de sarrasin protégés par des murets de pierre contre les vents glaciaux. Des drapeaux de prières multicolores flottent au vent, créant une atmosphère imprégnée de spiritualité. L’arrivée dans cette étape cruciale marque un moment important du trek : il est vivement recommandé d’y passer deux nuits pour permettre une acclimatation progressive avant de s’élever vers des altitudes plus extrêmes. Les après-midi et la journée de repos qui suit sont idéales pour explorer les environs, notamment par une randonnée d’acclimatation vers la colline de Nagarjun ou le village de Chhukung.

Comment faire le trek de l’Everest Base Camp ?

Accès et point de départ du trek

Le trek de l’Everest Base Camp débute par un vol intérieur depuis Katmandou jusqu’à l’aéroport de Lukla, considéré comme l’un des plus spectaculaires au monde en raison de sa piste courte en forte pente. Ce vol de trente-cinq minutes coûte entre 180 et 220 dollars l’aller simple, mais attention, pendant la haute saison, les départs se font souvent depuis Ramechhap, accessible par un trajet routier de cinq à six heures commençant aux alentours de minuit. Une fois à Lukla, le cheminement s’effectue à pied à travers la vallée du Khumbu, avec des journées de marche de quatre à six heures en moyenne, ponctuées de jours de repos indispensables pour l’acclimatation.

Budget global et coûts détaillés

Le coût total du trek varie considérablement selon que vous voyagez de manière indépendante ou par l’intermédiaire d’une agence. Pour un trek en autonomie, prévoyez entre 1.200 et 1.600 dollars, tandis qu’une formule accompagnée par une agence s’élève généralement entre 1.500 et 2.500 dollars par personne. Ce budget inclut les permis, l’hébergement en tea house, la nourriture et les transports locaux, mais exclut les vols internationaux et l’équipement personnel. En journée, comptez environ 40 à 45 dollars pour les repas et les boissons, avec des prix qui augmentent progressivement avec l’altitude.

Permis obligatoires et formalités administratives

Pour effectuer ce trek, vous devez obligatoirement être muni de trois documents officiels. Le TIMs card (Trekkers’ Information Management System) coûte environ 20 dollars, le permis d’entrée du parc national de Sagarmatha est fixé à 30 dollars, et la taxe locale du Khumbu s’élève à 15 dollars, soit un total d’environ 65 dollars par personne. Ces permis s’obtiennent principalement à Katmandou auprès du Nepal Tourism Board ou via une agence agréée, à l’exception de la taxe locale qui peut être réglée directement sur le chemin à Monjo. Un visa touristique de trente jours est également requis à l’arrivée pour environ 40 dollars.

Hébergement et organisation quotidienne

Tout au long du parcours, les tea houses, ces petits lodges familiaux, constituent l’hébergement typique. Le prix d’une nuit varie de 5 à 10 dollars dans les villages de basse altitude comme Phakding et Namche Bazaar, et atteint 10 à 15 dollars dans les étapes plus élevées comme Dingboche, Lobuche ou Gorak Shep. Il est important de prévoir un budget supplémentaire pour les services comme les douches chaudes (3 à 8 dollars), la recharge des appareils électroniques (2 à 5 dollars par heure) et l’accès à internet (environ 5 dollars par jour). Pour l’équipement, la location sur place à Katmandou est possible, avec des tarifs d’environ 2 dollars par jour pour un sac de couchage ou une doudoune.

Everest base camp, la longue ascension vers Dingboche

Mercredi 15 novembre. Aujourd’hui, cap sur Dingboche où nous attend un dernier jour d’acclimatation. En attendant, je respire enfin. Et c’est bien le cas de le dire. Pour la première fois depuis le début du trek, j’ai dormi comme un bébé… et ronflé aussi, selon Pierre ! N’empêche, j’étais équipé comme jamais pour passer une bonne nuit. Je ne suis pas beau comme ça, dans ma tenue de “pilou-pilou” pour passer une nuit au chaud !

La montée vers Dingboche va encore se faire par un joli chemin de crête, avec en contrebas la vue sur la rivière Imja Khola. De magnifiques stupas d’une blancheur immaculée ponctuent le chemin de randonnée. Avec de jolis regards bleus en prime.

Ici et là, nous croisons des troupeaux de yaks qui font régulièrement la navette entre Namche Bazar et Dingboche, un des principaux villages de la vallée de l’Everest.

Face à nous, on discerne les géants de glace, à droite la silhouette si reconnaissable d’Ama Dablam, et tout près d’elle, le Lhotse, au fond, face à nous, l’Everest, et à gauche, le Nuptse.

Durant cette ascension, nous allons croiser encore pas mal de caravanes de yaks et de chevaux transportant toutes sortes de marchandises, et en contrebas, de minuscules petits villages et quelques fermes où l’on cultive des champs de pomme de terre et d’orge.

En bas, pour suivre le cours de la rivière, il suffit de laisser son regard épouser les contours sinueux de la montagne.

Ici et là, se dressent encore quelques monticules rendant hommage aux dieux de la montagne autour desquels sont déposées quelques offrandes.

Enfin, nous nous approchons du pont d’acier qui enjambe la rivière qui ressemble ici à un véritable torrent.

En contrebas, on peut apercevoir les fermes et les enclos réservés au bétail.

L’ascension vers Dingboche (4.410 m) se poursuit. Ça monte sec. Aujourd’hui, on grimpe d’environ 600 mètres. Du coup, respirer devient de plus en plus difficile. En plus, quelque chose me dit que j’ai fait une connerie en me lavant en plein air, hier après-midi.

En attendant, je grimpe. À mon rythme, mais je grimpe. Sur l’autre versant de la montagne, de gigantesques saignées blanches marquent les moraines laissées par les glaciers de l’hiver. La roche est mise à nu, concassée et broyée par la glace.

En contrebas, la rivière se rétrécit. Le débit du torrent est moins important et le lit de la rivière se confond avec les moraines des glaciers. Paysages étourdissants de beauté.

En bas, enfin, on aperçoit le pont en acier qui enjambe la rivière. Ce n’est pas tant la descente qui m’inquiète, mais tout ce chemin que nous allons devoir remonter après le passage du pont. Je commence à avoir l’habitude maintenant !

En attendant, on profite du passage du pont pour admirer la pureté du torrent. Sa puissance est dévastatrice et arrache à la montagne des pans entiers de roche.

Enfin, nous remontons. Franchement, c’est dur. Mais le paysage est à la hauteur de la souffrance. Grandiose. De près, le spectacle des moraines qui forment comme des veines blanches dans les flancs de la montagne est absolument magnifique.

En chemin, on multiplie les haltes pour récupérer des efforts pour monter. Heureusement, en haut de la côte, le chemin finit par s’aplanir. Quelque chose me dit qu’on a fait le plus dur. Désormais, nous allons marcher sur le petit plateau qui domine le lit de la rivière.

Les faubourgs de Dingboche apparaissent enfin. Un magnifique stupa surmonté d’un toit doré nous accueille à l’entrée du village. C’est le soulagement.

Et voici donc Dingboche (4.410 m) où nous allons passer deux jours, dont une journée d’acclimatation qui ne sera pas de trop avant d’attaquer la montée dantesque vers le village de Lobuche. Nous allons pouvoir nous reposer de cette journée éprouvante. Ce soir, thé au citron au menu et jeu de rami au programme. Dommage que nous n’ayons pas pensé au jeu de cartes. Indispensable pour tout trekkeur qui se respecte !

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