Parque nacional Soberania, El camino de la Plantacion
Jeudi 11 juillet. En cette fin de voyage, je veux faire la part belle à la nature. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai voulu au départ faire étape au Panama. À 25 km de la ciudad de Panama se trouve un des plus beaux parcs du pays : le Parque nacional de Soberania.
Le parc national de Soberanía propose trois sentiers exceptionnels : le chemin du pipeline, le chemin de la plantation et le sentier El Charco.
Le chemin Pipeline, connu par les biologistes sous le nom de Pipeline Road, est idéal pour une promenade. Situé au bout de la ville de Gamboa, il offre une grande diversité. Singes hurleurs, trophées, toucans, morpho-papillons sont des habitués de cet endroit.
Toutefois, trop éloigné de la ciudad de Panama, ce n’est pas celui que je vais choisir… à mon grand regret ! Car, en me levant trop tard, je ne vais pas voir grand-chose de la faune abritée habituellement par El Camino de la Plantacion, le chemin que j’ai choisi de faire aujourd’hui. Dommage.
El Camino de la Plantacion offre un chemin avec quelques inclinaisons, mais une promenade facile, a une longueur de 6,5 km. L’aller-retour est de 13 km. Le long du chemin, on peut trouver des restes de cacaoyers, de caoutchouc et de caféiers.
Le parc est populaire auprès des ornithologues en raison de son abondance d’espèces d’oiseaux. Quelque 525 espèces d’oiseaux se trouvent ici. J’en verrai quelques-uns comme celui-ci, mais vraiment loin de ce que j’espérai en entreprenant la promenade. La vérité, c’est que quel que soit le pays où l’on se trouve, en France, au Panama ou en plein milieu de la savane africaine, l’observation de la faune se fait au lever du soleil et aux dernières heures du jour.
Établi comme un parc national en 1980, le parc couvre 55.000 acres (220 km²). La rivière Chagres traverse le parc.
Sur le chemin de la plantation, on trouve surtout une très grande diversité d’arbres, dont quelques surprises comme ce cacaoyer redevenu sauvage qui porte une magnifique calebasse.
La grande diversité de la flore et de la faune du parc est complétée par la valeur historique et culturelle de la conservation du Camino Real de Cruces, qui traverse les parcs Est et Ouest. Ce chemin était utilisé à l’époque coloniale pour transporter des marchandises et des trésors du Pérou, de Basse Californie et du Chili. C’était un moyen de communication qui reliait l’Atlantique au Pacifique, par un chemin étroit et constitué de pierres de différentes tailles.
Le chemin de la plantation tire son nom d’une ferme de bananes et de cacao exploitée par le gouvernement des États-Unis pendant plus d’un siècle, ferme aujourd’hui abandonnée.
Avec 105 espèces de mammifères, 525 espèces d’oiseaux, 79 de reptiles, 55 amphibiens et 36 espèces de poissons d’eau douce, le parc de la Soberania est un refuge important pour la faune de l’Amérique centrale.
En m’enfonçant dans la forêt tropicale du parque nacional de la Soberania, je vais rapidement comprendre qu’il va m’être très difficile d’apercevoir la faune qui vit au milieu de cet écosystème protégé.
Pour plusieurs raisons. D’abord parce que je me suis levé trop tard. La faune est vraiment visible aux premières heures du jour. Comme pour la photographie, il faut se lever tôt pour apercevoir les paresseux et autres singes hurleurs. Quand viennent les heures chaudes, la plupart des animaux se terrent dans les endroits ombragés et n’en bougent pas jusqu’au soir.
Ensuite, j’ai pris la décision de partir seul sur le sentier du Camino de la Plantacion. La présence d’un guide, surtout dans les forêts denses, est plus que conseillée pour espérer apercevoir la faune. Il faut avoir des yeux experts que je ne possède pas. Tant pis pour moi. D’autant que je vais croiser un groupe d’Américains conduits par un guide qui ont eu la chance d’apercevoir pas mal d’animaux. La poisse.
Enfin, à la lecture des commentaires, il apparaît que « Pipeline Road » semble plus approprié à la découverte de la faune que le « Camino de la Plantacion ». Au final, je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même. La prochaine fois, je sais ce que j’aurai à faire. Me lever tôt en toutes circonstances, donc me coucher plus tôt, et mieux choisir mes excursions. À méditer pour l’avenir.
En attendant, je me délecte de la flore que je peux découvrir au fil du chemin. Les arbres et les plantes sont si nombreux, si différents, qu’il me serait impossible d’en faire le moindre inventaire. Au loin, j’entends parfois les cris des singes hurleurs qui défendent leur territoire contre les importuns. Dieu merci, j’ai pu les voir, il y a quelques années de ça, dans la forêt guatémaltèque.
