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Cracovie, de la rue Szpitalna à la rue Kanonicza, la valse des églises

Cracovie, de la rue Szpitalna à la rue Kanonicza, la valse des églises

Vendredi 10 mars. À l’Est de la grande place du Marché, les demeures s’embourgeoisent. Voici la rue Szpitalna.

Les maisons à gros moellons se succèdent, demeures cossues où habitait au XVIIIe et XIXe siècle l’aristocratie bourgeoise de la ville. Peut-être encore aujourd’hui. Une chose est sûre, les demeures cossues se succèdent à un rythme effréné. Les commerces cèdent la place aux banques et aux plaques des professions libérales.

Un peu plus loin, c’est la façade de l’église Sainte-Croix qui se détache de cet univers bourgeois. Une des plus charmantes de Cracovie. Hélas, encore une fois fermée au public. Construite au XIVe et XVe siècle.

Au bout de la rue enfin, bâti sur l’ancien hôpital de l’église Sainte-Croix, voici le théâtre Slowacki, édifié entre 1891 et 1893. Une silhouette plutôt familière qui ressemble à s’y méprendre au palais Garnier, à Paris.

Direction l’ouest de la vieille ville pour rompre avec l’architecture. Cette fois-ci, la chance est avec moi, le musée Kamienica Szolajskich est non seulement ouvert, mais gratuit aujourd’hui. La maison des Szołayski (XVIIe siècle) accueille les œuvres de Stanisław Wyspiański, artiste de la ville (1869-1907), écrivain, auteur de pièces de théâtre, peintre et photographe, figure phare de l’Art nouveau polonais.

Stanisław Wyspiański, artiste mystique et inspiré, comparait le Wawel à une acropole polonaise. Wyspiański est surtout associé à ses portraits d’enfants. C’est un des artistes les plus originaux du début du XXe siècle. Accrochées dans l’escalier, on admire aussi les belles photos de Cracovie effectuées par Ignacy Krieger, photographe de la deuxième moitié du XIXe siècle. Bref, une bonne dose d’oxygène pour l’esprit à contempler ces jolies œuvres en attendant de poursuivre ma visite de la ville.

Direction maintenant le quartier de l’université et la plus célèbre d’entre elles : le collégium Maius. Il est le plus ancien et le plus prestigieux de l’université Jagellone, l’une des plus anciennes universités d’Europe centrale fondée en 1364 par le roi Casimir le Grand.

Bon, pas vraiment le temps ni le cœur de visiter le bâtiment dont le vrai trésor est d’avoir abrité en son sein Nicolas Copernic. Pas trop de regrets donc, et tant pis si je ne verrai pas le sceptre des rois de Pologne… Du coup, je me concentre sur la belle cour intérieure ouverte au public.

Une horloge astronomique située au-dessus de la porte d’Or permet d’admirer chaque jour à 13 heures un manège musical de figurines animées. Amusant.

Pour la petite histoire, cette université fut remaniée à de nombreuses reprises, et notamment dans un regrettable style néogothique, avant de retrouver son apparence originelle entre 1949 et 1964.

Face au collège Maius, impossible de passer à côté de l’église Sainte-Anne. Du coup, depuis l’université, je n’ai qu’à traverser la route pour pénétrer à l’intérieur. Et là, mon œil est immédiatement attiré par l’extraordinaire coupole et ses fresques. Et pour cause, Sainte-Anne est sans doute un des plus beaux exemples d’église baroque de toute la Pologne.

Cette église universitaire fondée en 1689 est en effet d’une grande beauté avec ses magnifiques décorations intérieures en stuc réalisées par l’Italien Fontana. Mais mieux encore, l’église abrite le monument funéraire dédié à Nicolas Copernic qui en prouvant que la Terre n’était pas le centre du monde, mais qu’elle tournait sur son axe et autour du soleil, manqua de peu d’être brûlé vif sur la place publique… La place de la halle aux Draps en l’occurrence !

J’achève ma visite de la vieille ville par une double visite : les églises des Franciscains et des Dominicains, situées de part et d’autre de l’extrémité de la rue Kanonicza. Toutes deux sont reliées par une voie de tramway.

Bon, autant le dire tout de suite, l’intérieur de cette église est des plus sombres. Construite à partir de 1255 dans un style gothique, elle fut hélas endommagée par l’invasion suédoise, puis par un incendie au XIXe siècle. Son principal intérêt est d’abriter des fresques de Stanislaw Wypianski qui associent motifs floraux, géométriques, héraldiques et quelques scènes figuratives.

Mais ses chefs-d’œuvre restent les vitraux du chœur conçus également par le fameux Stanislaw Wypianski… Mais dans cette obscurité, difficile de bien distinguer ce chef-d’œuvre de l’art nouveau.

Quant au cloître du monastère, il reste fermé au public. Une fois encore, si je puis dire…

De l’autre côté de la rue Kononicza, je retourne voir l’église et le monastère des Dominicains que j’avais entrevus, hier soir. Cette basilique est l’une des plus grandes et des plus importantes basiliques de Cracovie. Elle fut élevée en 1241 sur l’emplacement d’une première église romane détruite lors de l’invasion des Tatars, puis reconstruite un certain nombre de fois, notamment en 1872 après l’incendie de 1850 qui ravagea une bonne partie de la ville.

Bon, cette fois-ci, on y voit beaucoup plus clair que la veille. De quoi admirer sa jolie voûte au bleu cobalt, ses multiples chapelles dont une, celle de Notre-Dame-du-Rosaire, qui abrite une représentation de la Vierge du XVIe siècle, copiée d’une icône romane provenant de l’église Santa Maria Maggiore de Rome.

Quant au couvent attenant (ouvert celui-ci !), il s’articule autour de deux cours dont un magnifique cloître de style baroque.

De nombreuses toiles ornent les murs du cloître, mais aussi de la salle du Chapitre et du Réfectoire.

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