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Cracovie, de Barbacane à la rue Saint-Florian

Cracovie, de Barbacane à la rue Saint-Florian

Vendredi 10 mars. Bon, ce matin, il ne s’agit pas de faire la grasse matinée. Une longue journée de visite m’attend. Aujourd’hui, je m’attaque enfin à Cracovie, et seulement à Cracovie. Sans doute la plus belle ville de Pologne. En tous les cas, la ville la plus chargée d’histoire, qui a fait l’unité de la Pologne. Des anciens remparts, détruits au XIXe siècle, il ne reste plus aujourd’hui que la forteresse de Barbacane et sa porte médiévale. Elle est encore aujourd’hui le symbole de la toute puissante Cracovie qui fut au XVIIe siècle l’un des centres artistique et scientifique les plus importants d’Europe, sous les règnes de Sigismond 1er et de son fils.

Des remparts, il ne reste donc rien aujourd’hui. Mais on peut encore très bien les imaginer ceinturant l’ensemble de la vieille ville car à leur place, les urbanistes du XIXe siècle choisir d’y aménager une vaste promenade : les jardins du Planty.

Une ceinture verte avant l’heure où il fait bon se promener l’été, promenade ponctuée de statues, de fontaines et de monuments commémoratifs.

Ce sont donc les Autrichiens qui ont eu la fâcheuse idée de démolir les remparts, suivant ainsi la mode de l’époque.

Dommage car ces remparts dataient de 1285 quand la ville décida d’instaurer un droit d’octroi pour laisser les étrangers et les marchands y pénétrer.

Retour à Barbacane. Pas de chance, le temps est plutôt tristounet ce matin, mais la grisaille finira par s’entrouvrir sur le coup de midi, du coup j’irai faire d’autres photos plus sympas.

Cette forteresse a été bâtie longtemps après les premiers remparts. Il s’agissait pour les Polonais de se protéger contre l’invasion ottomane et Barbacane fut érigée en 1499. Autrefois avancé par rapport aux remparts, Barbacane dominait les douves qui ceinturaient la vieille ville et était relié à la porte Saint-Florian par un corridor aujourd’hui disparu.

Toujours est-il que Barbacane demeure l’un des rares exemples de petits fortins parfaitement conservés en Europe. En relevant la tête, on peut encore apercevoir les rangées de meurtrières.

Passée Barbacane, on accède directement à la porte Saint-Florian, Brama Florianska. Depuis les jardins du Planty, la vue est plutôt austère… Voire peu engageante ! Et avec ce ciel bas de cette matinée de mars, pas vraiment de quoi s’enthousiasmer !

Mais depuis la rue Florianska, et avec un le soleil revenu (photo prise dans l’après-midi), le monument se pare de ses plus beaux atouts. Brama Florianska reste la dernière des portes encore conservée des anciens remparts de la ville détruits par les Autrichiens. Il y en avait huit au total dans l’ancienne enceinte médiévale.

Haute de 34 mètres, cette tour, élevée au XIIIe siècle, fut achevée au siècle suivant avec des briques rouges. On voit bien la démarcation depuis la rue, entre la pierre et la brique. Quant à son sommet crénelé, il ne fut achevé et recouvert par une petite coupole baroque qu’en 1694. Avec trois autres petits bastions, Florianska est le dernier vestige des 39 tours qui, autrefois, jalonnaient les remparts de la ville médiévale.

À droite, au fond de la rue, on peut apercevoir la façade du musée des Princes Czartoryski, sans doute le plus beau musée de la ville qui renferme La Dame à l’hermine de Léonard de Vinci et Le Paysage au bon Samaritain, de Rembrandt. Quant à l’autoportrait de Raphaël, volé par les Nazis pendant la guerre, son cadre vide attend toujours une hypothétique restitution. Pas de chance… Le musée est fermé jusqu’à nouvel ordre pour travaux. Tant Pis pour Léonard de Vinci et Rembrandt.

À deux pas de là, sur la gauche en regardant la tour, les murs d’enceinte du rempart servent de cimaises aux peintres de rues de Cracovie.

Au-delà, s’étend la célèbre rue Florianska. Du temps des rois de Pologne, elle constituait alors l’amorce de la voie royale qui amenait jusqu’au château et le Rynek. Elle était (et l’est toujours) bordée de demeures aux portails Renaissance ou gothique tardif, parmi les plus belles de la ville.

Enfin, à ne pas manquer, au 45 de la rue Florianska, le célèbre café Michalika, qui fut entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle l’antre de la bohème locale groupée autour du mouvement littéraire et artistique de la Jeune Pologne. Avec sa décoration art déco, il est aujourd’hui le plus célèbre café de Cracovie.

Dans le prolongement du musée des Princes Czartoryski, à l’angle des rues Marka et Jana, se dresse l’église de la Sainte Transfiguration, fondée au XVIIe siècle par l’ordre des Piaristes. Pas grand-chose à en dire en fait. D’autant que son accès est lui aussi fermé au public… Ça doit être la mode à Cracovie !

Bon rien d’exceptionnel pour l’instant, sinon le baroque d’Europe centrale poussé à son paroxysme.

Plus loin, légèrement excentré et en dehors du Planty, petit détour par l’église des Carmes. L’occasion de croiser la route du tramway local.

C’est ici que l’ancien couvent de l’ordre des Carmélites abritait les nonnes.

À l’intérieur, le baroque oriental s’exprime pleinement, mélange de sobriété et de dorures.

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