Vallée de Katmandou, Changu Narayan et ses temples
Jeudi 23 novembre. Bon, comme aux premiers jours de notre arrivée au Népal, nous reprenons le chemin des bus locaux. Du coup, ce matin, nous nous levons de bonne heure pour aller prendre un bus pour Changu Narayan, un petit village perché haut dans la montagne qui a la perticularité de vouer un culte de Vishnou. Pour nous y rendre, nous reprenons d’abord le bus pour Bakhtapur… Si, si… Le même que nous avions pris il y a 15 jours. Mais cette fois-ci, le trajet me semble beaucoup moins long. Et même si je ferai une grande partie de la route debout… Welcome in Népal ! Arrivés à Bakhtapur, on longe un moment la voie rapide à pied, puis on bifurque vers le centre-ville pour nous retrouver encore au même endroit que la dernière fois. Il reste encore à marcher un petit quart d’heure au milieu des voitures et de la pollution pour trouver l’arrêt de bus. Vingt petites minutes d’attente, puis un petit bus bleu arrive enfin pour nous emmener au somme de la colline où se dresse le village de Changu Narayan. Ouf !
Ici, la vie semble beaucoup plus paisible que dans la grande ville où l’agitation secoue les rues en permanence. Les femmes prennent le soleil entre elles, d’autres vaquent à des travaux manuels et d’autres encore tiennent boutique le long de la rue principale.
Changu Narayan occupe une colline à 4 km au nord de Bahktapur. Une inscription datant de 464 ap. J.-C. (la plus ancienne découverte au Népal) gravée dans une colonne devant le temple principal révèle comment le fis du roi Manadeva dissuada sa mère de se laisser brûler vive à la mort de son époux… Sympa comme introduction !
Bon avant d’aller visiter le temple, je propose d’abord à Pierre d’aller nous restaurer un peu… J’ai une faim de loup ! Du coup, on trouve une petite gargotte tenue par une grand-mère qui garde sa petite-fille… Je ne résiste pas à l’envie de prendre la petite en photo.
Devant la boutique, des musiciens d’une troupe locale se rassemble. Tout à l’heure, un mariage traditionnel sera célébré devant le temple de Vishnou. Un jeune père tient son enfant dans ses bras.
Dans sa cuisine, ma petite grand-mère est adorable et me propose de me faire une assiette de frites. Maison bien sûr ! Délicieuses à souhait. Craquante et bien cuites comme je les aime. On n’est pas à MacDo ici !
Devant la boutique encore, des artisans entreprennent la création d’immenses mandalas. Un travail d’expert qui nécessite patience et méticulosité. Il faut parfois un mois entier pour réaliser un seul mandala !
Allez, sitôt le repas terminé. On fait une petite séance de photos-souvenirs avec notre petite grand-mère.
Bon, après ce délicieux déjeuner, direction le temple de Vishnou. Le premier temple dédié à Narayan (un autre nom de Vishnou) fut bâti ici dès le IVe siècle.
Toutefois, l’édifice actuel, fascinant par son décor alliant bois, pierre et bronze, remonte au XVIIe siècle.
Allez zou, on passe le petit portique de pierre, on fait poinçonner nos ticket et on accède à la place principale.
Voici donc le temple de Narayan. On peut voir sur le côté ouest, les portraits en bronze des donateurs, la reine Riddhilakshmi et son fils mineur, Bhujalendra Malla (1687-1700). Mais le fils était déjà mort lor de l’inauguration officielle, en 1704.
L’effigie centrale montre Vishnou chevauchant l’oiseau Garuda dont on peut aussi admirer deux statues qui gardent l’une des entrées au temple.
Sur une autre entrée, ce sont deux magnifiques éléphants qui encadrent l’accès au temple. Sur un autre côté, ce sont deux magnifiques lions.
Quant à l’effigie cultuelle centrale, impossible de la voir. Encore moins pour les non-hindous que nous sommes. Dommage, car aujourd’hui, coup de chance, un prêtre a ouvert le temple.
Autour du temple, la cour, entourée d’auberges, renferme des sanctuaires plus récents qui abritent des sculptures vouées à Vishnou et sa compagne Lakshmi.
Une statue de Vishnou du VIIIe siècle représente Vishnou sous l’aspect d’un nain… Comme le démon Bali lui promettait de lui donner autant de terres qu’il pouvait en couvrir en faisant trois pas, Vishnou se transforma en géant et put ainsi, en trois foulées, enjamber le monde souterrain, la terre et le ciel. Pas bête, Vishnou !
oilà un épidode que j’intitulerais volontiers “miracle à Changu Narayan” ! Et pour cause, alors que nous visitons Pierre et moi le temple de Narayan, voilà que de la musique résonne. Des flutes et des cymbales se font entendre… Des musiciens passent la porte de la cour du temple. Et bientôt une trentaine de personnes habillées de leurs lus beaux atours… Il s’agit d’un mariage traditionnel.
Et voici le marié… ou bien le frère du marié qui est également de la partie. Mais le costume traditionnel du petit est absolument magnifique, fait des plus beaux tissus auxquels sont cousus des fleurs naturelles. Bref, d’une beauté sans nom.
Qu’en est-il vraiment en fait ? J’ai quand même un doute que ce petit soit le futur marié, il ne doit pas avoir plus de 8 ans, dix tout au plus. A moins que cette cérémonie ne soit une nouvelle offrande faite au dieu Vishnou. Comment savoir ?
En attendant, les musiciens s’en donnent à coeur joie et accompagne le cortège à travers toutes les rues du village, puis serpentent entre les sanctuaires dressés au milieu de la cour du temple.
Bon, quelque chose me dit que le marié doit être le jeune adulte qui se tient au milieu de la foule, son père et sa mère à ses côtés, et vêtu lui aussi en costume traditionnel. A moins que cette cérémonie ne soit un rite initiatique. Difficile à savoir. En tout les cas, ma présence ne semble gêner personne. Un grand moment pour moi.