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Schloss Hohenzollern, le berceau de la dynastie des rois de Prusse

Schloss Hohenzollern, le berceau de la dynastie des rois de Prusse

Samedi 15 juillet. Après une bonne petite nuit passée dans un hôtel pour motard de la route 66 allemande (la route 27… Il faut le voir pour le croire !), au Steakhouse 27, je file à une dizaine de kilomètres de là vers le château de Hohenzollern. Un château tout aussi mythique pour les amateurs de dynasties royales, puisqu’il est le fief historique de la famille Hohenzollern la bien nommée, qui n’est autre que la lignée des rois de Prusse.

Le château est situé au sommet du mont Hohenzollern à une altitude de 855 mètres, à proximité de Bisingen, au pied du Jura souabe. Il a été construit dans la première partie du XIe siècle. Et pour accéder au site, il n’y a pas 36 solutions. Soit on grimpe la fameuse colline à pied… Soit on prend la petite navette payante qui nous dépose au pied du château. Pour moi, ce sera la seconde option.

Une fois là-haut, c’est une impressionnante forteresse que l’on découvre. En clair, Hohenzollern fait tout aussi romantique que les châteaux de Louis II de Bavière, avec l’histoire et la patine du temps en plus. Et pour cause, après une première destruction en 1423, le château a été reconstruit de 1454 à 1461 et a servi de refuge pour les Hohenzollern souabes catholiques en temps de guerre, y compris pendant la guerre de Trente Ans.

Une chose est sûre, après la destruction du château, les Hohenzollern avaient décidé de construire dans du solide, vu l’épaisseur des murs, la rondeur des remparts et l’accès en colimaçon aux défenses. Pour ce qui est du château en lui-même, celui-ci est le fruit d’une troisième restauration, plus récente celle-là, qui date du XIXe siècle, quand les Hohenzollern décidèrent de réinvestir les lieux. Le château n’était alors qu’une simple ruine.

Aujourd’hui, le château de Hohenzollern est toujours une propriété privée. Les deux-tiers du château appartiennent à la lignée de Brandebourg-Prusse des Hohenzollern, tandis qu’un tiers est propriété de la ligne souabe de la famille.

Une fois arrivé devant la porte du château, impossible de ne pas jeter un coup d’œil sur l’extraordinaire panorama qu’offre la colline de Hohenzollern gardée des statues de chevaliers prussiens.

Depuis le sommet de la colline, on peut alors se rendre compte de l’extraordinaire ingénierie des remparts du château qui furent réhabilités au XIXe siècle. Cet accès en colimaçon devait sans doute permettre de mieux défendre l’accès.

Le temps de passer la porte principale du château et me voici en plein cœur de la cour du château. Un seul mot me vient à l’esprit… Impressionnant ! Construit dans la même veine que Neuschwanstein, mais sans tout le tralala. Du coup, tout sonne ici beaucoup plus authentique. En clair, on est moins à Disneyland !

Immédiatement à droite de l’entrée, impossible de résister plus longtemps à l’envie de découvrir l’ancienne chapelle médiévale, seul vestige du château d’origine. Et je ne suis pas déçu : les plafonds sur fond bleu parsemés d’étoiles et de constellations astrologiques sont d’une grande beauté. Idem pour les vitraux et les quelques peintures qui la décorent.

Cette chapelle Saint-Michel, toute faite de simplicité et de goût artistique tranche vraiment avec le style néogothique de la restauration extérieure. Ses vitraux sont les plus vieux d’Allemagne.

Passé ce moment d’émotion, retour dans la cour du château. Lorsque le prince héritier de Prusse, alors âgé de 24 ans, visita par un soir d’été de 1819 les murailles en ruines ayant appartenu à ses ancêtres, elles suscitèrent en lui l’envie de les reconstruire. Le futur roi Frédéric Guillaume IV était un homme d’esprit, entreprenant et amateur de beaux-arts. Il éprouvait un attrait à la fois poétique et sentimental pour le Moyen-Âge, ce qui l’incita à confier la reconstruction du château au grand architecte berlinois Friedrich Augsut Stüler.

