You are currently viewing Cracovie, de la rue Szpitalna à la rue Kanonicza, la valse des églises

Cracovie, de la rue Szpitalna à la rue Kanonicza, la valse des églises

Pourquoi visiter les rues Szpitalna et Kanonicza et leurs églises ?

Szpitalna : une plongée dans l’atmosphère bourgeoise de Cracovie

La rue Szpitalna, qui s’étend de la place du Marché vers l’est, offre un visage plus discret mais tout aussi fascinant de la ville. Son nom évoque l’ancien hôpital du Saint-Esprit qui s’y trouvait, mais elle est surtout connue pour son architecture cossue des XVIIIe et XIXe siècles, témoignant de la prospérité de la bourgeoisie cracovienne. En déambulant, on découvre la charmante église Sainte-Croix, dont la construction remonte aux XIVe et XVe siècles, un édifice gothique aux proportions élégantes qui contraste avec les façades classiques environnantes. La rue abrite également l’ancienne synagogue Ahavat Raim, transformée après-guerre en église orthodoxe de la Dormition de la Vierge, un rappel de la diversité culturelle disparue. Le théâtre Juliusz Słowacki, majestueux bâtiment de la fin du XIXe siècle, clôt la rue avec panache, rappelant l’opéra Garnier de Paris.

Kanonicza : une rue-musée au pied de Wawel

La rue Kanonicza est sans doute l’une des plus anciennes et des plus belles artères de Cracovie, descendant vers la colline royale. Son nom provient des chanoines du chapitre de la cathédrale du Wawel, qui y firent construire leurs résidences à partir du XIVe siècle. Épargnée par l’incendie de 1850, elle a conservé son caractère médiéval avec ses maisons nobles aux portails Renaissance et baroques, ses cours intérieures fleuries et ses enseignes anciennes. Chaque maison a son histoire : au numéro 25 se trouve la maison de Jan Długosz, le grand historien polonais, et au numéro 21, la “Maison du Doyen”, qui fut la résidence de Karol Wojtyła, le futur pape Jean-Paul II, lorsqu’il était évêque de Cracovie. La rue est un véritable musée à ciel ouvert, où l’on croise également l’église baroque Saint-Pierre-et-Saint-Paul et l’église romane Saint-André.

Les églises de Szpitalna et Kanonicza : des joyaux d’architecture et de spiritualité

Les églises bordant ces deux rues méritent une attention particulière. Dans la rue Szpitalna, l’église Sainte-Croix (Kościół św. Krzyża) est un édifice gothique du XVe siècle, avec un presbytère voûté d’une richesse ornementale rare. Sur la rue Kanonicza, l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, construite par les Jésuites au début du XVIIe siècle, est le premier édifice baroque de Cracovie, avec sa façade majestueuse et ses grandes statues des apôtres. Juste à côté, l’église Saint-André, plus ancienne (XIe siècle), est un rare exemple d’architecture romane défensive, avec ses petites tours et son épaisse façade. Ces sanctuaires offrent un contraste saisissant entre le gothique sobre de Sainte-Croix, le baroque théâtral de Saint-Pierre-et-Saint-Paul et le roman massif de Saint-André.

Une promenade hors des sentiers battus

Visiter Szpitalna et Kanonicza, c’est sortir des circuits les plus empruntés tout en restant à deux pas de la place du Marché. Ces rues permettent de ressentir l’atmosphère authentique de la vieille ville, loin de l’agitation des foules. Szpitalna offre un visage plus commerçant et théâtral, tandis que Kanonicza invite au recueillement et à la contemplation, avec sa vue imprenable sur la colline de Wawel. La promenade relie naturellement la vieille ville au château royal, en passant par des cours intérieures souvent ignorées des visiteurs pressés. C’est une occasion unique de découvrir l’âme profonde de Cracovie, entre histoire religieuse, mémoire nationale et charme discret des demeures patriciennes.

Comment visiter les rues Szpitalna et Kanonicza et leurs églises ?

