Wieliczka, au coeur de la mine de sel

Wieliczka, au coeur de la mine de sel

Jeudi 9 mars. Après cette première journée si riche en émotions, pas vraiment le cœur de me promener en ville. Retour à Cracovie par le bus de 17 heures. Une heure plus tard, je suis étendu en travers du lit de ma chambre d’hôtel. Auschwitz-Birkenau. Je ne suis pas prêt d’oublier ce que j’ai vu là-bas. Je ferme les yeux. Je les rouvre le lendemain matin vers 8 heures.
Le temps d’avaler un petit-déjeuner dans la galerie marchande de la gare et j’attrape le premier train pour Wieliczka. Rien de plus facile que de prendre un train en Pologne. Il suffit juste de monter et de payer son ticket au contrôleur. Train ultra confortable, rapide, sûr… Et surtout à l’heure ! Pour Wieliczka, il y en a un toutes les trente minutes.

Pris du trajet : moins d’un euro. Quand je pense qu’on me proposait une excursion à plus de 60 euros la journée… Rien ne veut la démerde. Ce petit moment de liberté me permet d’admirer la campagne polonaise derrière la vitre du train. Enfin, admirer, le mot est grand. Morne plaine et morceaux de forêts jusqu’à perte de vue. Maisons basses et solides pour passer l’hiver. Aucun charme. Wieliczka enfin. Une petite gare un peu à l’écart du centre-ville. Pour se rendre à la mine, rien de plus facile encore. Il suffit juste de traverser le parking et de suivre les panneaux. La mine se trouve de l’autre côté de la rue principale.
Une fois sur place. Il faut acheter son ticket d’entrée et choisir un groupe de visite. Ça tombe bien, à 11 heures part la seule visite guidée en français de la matinée. Bingo. Je laisse passer les British et me voilà bientôt au cœur des entrailles de la terre. Car Wieliczka, avant que d’être un site classé à l’Unesco, est avant tout une mine. Et qui dit mine dit une multitude de boyaux. Un labyrinthe en somme ! Sans guide, on ne serait pas prêt de remonter.

Nous voici donc au cœur de la bête. Une bête qui est exploitée depuis cinq millénaires pour y extraire son sel. En fait, la mine commence véritablement à fonctionner dès le XIIIe siècle. Elle fera rapidement la fortune des rois polonais. Pour se rendre compte du monstre, il suffit d’égrener quelques chiffres : 30 km de galeries, 9 niveaux, 327 m de profondeur, 10 km². Il faudrait une semaine pour la parcourir entièrement !
Seuls trois niveaux sont ouverts au public. Pour se rendre au fond de la mine, il faut descendre les quelque 390 marches d’un escalier en bois, on passe ainsi de – 64 à moins 135 mètres. Au bout de la descente, sensation étrange d’oppression. Mince alors ! Quand j’étais au Pérou ou en Argentine, je n’ai jamais éprouvé le mal de l’altitude, et là, je suis carrément mal. Va falloir prendre ton courage à deux mains, mon Loulou ! Le mieux, c’est encore de me concentrer sur ce que j’essaie de faire de mieux : prendre des photos. Ça tombe bien, au bout de quelques mètres, on tombe nez-à-nez avec notre première statue monumentale. Ici, il en existe des centaines. Toutes en sel bien sûr.

Étrange sensation quand même de se retrouver là. On se croirait tout droit projeter au milieu du Germinal de Zola ! Succession de galeries, de boyaux, de rondins de bois et d’étais. Wieliczka, c’est environ un million de m³ de bois ! Mais bientôt, les galeries s’éclaircissent. Le sol et les parois commencent à briller. Le sel. Ici, tout n’est que sel. Murs comme plafonds. D’ailleurs notre guide nous invite à lécher les parois pour mieux s’en rendre compte ! Toutes ces galeries ont été percées entre le XVIIe et le XIXe siècle. À la main bien sûr. La première utilisation d’explosif ne date que de 1790.

Après ce petit préambule la visite commence vraiment et on s’enfonce peu à peu dans les entrailles de la terre. L’humidité est partout. L’eau suinte des murs de sel. C’est d’ailleurs d’elle que vient le danger. À chaque instant, elle menace ses fondations. Comme en 1993, au moment de fortes pluies, quand elle a inondé une partie des galeries.

Difficile ici de dresser un état des lieux des différentes salles à thème tant elles sont si nombreuses. Avec notre guide, on avance de salle en salle. On a même droit à la simulation d’un violent coup de grisou !

On passe ainsi tour à tour de la salle Copernic, aux premiers hommes réfugiés dans les grottes de Wieliczka, en passant par les brûleurs de méthane, la grotte aux nains, l’évocation du travail des chevaux, les poulies, les treuils, la salle Staszic convertie en usine d’armement allemande pendant la guerre et les fameuses chapelles décorées de statues taillées à la main.

Coup de chance, notre guide pour cette journée est vraiment des plus sympathiques. Et son français est excellent. En même temps, celui-ci a travaillé quelques années pour le compte de la RATP. Rien d’étonnant qu’il ait conservé un goût pour les profondeurs.

La salle Staszic.

La fameuse salle aux nains…

À force d’aller de salle en salle, on finit par déboucher sur le clou de la visite : l’immense chapelle dédiée à la reine Kinga (1224-1292). Chapelle, c’est peu dire. On pourrait parler ici de cathédrale ! D’ailleurs, une statue géante du pape polonais Jean-Paul II se dresse à l’entrée.

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