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Riyad, au milieu des tours illuminées du quartier KAFD

Riyad, au milieu des tours illuminées du quartier KAFD

Vendredi 24 octobre. Pour terminer cette merveilleuse journée, quoi de mieux que d’aller se promener au hasard des tours illuminées du quartier KAFD, le quartier international de Ryad. C’est ici que vous croiserez sans doute le plus d’étrangers, touristes bien sûr, mais aussi de nombreux expatriés et des hommes et des femmes d’affaires.

Ici, plus qu’ailleurs, on parle anglais, et le plus souvent américain tellement ces ressortissants sont nombreux. On y déguste de la nourriture occidentale plus que partout ailleurs dans la capitale. Et bien évidemment, le quartier est ultra-sécurisé.

Des hommes de la sécurité intérieure et des agents privés sillonnent le quartier, à l’affût de la moindre anicroche. C’est bien simple, je serai arrêté par trois fois à cause de mon appareil-photo. Ici, les caméras ne sont pas vraiment les bienvenues, les portables tolérés, mais les appareils professionnels ne sont pas du goût des agents de sécurité.

Il me faudra prouver à un agent que mon objectif n’est pas un zoom, mais une simple focale fixe avant de continuer mon chemin ! Passé ce petit détail pas vraiment sympathique, vous serez surtout subjugué par l’architecture des lieux, ces tours de verre et d’acier conçues par les plus grands architectes du monde qui forment comme une incroyable forêt moderne au beau milieu de la cité. Absolument étourdissant.

Le quartier d’affaires King Abdullah Financial District (KAFD) représente un projet urbain de 1,6 million de mètres carrés, conçu pour devenir le centre financier de la région. Ses tours se distinguent par une architecture audacieuse et des technologies de pointe, reflétant la vision économique saoudienne.

Ces constructions illustrent la transition de l’Arabie saoudite vers une économie post-pétrolière, combinant symbolisme culturel et technologies vertes. Le quartier aspire à la certification LEED Platine, avec un objectif de réduction de 45 % de la consommation énergétique par rapport aux standards conventionnels.

La tour PIF (360 mètres), siège du Fonds d’investissement public, domine le paysage avec sa structure diagride en acier et sa façade en verre à faible émissivité. Sa conception inclut des jardins suspendus et un système de récupération des eaux de pluie.

La tour KAFD World Bank (300 mètres) présente une forme torsadée inspirée des troncs de palmiers, optimisant l’ombrage naturel dans le climat désertique. La tour CMA (Autorité du marché capital) se distingue par son enveloppe extérieure composée de membranes en PTFE, réduisant de 30 % l’ensoleillement direct.

La tour Al-Murooj Joint Venture utilise un système de refroidissement radiatif et des brise-soleil orientables commandés par intelligence artificielle. L’architecture intègre des innovations durables : façades à double peau pour la ventilation naturelle, panneaux photovoltaïques intégrés aux balcons, et systèmes de recyclage des eaux grises.

Les tours sont reliées par une plateforme piétonne surélevée avec climatisation externe, permettant une circulation à l’abri de la chaleur. Le centre des congrès KAFD, reconnaissable à sa toiture en forme de feuille, utilise des colonnes inclinées et des membranes textiles pour créer un espace sans piliers.

Les matériaux privilégient le béton bas-carbone produit localement et l’acier recyclé.

KAFD cristallise la Vision 2030 : un modernisme qui ne nie pas l’identité saoudienne mais la réinterprète through la technologie, transformant les contraintes désertiques en leviers d’innovation et la rente pétrolière en capital financier.
Conçu comme un laboratoire urbain, il dépasse la simple concentration de gratte-ciels pour matérialiser la transition vers une économie post-pétrolière.

Ses tours repoussent les limites techniques avec des structures comme la PIF Tower (360 m) dont la façade en diagrid d’acier optimise la stabilité tout en réduisant les matériaux. La CMA Tower utilise des membranes en PTFE pour créer un microclimat, tandis que la KAFD World Bank Tower adopte une torsion biomorphique évoquant les troncs de palmiers.

Ces bâtiments transforment l’esthétique désertique traditionnelle en langage architectural contemporain. Le district fonctionne comme un système écologique intégré : recyclage de 100 % des eaux usées pour l’irrigation des jardins verticaux, production d’énergie solaire via des panneaux intégrés aux façades, et rue principale climatisée utilisant l’air nocturne desertique pour rafraîchir les espaces diurnes.

En concentrant sièges bancaires, fonds souverains et institutions financières, KAFD opère une transition symbolique : la puissance économique n’est plus extraite du sous-sol mais créée dans ces tours où s’échangent capitaux et données. Contrairement aux quartiers d’affaires historiques, KAFD mélange fonctions avec espaces résidentiels, galeries d’art et restaurants gastronomiques.

Sa plateforme piétonne suspendue crée une urbanité inédite dans un environnement climatique extrême, défiant les contraintes géographiques par la technologie. Mais à voir tout cet univers si moderne, on se pose sans cesse la question : mais d’où vient l’eau dans cet univers si désertique ?

75% de l’approvisionnement vient des usines de dessalement de Jubail et Ras Al-Khair, les plus grandes au monde, utilisant la technologie d’osmose inverse. L’eau est transportée via un réseau de canalisations spécifiques de 400 km, dont la « Riyadh Water Transmission Pipeline ».

Le district traite 100 % de ses eaux usées sur place avec une usine de traitement tertiaire. Les eaux recyclées alimentent les systèmes de refroidissement, l’irrigation des 720.000 plantes locales dans les jardins verticaux, et les miroirs d’eau décoratifs.

L’aquifère profond de Wasia, fossile et non-renouvelable, fournit un appoint durant les pics de demande estivale. Son utilisation est strictement régulée par le Ministère de l’Environnement. Les surfaces des tours captent l’humidité atmosphérique nocturne (rosée) tandis que les systèmes de climatisation récupèrent l’eau extraite de l’air.

Ce système illustre la stratégie hydrique saoudienne : bien que le dessalement domine (produisant 60 % de l’eau douce du pays), KAFD pousse l’efficacité plus loin avec son cycle fermé, réduisant de 40 % sa dépendance aux réseaux externes comparé aux quartiers conventionnels de Riyad.

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