Szpitalna et Kanonicza, des rues musées à explorer librement

Ces deux rues emblématiques du centre historique sont des espaces publics, accessibles gratuitement sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Aucun horaire d’ouverture ou droit d’entrée ne s’applique donc à la promenade elle-même. Prévoyez environ une heure pour flâner sur chacune d’elles. La rue Kanonicza, particulièrement charmante tôt le matin ou en fin d’après-midi, est idéale pour une promenade paisible. La rue Szpitalna, plus commerçante, se découvre à toute heure de la journée. Notez qu’aucun stationnement n’est disponible directement sur ces artères, qui sont généralement piétonnes.

Les églises de la rue Szpitalna : des trésors cachés

L’église Sainte-Croix (Kościół św. Krzyża) est ouverte tous les jours entre 9h00 et 17h00 (jusqu’à 20h00 en été) et l’entrée est gratuite. Pour une visite plus complète, vous pouvez opter pour une visite guidée du monastère, sur réservation téléphonique préalable. Non loin, à l’angle de la rue Szpitalna et de la rue św. Tomasza, se trouve l’église baroque Saint-Thomas-Apôtre (Kościół św. Tomasza Apostoła), accessible pendant les heures d’ouverture de l’église. Prévoyez de la monnaie pour d’éventuelles offrandes.

Les églises de la rue Kanonicza : deux chefs-d’œuvre baroques et roman

L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul (Kościół św. Piotra i Pawła) est ouverte du mardi au dimanche avec des horaires variant selon la saison (de 9h00 à 17h00 en été, plus réduits en hiver). L’entrée est gratuite. Juste à côté, l’église Saint-André (Kościół św. Andrzeja), l’un des plus anciens monuments de Cracovie, est une église paroissiale ouverte aux heures de culte. L’entrée est également gratuite. Pour plus de sérénité, privilégiez une visite en dehors des offices religieux.

Conseils pour la visite

Ces deux rues sont situées dans le centre-ville, à quelques minutes à pied de la place du Marché (Rynek Główny). La rue Szpitalna est à l’est du centre, près du Théâtre Słowacki et de la gare, tandis que la rue Kanonicza se trouve au pied de la colline de Wawel. Depuis la gare, marchez environ 10 minutes pour Szpitalna, ou prenez le tram jusqu’à l’arrêt “Wawel”. La ville est facile à parcourir à pied. Les transports en commun sont également une option pratique et économique, avec des tickets unitaires disponibles pour environ 0,70 euros.

Cracovie, de la rue Szpitalna à la rue Kanonicza, la valse des églises

Vendredi 10 mars. À l’Est de la grande place du Marché, les demeures s’embourgeoisent. Voici la rue Szpitalna.

Les maisons à gros moellons se succèdent, demeures cossues où habitait au XVIIIe et XIXe siècle l’aristocratie bourgeoise de la ville. Peut-être encore aujourd’hui. Une chose est sûre, les demeures cossues se succèdent à un rythme effréné. Les commerces cèdent la place aux banques et aux plaques des professions libérales.

Un peu plus loin, c’est la façade de l’église Sainte-Croix qui se détache de cet univers bourgeois. Une des plus charmantes de Cracovie. Hélas, encore une fois fermée au public. Construite au XIVe et XVe siècle.

Au bout de la rue enfin, bâti sur l’ancien hôpital de l’église Sainte-Croix, voici le théâtre Slowacki, édifié entre 1891 et 1893. Une silhouette plutôt familière qui ressemble à s’y méprendre au palais Garnier, à Paris.

Direction l’ouest de la vieille ville pour rompre avec l’architecture. Cette fois-ci, la chance est avec moi, le musée Kamienica Szolajskich est non seulement ouvert, mais gratuit aujourd’hui. La maison des Szołayski (XVIIe siècle) accueille les œuvres de Stanisław Wyspiański, artiste de la ville (1869-1907), écrivain, auteur de pièces de théâtre, peintre et photographe, figure phare de l’Art nouveau polonais.