Légèrement en retrait, la statue de l’empereur dominant un des canons d’apparat trônant dans l’angle de la cour donne une belle perspective sur les nombreuses tourelles du château.

C’est clair, orné de tourelles et créneaux, le château des Hohenzollern vaut vraiment le détour.

Avant de visiter les pièces principales du château, impossible de résister à l’envie de lancer mon regard au loin, sur ce vaste panorama que domine la colline fortifiée.

Une fois le tour de la cour fait, je pique à gauche vers une minuscule petite chapelle aux plafonds soutenus par de magnifiques entrelacs de voûtes. Tout simplement superbe. Au centre, une statue de Saint-George terrassant le dragon est censée impressionner le visiteur.

À moins que ce ne soit Saint-Michel ? Serait-ce alors elle la fameuse chapelle primitive datant du Moyen Âge et de la deuxième mouture du château ? La vérité, c’est que je n’en sais fichtrement rien ! Mais à bien y regarder de plus près, l’ensemble me fait plus penser à du roman tardif qu’au néogothique du XIXe siècle.

Bon, du coup, je ressors quelque peu embêté de la petite chapelle pour me retrouver une nouvelle fois dans la cour. Face à moi, l’entrée des appartements royaux de la dynastie des Hohenzollern.

Photos interdites me fait remarquer la guide qui m’accueille à l’entrée. Trop tard pour celle-ci qui donne un aperçu de la très belle collection d’armures et d’armes anciennes de Frédéric-Guillaume de Prusse. Une fois encore, je reconnais bien là la fâcheuse manie des grands de ce monde de collectionner la petite panoplie du parfait petit tueur.

Le château compte 140 pièces parmi lesquelles la bibliothèque aux murs ornés de fresques, la chambre à coucher du roi, une pièce consacrée à l’arbre généalogique et le « Salon bleu » dont j’ai réussi à voler une photo. C’est une pièce somptueuse au plafond à caissons et parquets en marqueterie, ornée des portraits de souveraines de Prusse.

Des « memorabilia » de Prusse sont exposées dans le Trésor, en particulier la couronne de l’empereur Guillaume II ainsi que son sceptre. Les murs du hall d’entrée sont ornés d’un arbre généalogique des Hohenzollern. Il porte toutes les lignées des rois de Prusse, des empereurs allemands et leurs descendants, jusqu’à l’époque actuelle.

Impossible de quitter le château de Hohenzollern sans faire un petit tour du propriétaire. Du coup, me voici en route pour faire le tour des remparts. Pour l’occasion, je ne suis pas seul. Tous les rois de Prusse de la dynastie des Hohenzollern sont là pour garder leur fief.

Toutes les lignées des rois de Prusse et des empereurs allemands se sont donné rendez-vous ici, au pied de la forteresse. Du coup, impossible de résister à l’envie de chausser mon 35 mm et de tenter quelques jolies perspectives.

Et c’est une collection impressionnante de souverains qui m’attend au pied de ces remparts. Leur regard porte loin, au-delà des vastes plaines fertiles du pays.

Le panorama qui s’ouvre depuis le sommet de la colline de Hohenzollern est grandiose. Les montagnes des Alpes du nord ont cédé la place aux plaines du Bade-Wurtemberg.

Bientôt midi, il est grand temps pour moi de quitter le château et de redescendre la colline. Et cette fois-ci, pas de navette pour faire le chemin à ma place. Mais la descente reste quand même moins éprouvante que la montée. Tiens, en voilà un qui ne me semble pas trop fatigué ! Quelqu’un peut-il lui dire que les guerres napoléoniennes contre les Prussiens sont depuis belle lurette terminées ?

Avant de quitter le château, je jette un dernier regard sur l’enceinte fortifiée dominée par les deux statues de chevaliers prussiens.

Je regagne ma voiture. En chemin, impossible de ne pas s’arrêter un instant pour prendre une photo du château depuis le bas de la colline.

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