You are currently viewing Vallée de Katmandou, Changu Narayan et ses temples

Vallée de Katmandou, Changu Narayan et ses temples

Pourquoi visiter Changu Narayan ?

Le plus ancien sanctuaire de la vallée

Perché sur une colline boisée à environ 12 kilomètres à l’est de Katmandou, le temple de Changu Narayan est considéré comme le temple hindou en activité le plus ancien de la vallée, ses origines remontant au IVe siècle de notre ère. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, ce site vénérable abrite un pilier historique érigé en 464 par le roi Manadeva Ier de la dynastie Licchavi, recouvert de l’inscription la plus ancienne jamais découverte au Népal, relatant comment le souverain dissuada sa mère de pratiquer le sati, le suicide rituel. Cette stèle millénaire fait de Changu Narayan un véritable conservatoire de l’histoire écrite du pays, un lieu où chaque pierre raconte les premiers chapitres de la civilisation népalaise.

Un musée à ciel ouvert de sculptures Licchavi exceptionnelles

Le sanctuaire principal, une élégante pagode à deux niveaux, est gardé par des paires d’animaux mythologiques comme des lions ailés, des griffons à cornes de bélier et des éléphants, tandis que les poutres de son toit s’ornent de sculptures divines d’une finesse remarquable. La cour intérieure déploie une collection extraordinaire de sculptures en pierre datant pour certaines du VIIe siècle, représentant les dix incarnations de Vishnou avec une maîtrise artistique saisissante. On y admire notamment Vishnou chevauchant Garuda, une effigie si emblématique qu’elle figure sur les billets de dix roupies népalaises, ainsi que des représentations fascinantes de Narasimha, l’homme-lion éviscérant un démon, ou de Vishnou Vikrant déployant sa forme cosmique en trois pas gigantesques.

Un village perché offrant une immersion dans la vie rurale

Le temple couronne le village de Changu, un authentique bourg rural perché à près de 1500 mètres d’altitude où le temps semble s’être arrêté. Ses ruelles pentues, parées de fanions multicolores, offrent une expérience complémentaire à la visite du sanctuaire, avec leurs scènes de vie quotidienne où animaux, séchage du maïs et lessive en bord de rue témoignent d’une ruralité préservée. Plusieurs ateliers de sculpteurs de masques animent les venelles, et deux musées méritent le détour : un musée privé rassemblant plus de quatre cents pièces d’artefacts anciens, ainsi qu’un musée ethnographique présentant les traditions des différents groupes culturels du Népal.

Un lieu de pèlerinage imprégné de légendes et de ferveur

Changu Narayan n’est pas un simple vestige figé, mais un sanctuaire intensément vivant où les fidèles affluent lors des grandes fêtes comme l’Haribodhini Ekadashi, célébrant le réveil du dieu Vishnou après quatre mois de sommeil cosmique. Une légende fascinante entoure l’origine du temple : un brahmane aurait décapité un garçon noir buvant le lait de sa vache sacrée, découvrant avec horreur qu’il s’agissait de Vishnou lui-même, venu expier une malédiction ancienne. La divinité du sanctuaire est vénérée à la fois par les hindous sous le nom de Garuda Narayan et par les bouddhistes comme Hariharihari Vahan Lokeshwara, illustrant magnifiquement le syncrétisme religieux qui caractérise la vallée de Katmandou. Seul le prêtre est autorisé à contempler l’image sacrée du sanctuaire, préservant ainsi son mystère et sa sainteté depuis plus de mille six cents ans.

Comment visiter Changu Narayan ?

Localisation et accès au sanctuaire perché

Le temple de Changu Narayan se dresse fièrement sur une colline boisée à environ 12 kilomètres à l’est de Katmandou, dans le district de Bhaktapur, culminant à 1541 mètres d’altitude. Pour vous y rendre depuis la capitale, le taxi constitue l’option la plus pratique avec un trajet d’environ 45 minutes pour un coût d’environ 1000 roupies népalaises. Depuis la place Durbar de Bhaktapur, la distance n’est plus que de 6 kilomètres, accessible en 30 minutes de taxi pour environ 350 roupies ou en bus local pour seulement 15 roupies. Une alternative plus aventureuse consiste à randonner depuis Bhaktapur à travers des villages authentiques et des champs de blés, une balade d’environ 2 heures qui offre une immersion dans la campagne népalaise.