Stanisław Wyspiański, artiste mystique et inspiré, comparait le Wawel à une acropole polonaise. Wyspiański est surtout associé à ses portraits d’enfants. C’est un des artistes les plus originaux du début du XXe siècle. Accrochées dans l’escalier, on admire aussi les belles photos de Cracovie effectuées par Ignacy Krieger, photographe de la deuxième moitié du XIXe siècle. Bref, une bonne dose d’oxygène pour l’esprit à contempler ces jolies œuvres en attendant de poursuivre ma visite de la ville.

Direction maintenant le quartier de l’université et la plus célèbre d’entre elles : le collégium Maius. Il est le plus ancien et le plus prestigieux de l’université Jagellone, l’une des plus anciennes universités d’Europe centrale fondée en 1364 par le roi Casimir le Grand.

Bon, pas vraiment le temps ni le cœur de visiter le bâtiment dont le vrai trésor est d’avoir abrité en son sein Nicolas Copernic. Pas trop de regrets donc, et tant pis si je ne verrai pas le sceptre des rois de Pologne… Du coup, je me concentre sur la belle cour intérieure ouverte au public.

Une horloge astronomique située au-dessus de la porte d’Or permet d’admirer chaque jour à 13 heures un manège musical de figurines animées. Amusant.

Pour la petite histoire, cette université fut remaniée à de nombreuses reprises, et notamment dans un regrettable style néogothique, avant de retrouver son apparence originelle entre 1949 et 1964.

Face au collège Maius, impossible de passer à côté de l’église Sainte-Anne. Du coup, depuis l’université, je n’ai qu’à traverser la route pour pénétrer à l’intérieur. Et là, mon œil est immédiatement attiré par l’extraordinaire coupole et ses fresques. Et pour cause, Sainte-Anne est sans doute un des plus beaux exemples d’église baroque de toute la Pologne.

Cette église universitaire fondée en 1689 est en effet d’une grande beauté avec ses magnifiques décorations intérieures en stuc réalisées par l’Italien Fontana. Mais mieux encore, l’église abrite le monument funéraire dédié à Nicolas Copernic qui en prouvant que la Terre n’était pas le centre du monde, mais qu’elle tournait sur son axe et autour du soleil, manqua de peu d’être brûlé vif sur la place publique… La place de la halle aux Draps en l’occurrence !

J’achève ma visite de la vieille ville par une double visite : les églises des Franciscains et des Dominicains, situées de part et d’autre de l’extrémité de la rue Kanonicza. Toutes deux sont reliées par une voie de tramway.

Bon, autant le dire tout de suite, l’intérieur de cette église est des plus sombres. Construite à partir de 1255 dans un style gothique, elle fut hélas endommagée par l’invasion suédoise, puis par un incendie au XIXe siècle. Son principal intérêt est d’abriter des fresques de Stanislaw Wypianski qui associent motifs floraux, géométriques, héraldiques et quelques scènes figuratives.

Mais ses chefs-d’œuvre restent les vitraux du chœur conçus également par le fameux Stanislaw Wypianski… Mais dans cette obscurité, difficile de bien distinguer ce chef-d’œuvre de l’art nouveau.

Quant au cloître du monastère, il reste fermé au public. Une fois encore, si je puis dire…

De l’autre côté de la rue Kononicza, je retourne voir l’église et le monastère des Dominicains que j’avais entrevus, hier soir. Cette basilique est l’une des plus grandes et des plus importantes basiliques de Cracovie. Elle fut élevée en 1241 sur l’emplacement d’une première église romane détruite lors de l’invasion des Tatars, puis reconstruite un certain nombre de fois, notamment en 1872 après l’incendie de 1850 qui ravagea une bonne partie de la ville.

Bon, cette fois-ci, on y voit beaucoup plus clair que la veille. De quoi admirer sa jolie voûte au bleu cobalt, ses multiples chapelles dont une, celle de Notre-Dame-du-Rosaire, qui abrite une représentation de la Vierge du XVIe siècle, copiée d’une icône romane provenant de l’église Santa Maria Maggiore de Rome.

Quant au couvent attenant (ouvert celui-ci !), il s’articule autour de deux cours dont un magnifique cloître de style baroque.

De nombreuses toiles ornent les murs du cloître, mais aussi de la salle du Chapitre et du Réfectoire.

Laisser un commentaire