You are currently viewing Désert de Tatacoa, vue magique à l’heure dorée

Désert de Tatacoa, vue magique à l’heure dorée

Désert de Tatacoa, vue magique à l'heure dorée

Vendredi 6 juillet. Près de 8 heures de route pour arriver jusqu’au désert du Tatacoa, l’étape la plus attendue de tout mon voyage en Colombie, amoureux de la nature que je suis. Trajet San Agustín, Pasto, Neiva, Tatacoa desierto… Ouf !

Journée de calvaire. Après deux heures de route, la faim me creuse et je décide de terminer les crèmes au caramel que j’avais acheté deux jours pus tôt en gare d’Otavalo, Équateur. Très mauvaise pioche. Conservées à température ambiante, mes crèmes ont pris un vilain coup de chaud. À peine une heure après les avoir avalées, me voilà malade comme un chien. L’enfer.
Après Léa, qui avait été malade au moment de faire le trajet Latacunga-Cuenca, c’est à mon tour de me vider les tripes. Impossible de ne pas vomir… Heureusement, je suis paré en sacs plastiques. Mais notre chauffeur comprend bien vite la situation et effectue plusieurs arrêts sur le chemin.

Vers 15 heures, le mal commence enfin à s’atténuer. Passé Neiva, il a complètement disparu. Les premiers contreforts du désert de Tatacoa apparaissent derrière la fenêtre de la buseta. Territoire aride et vallonné, jalonné de milliers de monticules de terre rouge, buissons épars et cactus de petites tailles.

À mesure que nous avançons sur la route qui sépare Neiva de Villavieja, la dernière petite localité avant l’entrée du désert, le paysage devient de plus en plus aride.

Enfin, nous arrivons à Villavieja. À peine 7.000 habitants. Et pourtant, elle est l’une des toutes premières cités à avoir été fondée par les Conquistadors espagnols, aux environs de 1550. Pas le temps d’y rester pour autant. Avec mes vomissements, nous avons pris plus d’une heure de retard sur un trajet qui, par nature, prend toujours du retard. La Colombie, en somme. Du coup, on file directement dans le désert, direction notre hôtel planté en plein milieu de nulle-part : la Villa de Marquez, idéal pour profiter à plein de la nature et de tout ce qu’elle a à nous offrir.

Le temps de déposer nos affaires dans la chambre plus que rudimentaire (pas de prise de courant et encore moins d’eau chaude, mais bon… On est dans le désert oui ou non ?), et on part à la découverte de l’environnement immédiat de notre pied à terre. Nul besoin d’aller très loin. Il suffit de faire 100 mètres à pied pour se retrouver en plein désert. Le ciel chargé et rempli de nuances de gris et de bleu tranche avec merveille avec le sol dénudé du désert irradié par la lumière du soleil couchant. Sublime. Chaque butte de sable prend un relief incroyable. Le must pour un photographe amateur.

Du coup, je profite de cette lumière incroyable et du contraste saisissant entre le sol aride parsemé de broussaille et d’arbustes nains et le ciel menaçant pour réaliser toute une série de clichés. Je suis aux anges. Ma journée vire brusquement du cauchemar à l’enchantement béat. Quelle chance j’ai d’être ici. Mon voyage aux antipodes prend ici tout son sens. Dépaysement garanti.

À deux pas de là, je suis surpris par la présence de troupeaux de chèvres sauvages. Ici, tout n’est que féerie et le mot liberté prend tout son sens.

Difficile d’attendre mieux pour cette soirée. La lumière est divine, le soleil de la fin d’après-midi distille une merveilleuse nappe blonde sur le sol, les cactus sont d’une beauté sans nom, des brebis allongent leur silhouette sur la poussière et le ciel se charge de toutes les nuances de bleu et de gris. Sublime.

Ici, on est à mille lieues de l’image que chacun se fait de la Colombie, de ses montagnes andines, de ses forêts tropicales, de l’Amazonie ou de ses plages de Caraïbes. Ici, on est en plein désert. Inouï.

Le site est tout simplement exceptionnel, encadré qu’il est par les cordillères centrale et orientale, qui font office de boucliers anti-nuages tout au long de l’année… Sauf aujourd’hui apparemment ! Avec ce ciel chargé, je me doute que la soirée d’observation des étoiles est râpée pour cette nuit.

Qu’importe, cette soirée va justement me permettre de faire des repérages pour ma session photos de nuit que je prévoie de faire ce soir ou demain soir. Je cherchais des cactus pour premiers plans, du coup, je suis servi !

Il n’y a pas à dire, le meilleur moment pour photographier le désert reste la fin de la journée. La lumière dorée du soleil conjuguée au sol rouge, au vert des cactus, créé une composition unique, d’une beauté à couper le souffle.

Ces cactus seront parfaits pour la composition que je souhaite faire quand le ciel nocturne voudra bien se dégager un peu et faire apparaître au-dessus du désert la voûte céleste. Je ne le sais pas encore, mais je devrais encore attendre demain soir…

Enfin, voici le moment tant attendu… Le coucher du soleil sur le désert du Tatacoa.

La lumière du soleil couchant vient frapper de plein fouet les silhouettes des cactus. On dirait que tout le désert s’embrase.

Au sol, le rouge disparaît pour épouser la couleur verte des cactus et des broussailles.

Les silhouettes s’allongent démesurément. Le ciel, au-dessus, se déchire. De larges pans de ciel bleu apparaissent, tandis que les nuages se disloquent. C’est beau à couper le souffle.

C’est tellement beau qu’on se croirait subitement transporté dans un de ces couchers de soleil dont seul le grand John Ford avait le secret.

Je vais rester là de longues minutes encore à attendre que la nuit tombe. Mais le ciel n’est pas suffisamment ouvert pour me permettre de réaliser des photos étoilées. Demain, j’espère, je reviendrai ici, au milieu des cactus géants.

Laisser un commentaire