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Journée inattendue à Jeddah, à l’assaut de la vieille ville

Journée inattendue à Jeddah, à l'assaut de la vieille ville

Mardi 21 octobre. Cette journée de mardi restera sans doute dans mes annales personnelles comme la plus folle de tous mes voyages à travers le monde. Et pour cause, alors que je pensais tranquillement passer la journée à Al Ula, au nord du pays, afin d’aller y découvrir les vestiges de la civilisation nabatéenne, qui, en plus de Pétra en Jordanie, s’est installée à Hegra, quelque 200 kilomètres plus au sud, je me vais me retrouver 500 kilomètres plus à l’ouest, à Jeddah, sur les rives de la mer Rouge !

Mais par quelle puissante diablerie j’ai pu me retrouver dans une telle posture ? Pour y répondre, il me faut pour vous rembobiner le fil de cette matinée pas comme les autres qui m’aura vu goûter aux délices des rives de la mer Rouge plutôt qu’à la poussière du désert arabique.

Tout commence donc de très bon matin, six heures à peine quand il nous faut nous lever pour nous rendre dare-dare à l’aéroport de Riyad afin d’y prendre le vol de la compagnie Saoudia Arabia qui doit nous emmener directement à Al Ula, la ville moderne qui croît à l’ombre de l’ancienne cité antique nabatéenne.

Jusqu’ici tout va bien, la nuit a été courte, mais un taxi nous attend qui nous emmène directement à l’aéroport. Nous avons même de l’avance, il est presque sept heures trente quand nous déboulons dans le hall principal du terminal domestique pour enregistrer nos bagages.

L’idée est de laisser nos bagages dans la soute, de passer rapidement les contrôles de sécurité et d’attendre tranquillement l’appel de notre vol dans café de la zone d’embarquement.

Jusqu’ici tout va bien, nous montons comme prévu dans la zone de départ, petit coup d’œil sur le tableau des départs et on passe directement au café le temps de patienter l’appel à l’embarquement. Et c’est dès ce moment que les choses se gâtent.

Fatigué par ma nuit, je vais confondre les deux vols matinaux prévus à quelques minutes d’intervalle entre le vol affrété par Saoudia Arabia et une compagnie low cost qui affiche un vol retardé de 40 minutes. Le péché originel en quelque sorte.
Fatigue oblige, inattention sans doute, je ne vais pas m’attacher aux numéros de vol et croire que nous bénéficions de quarante minutes supplémentaires avant de procéder à l’embarquement.

Petit café noir, croissants, jus de fruit, on prend tout notre temps et, sans le savoir, sans jamais avoir entendu l’appel à embarquer et nos noms résonner dans le hall du terminal, nous sommes en train de voir passer notre avion s’envoler au-dessus de notre tête.

Une heure plus tard, la méprise est totale : en regardant de plus près le numéro de vol imprimé sur mon billet et celui affiché sur le vol retardé, je comprends enfin mon erreur. Je cours aussitôt vers la porte d’embarquement initiale, mais il y a belle lurette que la porte est fermée, tout comme celle de l’Airbus qui devait nous emmener à Al Ula.
Panique à bord ! Quand je comprends la méprise, il me faut dégringoler dare-dare les escaliers en sens inverse et retourner dans le hall d’enregistrement de l’aéroport. Tout est à recommencer !

Dans notre malheur, nous avons la chance de retrouver nos bagages, qui, faute de propriétaires, ont été débarqués à la dernière minute de l’avion, c’est déjà ça !
Direction la compagnie Saoudia Arabia qui me fait gentiment comprendre que le seul vol de la journée vient de nous passer sous le nez et qu’il nous faudra attendre demain matin pour embarquer de nouveau en direction d’Al Ula.

