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Ingapirca, au cœur de la civilisation Inca

Pourquoi visiter le site d’Ingapirca ?

Un témoignage unique de la fusion des cultures andines

Ingapirca est le plus important site archéologique inca en Équateur, mais il est bien plus qu’une simple forteresse inca. Il représente la rencontre et la synthèse entre la culture Cañari, qui occupait initialement les lieux, et l’Empire inca qui l’a conquise et remodelée. Ce lieu illustre de manière tangible la stratégie inca d’assimilation des peuples conquis, où le Temple du Soleil, construit avec la typique maçonnerie de pierre taillée inca, côtoie des structures au style cañari distinct.

Un chef-d’œuvre d’architecture et d’ingénierie astronomique

Le complexe est remarquable pour sa précision architecturale et son alignement astronomique. L'”Ellipse” ou Temple du Soleil, est bâti avec des pierres parfaitement assemblées sans mortier et orienté de façon à capter les rayons du solstice. Les ingénieux canaux d’irrigation, les réservoirs (colcas) et les routes adjacentes témoignent d’une planification sophistiquée. Cette ingénierie révèle une connaissance approfondie de l’environnement et des cycles célestes.

Un symbole de pouvoir et de syncrétisme religieux

Ingapirca (qui signifie “Mur de l’Inca” en kichwa) était à la fois un centre administratif, militaire et cérémoniel. Il matérialisait la domination inca sur la région. Les archéologues y observent un syncrétisme religieux, où les divinités et les rituels cañaris, liés à la Lune et à la fertilité, ont été partiellement intégrés au culte solaire inca. Ce lieu permet de comprendre la complexité politique et spirituelle de l’expansion de l’Empire.

Un paysage andin grandiose

Perché à plus de 3 100 mètres d’altitude, le site offre un cadre naturel spectaculaire, entre collines verdoyantes et ciel immense. La visite, qui inclut aussi un musée de site présentant des artefacts, permet une immersion physique dans l’histoire. Marcher sur le Qhapaq Ñan (le chemin de l’Inca) qui y passe, c’est emprunter la même route que les messagers et les troupes de l’Empire, faisant du voyage une expérience à la fois historique et sensible.

Comment visiter le site d’Ingapirca ?

Localisation et accès 

Ingapirca est situé dans la province de Cañar, à environ 80 km au nord de la ville de Cuenca. Le site est accessible en voiture par la route panaméricaine, un trajet d’environ 1h30 depuis Cuenca. Des bus publics réguliers partent de la gare routière de Cuenca à destination du village d’Ingapirca, avec un arrêt à proximité des ruines. De nombreuses agences à Cuenca proposent également des excursions d’une journée, incluant transport et guide, ce qui constitue l’option la plus pratique pour la majorité des visiteurs.

Horaires d’ouverture et tarifs

Le site archéologique est généralement ouvert aux visiteurs du mardi au dimanche, de 9h00 à 17h00, avec une dernière entrée vers 16h00. Il est fermé les lundis. L’entrée pour les visiteurs internationaux coûte environ 5 à 7 dollars US. Ce tarif inclut souvent l’accès au musée de site adjacent, qui présente une collection d’artefacts Cañaris et Incas. Il est recommandé de vérifier les horaires et tarifs exacts avant votre visite, car ils peuvent être sujets à modification.

Déroulement de la visite et points d’intérêt

La visite d’Ingapirca se fait idéalement avec un guide pour comprendre l’histoire et la signification des structures. Les points d’intérêt majeurs incluent le Temple du Soleil (l’Ellipse), les vestiges de résidences, les bains rituels et une partie visible du Qhapaq Ñan (le chemin de l’Inca). Le musée sur place fournit un contexte essentiel. Prévoyez au moins 2 à 3 heures pour explorer l’ensemble du complexe archéologique et du musée de manière approfondie.

Conseils pratiques :

Le site est situé à une altitude d’environ 3 100 mètres ; prévoyez une acclimatation préalable et marchez à un rythme tranquille. Les conditions météorologiques peuvent changer rapidement ; emportez des vêtements chauds, un coupe-vent, de l’eau, de la crème solaire et des chaussures de marche robustes. Sur place, les services sont limités à de petites échoppes ; il est sage d’apporter de l’eau et une collation. Pour une expérience complète, combinez votre visite avec la découverte de l’église coloniale et du village pittoresque d’Ingapirca tout proche.

