Riyad, les trésors bien gardés du National Museum
Vendredi 24 octobre. Avant de commencer cette longue journée de visite, nous allons d’abord nous restaurer au Civilization Café, le meilleur endroit dans tout Riyadh pour apprécier la cuisine locale. Ce n’est pas moi qui le dis, mais notre chauffeur Mohammed, à qui nous avons demandé de nous emmener dans le meilleur endroit de la ville pour déguster la gastronomie locale.
Alors autant vous le dire tout de suite, c’est vraiment délicieux. Le principe est simple, vous vous présentez à la caisse, vous passez commande (il y aura toujours quelqu’un pour parler anglais et vous expliquer ce qu’il faut prendre) et vous vous assez confortablement à l’une des tables mises à votre disposition en attendant que votre assiette arrive.
Pour notre part, nous avons pris un vaste plat permettant de déguster en petite quantité un maximum de plats, le tout accompagné d’un dessert, d’un thé et d’un café fait maison. Prix du repas : une vingtaine d’euros. Il serait vraiment dommage de passer à côté.
Après ce merveilleux moment de gastronomie locale, direction le national muséum, un incontournable de toute visite en Arabie Saoudite, car le meilleur moyen de comprendre comment ce pays si vaste a pu se construire au fil du temps.
Le Musée national de Ryad, inauguré en 1999 à l’occasion du centenaire de la fondation du royaume, occupe 28 000 mètres carrés au sein du complexe du Centre historique du roi Abdulaziz.
Conçu par l’architecte canadien Raymond Moriyama, son bâtiment épouse des formes évoquant les dunes du désert et la courbe d’une palmeraie.
Le parcours muséal se déploie sur huit galeries chrono-thématiques. La première salle présente l’univers géologique de la péninsule arabique, avec des météorites du désert de Rub al-Khali et une reconstitution de la faune préhistorique.
Les salles suivantes couvrent les civilisations pré-islamiques, incluant des statues dadanites et des inscriptions thamoudéennes.
Le cœur de l’exposition consacre trois salles à la naissance de l’islam et aux dynasties omeyyade et abbassienne, présentant des manuscrits rares et une maquette de la mosquée al-Haram. La période moderne est traitée à travers des reconstitutions de palais et des documents audiovisuels sur l’unification du royaume.
Parmi les pièces maîtresses figurent une reconstitution de la façade d’al-Khirbat avec ses inscriptions nabatéennes, le Coran du roi Fahd écrit sur peau de gazelle, et la voiture Rolls-Royce du roi Abdulaziz. Des installations interactives permettent de visualiser les routes commerciales antiques ou l’expansion des premiers États saoudiens.
Le Musée national de Riyad conserve une stèle tombale nabatéenne du Ier siècle provenant d’Hegra, ornée d’un portrait sculpté et d’une inscription détaillant les lois funéraires. La collection inclut également un manuscrit enluminé du Livre des Animaux d’Al-Jahiz, datant du XIIIe siècle et illustrant des espèces de la péninsule arabique.
Une épée cérémonielle du dirigeant saoudien Imam Faisal bin Turki, forgée au XIXe siècle et incrustée d’or et de pierres précieuses, représente l’artisanat traditionnel. Les visiteurs peuvent observer un fragment de la Kiswa, le tissu brodé d’or qui recouvrait la Kaaba à La Mecque, remplacé annuellement et datant de l’ère ottomane.
La section préislamique expose un autel de pierre dédié au dieu lihyanite Dhû-Ghabat, découvert à AlUla et portant des inscriptions dédicatoires. Une carte maritime du golfe Arabique dressée par le cartographe portugais Duarte Pacheco Pereira au XVIe siècle illustre les premières navigations européennes dans la région.
Le musée présente aussi une collection de monnaies rares, dont un dinar omeyyade frappé à Damas en 697 de notre ère, et des textiles bédouins teints avec des pigments naturels, comportant des motifs tribaux distinctifs. Enfin, le marteau cérémoniel utilisé lors de la pose de la première pierre du chemin de fer du Hijaz en 1900 symbolise les projets d’infrastructure du début du XXe siècle.
Le musée emploie des technologies de médiation innovantes : tables tactiles multilingues, hologrammes de figures historiques et recréations sonores de marchés traditionnels. Son jardin extérieur expose des stèles rupestres et des pétroglyphes originaux provenant de différentes régions du pays.
Institution clé de la politique culturelle saoudienne, le musée reçoit environ 150 000 visiteurs annuels et collabore avec des institutions internationales comme le Louvre et le British Muséum pour ses expositions temporaires. Son architecture et sa muséographie en font un modèle fréquemment étudié dans les projets de nouveaux musées du Golfe.