Horaires d’ouverture pour une visite sereine

Le complexe du temple est accessible tous les jours de l’année selon des horaires qui varient légèrement selon les sources. La plupart des informations concordent sur une ouverture de 6 heures du matin à 18 heures ou 20 heures en soirée. Le site étant techniquement ouvert en continu, ce sont les guichets qui fonctionnent selon ces plages horaires. Pour une expérience paisible propice à la contemplation et à la photographie, l’aube et le crépuscule sont les moments les plus magiques, lorsque la lumière dorée caresse les sculptures millénaires et que les fidèles viennent accomplir leurs dévotions.

Tarifs d’entrée adaptés aux visiteurs étrangers

Le droit d’entrée pour les visiteurs étrangers s’élève à 300 roupies népalaises par personne, soit environ 3 dollars américains. Les ressortissants des pays de l’Association sud-asiatique pour la coopération régionale bénéficient d’un tarif réduit à 100 roupies, tandis que l’entrée est gratuite pour les citoyens népalais. Ce billet donne accès à l’ensemble du complexe, incluant le temple principal, les nombreux sanctuaires secondaires et le musée Changu qui abrite une collection fascinante d’artefacts historiques, dont la plus petite pièce de monnaie du monde . Une visite complète du site demande environ 1 à 2 heures d’exploration.

Recommandations pratiques

Pour profiter pleinement de votre découverte, prévoyez votre visite en matinée ou en fin d’après-midi pour bénéficier de la plus belle lumière et éviter l’affluence touristique. Une tenue vestimentaire modeste couvrant les épaules et les genoux est recommandée par respect pour le caractère sacré du lieu. Ne manquez pas la célèbre statue de Garuda, le véhicule de Vishnou, agenouillé devant le temple, une œuvre emblématique datant du Ve siècle. Flânez ensuite dans le village médiéval de Changu, explorez ses ateliers d’artisans où vous pourrez vous initier à la sculpture sur bois, et terminez par une pause gourmande dans un café local pour déguster un thé tout en contemplant la vallée.

Vallée de Katmandou, Changu Narayan et ses temples

Jeudi 23 novembre. Bon, comme aux premiers jours de notre arrivée au Népal, nous reprenons le chemin des bus locaux. Du coup, ce matin, nous nous levons de bonne heure pour aller prendre un bus pour Changu Narayan, un petit village perché haut dans la montagne qui a la perticularité de vouer un culte de Vishnou. Pour nous y rendre, nous reprenons d’abord le bus pour Bakhtapur… Si, si… Le même que nous avions pris il y a 15 jours. Mais cette fois-ci, le trajet me semble beaucoup moins long. Et même si je ferai une grande partie de la route debout…
Welcome in Népal ! Arrivés à Bakhtapur, on longe un moment la voie rapide à pied, puis on bifurque vers le centre-ville pour nous retrouver encore au même endroit que la dernière fois. Il reste encore à marcher un petit quart d’heure au milieu des voitures et de la pollution pour trouver l’arrêt de bus. Vingt petites minutes d’attente, puis un petit bus bleu arrive enfin pour nous emmener au sommet de la colline où se dresse le village de Changu Narayan. Ouf !

Ici, la vie semble beaucoup plus paisible que dans la grande ville où l’agitation secoue les rues en permanence. Les femmes prennent le soleil entre elles, d’autres vaquent à des travaux manuels et d’autres encore tiennent boutique le long de la rue principale.

Changu Narayan occupe une colline à 4 km au nord de Bahktapur. Une inscription datant de 464 apr. J.-C. (la plus ancienne découverte au Népal) gravée dans une colonne devant le temple principal révèle comment le fis du roi Manadeva dissuada sa mère de se laisser brûler vive à la mort de son époux… Sympa comme introduction !

Bon avant d’aller visiter le temple, je propose d’abord à Pierre d’aller nous restaurer un peu… J’ai une faim de loup ! Du coup, on trouve une petite gargote tenue par une grand-mère qui garde sa petite-fille… Je ne résiste pas à l’envie de prendre la petite en photo.