Or, notre réservation pour l’excursion d’Hegra est également prévue demain matin de très bonne heure depuis Al Ula. C’est la panique à bord. J’ai beau tourné et retourné le problème dans tous les sens, tout le programme de visites que j’ai prévu est en passe de s’effondrer.
Renseignements pris auprès des deux compagnies low cost qui tiennent comptoir à deux pas de là, je comprends que la situation est véritablement sans solution. Tous les vols pour Al Ula sont partis. Il faudra repasser demain matin… Arghhhhhhh.

Retour au comptoir de la compagnie nationale Saoudia Arabia. Nous expliquons notre cas à l’employé, qui, très compréhensif, va nous trouver en moins de deux un plan B tout à fait génial.
Et pour cause, il y a encore une chance que nous ne manquions pas l’excursion de demain matin à Al Ula, à la condition de nous envoyer dans l’heure suivante… à Jeddah !

Attendez, je vous explique ! Un vol pour Jeddah part à 11 heures et peut nous permettre de visiter la ville dans l’après-midi et la soirée avant de prendre un nouveau vol pour Al Ula, depuis Jeddah cette fois, à deux heures du matin, ce qui nous fera nous coucher à 4 heures du matin, nous lever à six, prendre un taxi pour Hegra et visiter la cité nabatéenne !
Programme de fou certes, mais seule solution vraiment cohérente pour sauver notre voyage du naufrage complet ! Ok, mon Loulou, va pour Jeddah !

Plus de 300 euros plus tard (nouveaux billets aller-retour), et une petite heure de battement pour nous réenregistrer sur le nouveau vol, me voici en possession de billets pour Jeddah. Tiens, c’est bizarre, mais ce n’était pas prévu !

Petit coup d’œil en vitesse sur Internet : la vieille ville située à une soixantaine de kilomètres de La Mecque est classée à l’Unesco. Ah oui, quand même ! Un sourire éclaire de nouveau mon visage.
Finalement, ce n’est peut-être pas une si mauvaise chose d’avoir manqué notre avion ! Allez zou, cette fois-ci, pas question de manquer notre vol de la dernière chance. Direction Jeddah !

Deux heures plus tard, nous voici donc arrivés à Jeddah. Il fait une chaleur accablante et notre Uber nous lâche à l’entrée de la vieille ville. Pas une âme qui vive.
Tout juste quelques Bengladais qui filent en rasant les murs de l’ancienne cité moyenâgeuse, deux ou trois commerçants qui sortent la tête de leurs magasins ultra-climatisés pour loucher en notre direction et les arbres grimpants qui tournicotent en l’air pour donner un peu de fraîcheur à la surchauffe de l’automne sur les rives de la mer Rouge.

L’expérience est rude. La chaleur pèse sur chacun de nos pas et notre quête d’ombre et de fraîcheur est continue, raison pour laquelle nous allons nous arrêter dans bon nombre de boutiques pour profiter de la fraîcheur climatisée.

Entre deux boutiques, nous nous perdons à travers les rues de la vieille ville dont les balcons en bois accrochés aux façades donnent un cachet inouï. Mais partout autour de nous, le même sentiment d’abandon.
D’immenses panneaux en guide de leurre signalent des travaux en cours et d’autres qui devraient l’être, mais la vérité est que nous avons bien l’impression que la restauration du quartier a été sacrifiée sur l’autel de la modernité qui attire tous les investissements du royaume.

Quelque chose me dit qu’il faudra encore beaucoup de temps pour que la vieille ville de Jeddah retrouve tout son lustre d’antan. Pour être honnête, nous sommes les seuls touristes à traverser les rues de cette merveille de quartier ancien classé à l’Unesco et à lever la tête vers tant de splendeurs.
Cette fourmilière marchande placée sur les rives de la mer Rouge conserve encore les stigmates de ce qu’elle fut autrefois : le plus grand port d’Arabie et véritable porte de La Mecque.
Maisons isolées orientées vers l’extérieur, constructions en pierre de corail, façades décorées de bois sculpté, dispositifs ingénieux pour assurer la ventilation des bâtiments, Jeddah l’ancienne est une pure merveille.

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