Ingapirca, au cœur de la civilisation Inca

Mercredi 27 juin. Nous voici enfin arrivés au site inca d’Ingapirca, découvert par le savant français, Charles de la Condamine, lors de sa mission géodésique en Équateur (1736-1743).

Avant de découvrir le site, passage obligatoire par le musée pour essayer de comprendre l’histoire du site et des Incas.

Ce museo qui n’est autre qu’un centre d’interprétation permet notamment de découvrir quelques photos du site lors de sa restauration, démarrée en 1966, avant son classement au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco.

On y trouve également un plan en français réalisé par La Condamine, et surtout de multiples objets découverts sur le site, au moment des fouilles archéologiques, parmi lesquels un ensemble de statuettes et de céramiques.

On y trouve également des lambeaux de textiles précolombiens, des objets cañaris en cuivre et des outils incas en pierre.

Après cette petite visite commentée du musée, direction l’entrée du site qui a longtemps intrigué les archéologues qui se sont demandé s’il s’agissait d’une forteresse, d’un observatoire ou d’un sanctuaire religieux. Malgré son aspect fortifié, on penche plutôt aujourd’hui pour un centre cérémoniel.

Autre querelle de taille : s’agissait-il d’un site cañari ou inca ? Là encore, il faut couper la poire en deux. Le site aurait bien été fondé par les Cañaris… Avant d’être occupés et remanié par les envahisseurs incas vers 1500.
Au moment de la conquête espagnole, le site fut tous simplement abandonné… Aujourd’hui, Ingapirca est le site le plus visité d’Équateur après l’archipel des Galapagos.

La première partie du site, et la plus importante, est l’ancienne occupation cañari d’Ingapirca. On passe donc tout d’abord par les anciens greniers (les colicas) pour atteindre Pilaloma. Ce secteur fut réoccupé par les Incas qui lui donnèrent un caractère militaire.

En chemin, on passe obligatoirement par un petit monolithe vertical entouré d’un cercle de galets ronds qui désigne l’emplacement d’une tombe collective.

On aurait pu penser à une sorte de cadran solaire, mais il n’en est rien. Sous le monolithe, les fouilles archéologiques ont mis au jour les ossements de 11 femmes, dont une prêtresse, toutes dans la position fœtale, censée faciliter la réincarnation.

La nature purement féminine de cette tombe confirme la puissance du matriarcat au sein de la civilisation cañari.

Dans le prolongement, on accède au temple de l’adoration de la lune dont il ne reste, hélas, que la plateforme qui servait de fondation.

Ce site cañari était orienté en fonction des équinoxes de mars et de septembre. Depuis son sommet, on a une vue magnifique sur le canal-aqueduc et les constructions incas.

On pénètre ensuite dans les maigres vestiges des bains rituels, et ceux des réserves d’eau des Cañaris.

De là, on arrive au secteur de La Condamine. On peut alors distinguer les bases de six édifices rectangulaires.

Une fois encore, les fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour 30 autres dépouilles féminines.

De là, on longe ensuite l’ancien chemin de l’Inca conservé dans de parfaites conditions.

De loin, on aperçoit le temple du Soleil.

Mais avant cela, il faut s’attarder devant cette étrange pierre percée de trou qui avait une valeur cérémonielle pour les Incas et qui représentait sans doute l’agencement d’étoiles dans une partie du ciel.

Nous voici au cœur du secteur de La Condamine. Au pied du temple du Soleil.

À l’image du Machu Picchu, les conservateurs du site ont eu la drôle d’idée de planter trois lamas dans la pelouse qui précède l’esplanade du temple. Leur éleveur semble plus intéressé par le bénéfice qu’il peut en tirer que par l’intérêt historique ou écologique de la présence de ses bêtes.

On longe le mur d’enceinte pour s’approcher au plus près du Temple du Soleil. Les pierres qui constituent le mur sont reconnaissables entre toutes. Seuls les Incas ont acquis cette technique pour agence des pierres capables de résister à n’importe quel séisme.

