Pourquoi visiter le château de Hohenzollern ?
Un sanctuaire de l’histoire allemande
Perché sur son éperon rocheux du Jura souabe, le château de Hohenzollern est bien plus qu’un simple monument, c’est le berceau spirituel et dynastique de la maison qui a façonné l’Allemagne. Dès l’aube du XIe siècle, les comtes de Zollern y établirent leur fief, avant que la famille ne donne naissance aux rois de Prusse et aux empereurs allemands. Le château actuel, érigé entre 1846 et 1867 par le roi Frédéric-Guillaume IV, fut conçu comme un mémorial familial célébrant la puissance et la longévité des Hohenzollern. Aujourd’hui propriété privée de la famille princière, il demeure un lieu vivant de mémoire, où chaque pierre raconte l’épopée d’une dynastie qui a marqué le destin de l’Europe.
Un joyau de l’architecture néogothique
Dominant la vallée depuis ses 855 mètres d’altitude, le château impressionne par sa silhouette féerique qui semble tout droit sortie d’un conte. Son architecte, Friedrich August Stüler, s’inspira des châteaux de la Loire et du gothique anglais pour créer un édifice romantique, orné de tourelles et de créneaux. Les 140 pièces intérieures recèlent des merveilles d’art et d’artisanat, comme la bibliothèque aux murs couverts de fresques monumentales, la chambre du roi, ou le somptueux « salon bleu » de la reine avec son plafond à caissons et ses parquets en marqueterie. Chaque détail témoigne du goût raffiné du monarque pour le Moyen Âge et du faste de la cour prussienne.
Un musée impérial
En pénétrant dans les salles du château, le visiteur entre dans un véritable sanctuaire de l’histoire allemande. Le trésor expose la couronne royale de Prusse, sertie de 142 diamants, ainsi que les effets personnels de Frédéric le Grand et une précieuse lettre de George Washington. La salle de l’arbre généalogique retrace les mille ans de la lignée, tandis que la chapelle médiévale, seul vestige des édifices antérieurs, conserve l’âme des premiers seigneurs. Ces collections uniques plongent le visiteur dans l’intimité des souverains, des rois de Prusse aux empereurs d’Allemagne, et lui font toucher du doigt la grandeur et les vicissitudes d’une maison qui a régné sur l’Europe.
Un panorama spectaculaire sur la Forêt-Noire
Dominant les contreforts du Jura souabe, le château offre l’un des plus beaux points de vue d’Allemagne. Par temps clair, le regard embrasse à 360 degrés les collines boisées de la Forêt-Noire, les vallées verdoyantes et les villages pittoresques de la région. L’empereur Guillaume II lui-même affirmait que « la vue depuis le château de Hohenzollern vaut vraiment un long voyage ». Que l’on contemple le lever du soleil sur les tours, que l’on admire les nuances changeantes de l’automne, ou que l’on profite d’une envolée de neige en hiver, le paysage ne cesse de se renouveler, transformant la visite en une expérience à la fois historique et sensorielle, où l’art et la nature se répondent dans une harmonie parfaite.
Comment visiter le château de Hohenzollern ?
Accès et transports pour rejoindre le château
Le château de Hohenzollern est situé à 855 mètres d’altitude sur le Zollerberg, près de la ville de Hechingen dans le Bade‑Wurtemberg. En voiture, depuis l’autoroute A81, prenez la sortie Empfingen puis suivez la B463 en direction de Balingen, puis la B27 jusqu’à Hechingen où les panneaux « Burg Hohenzollern » vous guident jusqu’au parking. Le stationnement est compris dans le billet d’entrée pour les voitures et motos, les camping‑cars doivent s’acquitter d’un supplément de 5 € par jour. Depuis le parking, vous pouvez emprunter la navette gratuite (toutes les quinze minutes) ou gravir à pied le sentier pentu d’environ 25 minutes jusqu’à l’entrée. Si vous voyagez en train, descendez à la gare de Hechingen, puis prenez la ligne de bus 306 (les horaires saisonniers sont disponibles sur le site du château) qui vous dépose directement au parking.
Horaires d’ouverture selon la saison
Les horaires varient selon les périodes de l’année. En saison estivale, du 28 mars au 1er novembre 2026, le château est ouvert tous les jours de 10h00 à 18h30 pour le complexe extérieur, les salles du musée fermant à 18h00, avec une dernière admission à 17h00 pour l’ensemble du site et à 17h30 pour les salles. Pendant la basse saison (1er février – 27 mars 2026), l’accès est plus restreint : du lundi au vendredi, seuls le complexe extérieur, la boutique et le restaurant sont ouverts de 11h00 à 17h30, les salles du musée étant fermées pour travaux ; les samedis et dimanches, tout est accessible de 11h00 à 17h30. Enfin, le château ferme complètement pendant la période hivernale (du 7 janvier au 31 janvier) ainsi que pour certains événements internes – pensez à consulter le calendrier officiel avant votre départ.