Devant la boutique, des musiciens d’une troupe locale se rassemblent. Tout à l’heure, un mariage traditionnel sera célébré devant le temple de Vishnou. Un jeune père tient son enfant dans ses bras.

Dans sa cuisine, ma petite grand-mère est adorable et me propose de me faire une assiette de frites. Maison bien sûr ! Délicieuses à souhait. Craquantes et bien cuites comme je les aime. On n’est pas à MacDo ici !

Devant la boutique encore, des artisans entreprennent la création d’immenses mandalas. Un travail d’expert qui nécessite patience et méticulosité. Il faut parfois un mois entier pour réaliser un seul mandala !

Allez, sitôt le repas terminé. On fait une petite séance de photos-souvenirs avec notre petite grand-mère.

Bon, après ce délicieux déjeuner, direction le temple de Vishnou. Le premier temple dédié à Narayan (un autre nom de Vishnou) fut bâti ici dès le IVe siècle.

Toutefois, l’édifice actuel, fascinant par son décor alliant bois, pierre et bronze, remonte au XVIIe siècle.

Allez zou, on passe le petit portique de pierre, on fait poinçonner nos tickets et on accède à la place principale.

Voici donc le temple de Narayan. On peut voir sur le côté ouest, les portraits en bronze des donateurs, la reine Riddhilakshmi et son fils mineur, Bhujalendra Malla (1687-1700). Mais le fils était déjà mort lors de l’inauguration officielle, en 1704.

L’effigie centrale montre Vishnou chevauchant l’oiseau Garuda dont on peut aussi admirer deux statues qui gardent l’une des entrées au temple.

Sur une autre entrée, ce sont deux magnifiques éléphants qui encadrent l’accès au temple. Sur un autre côté, ce sont deux magnifiques lions.

Quant à l’effigie cultuelle centrale, impossible de la voir. Encore moins pour les non-hindous que nous sommes. Dommage, car aujourd’hui, coup de chance, un prêtre a ouvert le temple.

Autour du temple, la cour, entourée d’auberges, renferme des sanctuaires plus récents qui abritent des sculptures vouées à Vishnou et sa compagne Lakshmi.

Une statue de Vishnou du VIIIe siècle représente Vishnou sous l’aspect d’un nain… Comme le démon Bali lui promettait de lui donner autant de terres qu’il pouvait en couvrir en faisant trois pas, Vishnou se transforma en géant et put ainsi, en trois foulées, enjamber le monde souterrain, la terre et le ciel. Pas bête, Vishnou !

Voilà un épisode que j’intitulerais volontiers « miracle à Changu Narayan » ! Et pour cause, alors que nous visitons Pierre et moi le temple de Narayan, voilà que de la musique résonne. Des flûtes et des cymbales se font entendre… Des musiciens passent la porte de la cour du temple. Et bientôt une trentaine de personnes habillées de leurs plus beaux atours… Il s’agit d’un mariage traditionnel.

Et voici le marié… Ou bien le frère du marié qui est également de la partie. Mais le costume traditionnel du petit est absolument magnifique, fait des plus beaux tissus auxquels sont cousues des fleurs naturelles. Bref, d’une beauté sans nom.

Qu’en est-il vraiment en fait ? J’ai quand même un doute que ce petit soit le futur marié, il ne doit pas avoir plus de 8 ans, dix tout au plus. À moins que cette cérémonie ne soit une nouvelle offrande faite au dieu Vishnou. Comment savoir ?

En attendant, les musiciens s’en donnent à cœur joie et accompagnent le cortège à travers toutes les rues du village, puis serpentent entre les sanctuaires dressés au milieu de la cour du temple.

Bon, quelque chose me dit que le marié doit être le jeune adulte qui se tient au milieu de la foule, son père et sa mère à ses côtés, et vêtu lui aussi en costume traditionnel. À moins que cette cérémonie ne soit un rite initiatique. Difficile à savoir. En tous les cas, ma présence ne semble gêner personne. Un grand moment pour moi.

Laisser un commentaire