Fribourg-en-Brisgau, une balade à travers le centre historique
Samedi 1er juillet. Pour ces vacances improvisées après l’annulation de mon trek en Russie, j’ai donc improvisé un voyage vers l’Europe continentale : direction l’Autriche et la République Tchèque, via deux petits passages par l’Allemagne. Du coup, j’ai décidé de scinder mon périple en plusieurs parties…
Me voici donc à Fribourg en ce premier jour de juillet après une petite nuit passée dans un hôtel bien sympathique de Brisach, à la frontière allemande. Jolie chambre, et ô surprise, mon nouveau forfait permet de donner quelques coups de fil en France pour rassurer ma famille sur mon état de santé (saloperie de bactérie chopée en Inde !)…
Du coup, le lendemain, une petite demi-heure de route me conduit à Fribourg où je gare ma voiture à l’entrée du centre-ville. Le temps de remonter l’avenue principale et me voici plonger au cœur du grand marché hebdomadaire de la ville qui se tient tous les samedis matin au pied de la cathédrale. Ça commence plutôt bien !
C’est dingue, plus je vieillis, plus j’aime me promener au milieu des allées des marchés. C’est peut-être ça que de devenir vieux ? Ah mince alors ! Tant pis, je me régale à observer les Allemands se précipiter sur les produits bio vendus sur les étals. Sans oublier de merveilleux bouquets de fleurs…
Le temps de faire trois fois le tour du marché et de jeter un coup d’œil sur les étals, je relève la tête pour admirer la cathédrale.
Si le marché est vraiment magnifique, la véritable star de Fribourg-en-Brisgau reste son extraordinaire cathédrale. Munster en allemand. Ou plus exactement Munster Unserer Lieben Frau… La cathédrale Notre-Dame.
Construite en grès rouge, elle se dresse au cœur de la Munsterplatz. Avec sa flèche d’architecture gothique, haute de 115 mètres, elle domine toute la ville.
Étonnant. Au début de sa construction, la cathédrale de Fribourg ne fut édifiée que comme une simple église paroissiale… Et donc ne fut élevée au rang de cathédrale qu’au XIXe siècle. Sa construction débuta vers 1200 dans le style roman, style qu’elle ne conserve aujourd’hui que dans son chœur.
Pour vraiment apprécier à sa juste valeur cette cathédrale, il faut aller se promener sous ses arcs-boutants et ses gargouilles grimaçantes, le temps d’une belle promenade autour de la Munsterplatz. Puis il faut se poster devant le portail nord qui représente Dieu au repos le septième jour de la Création… Sur le portail ouest, Satan est représenté en séducteur, abusant une malheureuse vêtue d’une simple peau de bouc.
À l’intérieur de la cathédrale, le spectacle se poursuit. À condition d’être attentif et de savoir relever les yeux à la recherche des petits détails architecturaux que renferment la nef et les chapelles.
À ne pas manquer, à droite de l’entrée, les vitraux à médaillon qui datent du XIIIe siècle.
Sans oublier l’extraordinaire maître-autel de Hans Baldung représentant le couronnement de la Vierge.
Au final, il faut savoir prendre son temps et se laisser porter par le charme unique et lumineux de cette cathédrale.
À l’extérieur, perchées au sommet de leur colonne respective, trois saints protecteurs dominent la place.
Au nord de la Munsterplatz, impossible de passer à côté de l’Historisches Kaufhaus, avec sa façade de grès rouge et ses élégants balcons ajourés. Cette ancienne maison de négoce date du XVIe siècle, avec ses arcades, son toit pentu et sa couleur de sang de bœuf.
Les statues et les blasons qui ornent la façade représentent les empereurs autrichiens de la dynastie des Hasbourg. Nostalgie quand tu nous tiens.
Pas question de quitter Fribourg sans faire un petit tour dans le quartier de la vieille ville qui longe l’avenue principale où circulent les nouvelles rames de tramway. C’est ici que se niche le cœur commerçant de la ville dominé par la jolie tour de l’hôtel de ville et son carillon. Les bâtisses anciennes, toujours aux teintes rouge sang, donnent un cachet incroyable à tout ce quartier. À ne pas manquer, à gauche de la tour de l’horloge, la Haus zun Walfish (maison de la baleine) et son magnifique porche gothique.
Passé la tour de l’horloge, c’est la ville plus moderne qui s’ouvre aux voyageurs avec son cortège de bâtisses hausmaniennes… et sa cohorte de vélos. On est en Allemagne, ici ! Au pays de l’écologie.
Pour l’anecdote, le vieux quartier de la ville de Fribourg a été fortement touché par les bombardements alliés lors de la Seconde Guerre mondiale… Seule la cathédrale a été miraculeusement épargnée. Toutefois la reconstruction a restitué une grande partie de la vieille ville.
Un dernier petit coup d’œil sur la grande rue de Fribourg et je regagne ma voiture en passant par la grande brocante organisée par les riverains du quartier.