Toutefois ce sont les oiseaux qui sont les plus nombreux dans ce parc. Sur « Pipeline Road », la Société Audubon Panama qui mène un recensement annuel atteint chaque année des records du monde, recensement qui culmina en 1996 avec 525 espèces d’oiseaux identifiées en un seul jour.
La présence de l’eau, omniprésente dans le parc grâce au passage de la rivière Chagrès, n’y est pas étrangère. La densité de la flore non plus. Sa variété, n’en parlons pas !
Il suffit parfois de s’arrêter un instant, de tendre l’oreille, pour entendre le chant continu et varié des oiseaux qui peuplent les arbres de cette forêt tropicale.
Le parc national de Soberanía fait partie du couloir biologique des zones protégées de la partie est du canal de Panama, qui comprend également le parc naturel métropolitain, le parc national Camino de Cruces et le lac Gatun.
Je poursuis mon exploration du parque Soberania. À l’affût de chaque bruissement, chaque mouvement des feuilles des arbres, chaque piaillement qui surgit du cœur de la forêt tropicale. En quête des animaux de la jungle. Mais c’est peine perdue.
Des animaux, je ne verrai que furtivement un ou deux lézards, quelques oiseaux, des papillons et rien de plus. Rien à faire, l’observation de la faune appartient à ceux qui se lèvent tôt.
En contrebas, entre l’entrelacs des arbres tropicaux, je peux contempler le cours tumultueux de la rivière Chagres.
Je pourrais décider de dévaler la pente pour m’approcher au plus près de la rivière et faire de jolies photos, mais la ravine est des plus glissantes, gorgée de boue. Les fourrés sont épais et peuvent cacher des serpents venimeux sous les feuilles.
Quant à se rattraper aux branches, il faut faire très attention. Certaines peuvent aussi abriter des serpents. Du coup, je vais suivre la règle d’or : ne pas quitter le sentier et ne jamais s’aventurer seul en plein cœur de la forêt tropicale.
Du coup, je vais surtout profiter de mon excursion à travers le camino de la Plantacion pour m’étonner de la richesse des plantes et des arbres qui peuplent la forêt. Quelle variété ! C’est tout simplement inouï !
Il existe des dizaines et des dizaines de variétés différentes de fougères, de palmiers, d’arbres tropicaux qui poussent là en toute liberté où la seule règle qui vaut est la lutte des espèces pour survivre, parfois se frayer un chemin jusqu’à la lumière du soleil pour se livrer à la photosynthèse.
L’épaisseur de cette jungle est inouïe. S’enfoncer seul dans cette nature sauvage serait tout bonnement suicidaire. Car comment retrouver son chemin dans un environnement où chaque mètre carré de la forêt diffère, surprend, cache, se protège et dissimule ?
Et au milieu de cette jungle épaisse, on peut imaginer la richesse des écosystèmes qui se développent dans chaque coin de cette forêt. On comprend mieux alors à quel point les forêts tropicales sont en effet des pièges à carbone, comme l’Amazonie ou les jungles d’Indonésie. Les préserver, c’est préserver la vie.
Mon excursion sur le camino de la Plantacion durera plus de quatre heures. Suffisant pour les 13 km aller et retour du sentier. Une expérience vraiment unique… et au final, à bien y réfléchir, une première pour moi. Je ne me souviens pas de m’être un jour enfoncé si loin au cœur de la forêt tropicale.
Ni au Brésil, ni au Guatemala, ni même en Indonésie. C’est bien une première. Et à la lumière de cette expérience, je comprends toutes les difficultés auxquelles les hommes sont confrontés en travaillant dans les jungles tropicales. Il règne une chaleur et une humidité très désagréable. Marcher dans ces conditions est rapidement rendu difficile. Mais le paysage en vaut vraiment le coup. On se sent si petit, si insignifiant face à la nature sauvage, face à cette exubérance de vie et de couleurs.
Mais la récompense ce sont aussi ces petits moments de bonheur, la vision de ces papillons magnifiques qui peuplent les forêts tropicales. Bleu, noir, jaune, il en existe de toutes les couleurs.
Et parmi tous les papillons que l’on peut croiser au Panama, il en est une qui surpasse tous les autres par sa beauté et son envergure : le Morpho menelaus.
Le Morpho bleu est un très grand papillon, d’une envergure d’environ 138 mm au bord externe des ailes antérieures concave avec le dessus des ailes de couleur bleu avec des reflets métalliques. Le revers est marron avec une ligne de gros ocelles à la base de l’aire postdiscale.
Et bien évidemment, l’abondance d’insectes présents au cœur de la forêt tropicale du Panama favorise la diversité et l’abondance des oiseaux.
Le Parque nacional de la Soberania ne compte pas moins de 525 espèces d’oiseaux différents. Un record mondial pour une si petite forêt.
Comme sur cette photo, on peut voir que les oiseaux raffolent des insectes, et des fourmis en particulier.
Au sol, ce sont les lézards et les serpents qui règnent en maître…