À gauche du temple du soleil, précédant l’entrée, voici l’Acllahuasi, la « Maison des Vierges du Soleil », traditionnellement construite contre le temple.

Formant un ovale quasi parfait de 38 mètres de long pour 14 m de large, le temple du Soleil se dresse sur un léger surplomb rocheux.

Ce templo del sol aurait été construit ici en 1500 par l’Inca Huayna Capac, fils de Tupac Yupanqui.

La forme ovale du Temple du Soleil rappellerait l’orbite de la Terre autour du soleil, tandis que son orientation (est-ouest) lui permettait d’être aligné dans l’axe de la course du soleil.

Reconnaissables entre toutes, les portes incas de forme trapézoïdales étaient elles aussi capables de supporter d’importantes charges.

Avec cet appareillage de pierres en diorite parfaitement ajustées les unes les autres, le Temple du Soleil est construit selon la méthode traditionnelle inca qui ne requiert absolument aucun mortier.

Les ruines d’Ingapirca forment un témoignage unique de la culture inca en Équateur, laquelle ne s’imposa qu’une soixantaine d’années. Ingapirca signifie « les murs de l’Inca ».

Pour bien comprendre ce lieu, il faut insister sur le fait que ce site était autrefois, avant la conquête inca, le centre politico-religieux le plus important du royaume Cañari. Ces ruines appartenaient donc à un imposant centre urbain et administratif, construit sur l’ordre de Huayna Capac, entre 1487 et 1490.

Ce temple du soleil, de forme elliptique, est sans équivalent dans le reste du monde inca. Il porte le nom d’Adoratoire ou de château d’Ingapirca.

De cette position dominante, on distingue nettement des monticules qui laissent penser que le site était beaucoup plus étendu. À côté du château se succèdent les vestiges des appartements des prêtres, des prêtresses et de l’empereur.

À l’intérieur du temple se dressent les ruines du temple lui-même. De nombreuses niches (sans doute pour supporter les statues des dieux) sont aménagées dans les murs.

Par son côté massif, le soin apporté à sa construction, on imagine que ce temple devait être le monument le plus important de la cité inca.

Avec un peu d’imagination on peut se faire une idée de ce que pouvait être ce « castillo », à la fois lieu de culte, observatoire et palais pour l’Inca.

De retour au pied du castillo et de sa forme ovale, on va faire toute une série de photos au plus près de la muraille pour tenter de comprendre l’agencement des pierres. Celui-ci est si parfait qu’il est impossible de passer seulement une lame de couteau entre deux pierres. Une véritable prouesse technique.

À l’issue de notre visite, notre guide nous propose de suivre le sentier qui mène au rocher de l’Inganawi, de l’autre côté du ravin, qui fait penser au profil de l’Inca.

Pour nous y rendre, il faut emprunter le sentier partant à gauche de la sortie.

Puis il faut marcher une bonne dizaine de minutes en traversant quelques boutiques de souvenirs plantées sur le bord du chemin, tenues par des Indiens cañaris.

Depuis le chemin, la vue sur le temple du Soleil dominant le site d’Ingapirca est à couper le souffle. Au premier plan, des vaches paissent tranquillement sans être dérangées par les touristes. Et pour cause, peu d’entre eux poursuivent la visite jusqu’au rocher de l’Inca.

Je trouve même un premier plan avec l’arête du toit en tuiles d’une maison cañari. Vue extraordinaire sur la butte d’Ingapirca.

Depuis le chemin, on comprend mieux pourquoi les Cañaris, puis les Incas, avaient choisi cet emplacement pour dresser leur sanctuaire. Au sommet de la butte d’Ingapirca, on domine ainsi une grande partie de la région.

Franchement, je ne regrette pas d’avoir poursuivi ma visite par le rocher d’Inganawi. C’est sans doute une des plus belles vues de mon voyage en Équateur. Bucolique à souhait.

Depuis le sentier, la vue panoramique sur la région et le fond de la vallée du Tomebamba est absolument fantastique.

Quant au rocher de l’Inca, nul ne sait s’il est le fruit d’une fantaisie naturelle de la roche, de l’érosion naturelle ou d’une retouche volontaire.

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