Tarifs 2026 : billets incluant parking et navette
Les prix d’entrée comprennent déjà les frais de stationnement et la navette depuis le parking. En été (28 mars – 1er novembre 2026), le tarif adulte est de 26 € en réservation en ligne et de 29 € sur place ; le tarif réduit (élèves, étudiants, personnes handicapées) s’élève à 16 € en ligne et 19 € sur place ; les enfants de 4 à 11 ans paient 6 € (en ligne) ou 9 € (sur place) ; les tout‑petits de 0 à 3 ans acquittent 1 €. Pendant la période de transition (1er février – 27 mars 2026), les prix sont légèrement inférieurs pour compenser la fermeture partielle des salles : comptez 14 € (adulte en ligne) ou 17 € (sur place) pour le week‑end, et seulement 6 € en semaine lorsque les salles sont fermées. Les billets en ligne, obligatoires pour certaines périodes, sont moins chers et garantissent votre créneau horaire.
Conseils pratiques
La réservation en ligne est vivement recommandée, surtout en haute saison, car le nombre de billets disponibles sur place est limité. Lorsque vous réservez, vous choisissez une plage d’entrée d’une heure ; une fois à l’intérieur, vous pouvez rester aussi longtemps que vous le souhaitez.
Schloss Hohenzollern, le berceau de la dynastie des rois de Prusse
Samedi 15 juillet. Après une bonne petite nuit passée dans un hôtel pour motard de la route 66 allemande (la route 27… Il faut le voir pour le croire !), au Steakhouse 27, je file à une dizaine de kilomètres de là vers le château de Hohenzollern. Un château tout aussi mythique pour les amateurs de dynasties royales, puisqu’il est le fief historique de la famille Hohenzollern la bien nommée, qui n’est autre que la lignée des rois de Prusse.
Le château est situé au sommet du mont Hohenzollern à une altitude de 855 mètres, à proximité de Bisingen, au pied du Jura souabe. Il a été construit dans la première partie du XIe siècle. Et pour accéder au site, il n’y a pas 36 solutions. Soit on grimpe la fameuse colline à pied… Soit on prend la petite navette payante qui nous dépose au pied du château. Pour moi, ce sera la seconde option.
Une fois là-haut, c’est une impressionnante forteresse que l’on découvre. En clair, Hohenzollern fait tout aussi romantique que les châteaux de Louis II de Bavière, avec l’histoire et la patine du temps en plus. Et pour cause, après une première destruction en 1423, le château a été reconstruit de 1454 à 1461 et a servi de refuge pour les Hohenzollern souabes catholiques en temps de guerre, y compris pendant la guerre de Trente Ans.
Une chose est sûre, après la destruction du château, les Hohenzollern avaient décidé de construire dans du solide, vu l’épaisseur des murs, la rondeur des remparts et l’accès en colimaçon aux défenses. Pour ce qui est du château en lui-même, celui-ci est le fruit d’une troisième restauration, plus récente celle-là, qui date du XIXe siècle, quand les Hohenzollern décidèrent de réinvestir les lieux. Le château n’était alors qu’une simple ruine.
Aujourd’hui, le château de Hohenzollern est toujours une propriété privée. Les deux-tiers du château appartiennent à la lignée de Brandebourg-Prusse des Hohenzollern, tandis qu’un tiers est propriété de la ligne souabe de la famille.
Une fois arrivé devant la porte du château, impossible de ne pas jeter un coup d’œil sur l’extraordinaire panorama qu’offre la colline de Hohenzollern gardée des statues de chevaliers prussiens.
Depuis le sommet de la colline, on peut alors se rendre compte de l’extraordinaire ingénierie des remparts du château qui furent réhabilités au XIXe siècle. Cet accès en colimaçon devait sans doute permettre de mieux défendre l’accès.
Le temps de passer la porte principale du château et me voici en plein cœur de la cour du château. Un seul mot me vient à l’esprit… Impressionnant ! Construit dans la même veine que Neuschwanstein, mais sans tout le tralala. Du coup, tout sonne ici beaucoup plus authentique. En clair, on est moins à Disneyland !
Immédiatement à droite de l’entrée, impossible de résister plus longtemps à l’envie de découvrir l’ancienne chapelle médiévale, seul vestige du château d’origine. Et je ne suis pas déçu : les plafonds sur fond bleu parsemés d’étoiles et de constellations astrologiques sont d’une grande beauté. Idem pour les vitraux et les quelques peintures qui la décorent.
Cette chapelle Saint-Michel, toute faite de simplicité et de goût artistique tranche vraiment avec le style néogothique de la restauration extérieure. Ses vitraux sont les plus vieux d’Allemagne.
Passé ce moment d’émotion, retour dans la cour du château. Lorsque le prince héritier de Prusse, alors âgé de 24 ans, visita par un soir d’été de 1819 les murailles en ruines ayant appartenu à ses ancêtres, elles suscitèrent en lui l’envie de les reconstruire. Le futur roi Frédéric Guillaume IV était un homme d’esprit, entreprenant et amateur de beaux-arts. Il éprouvait un attrait à la fois poétique et sentimental pour le Moyen-Âge, ce qui l’incita à confier la reconstruction du château au grand architecte berlinois Friedrich Augsut Stüler.
Légèrement en retrait, la statue de l’empereur dominant un des canons d’apparat trônant dans l’angle de la cour donne une belle perspective sur les nombreuses tourelles du château.
C’est clair, orné de tourelles et créneaux, le château des Hohenzollern vaut vraiment le détour.
Avant de visiter les pièces principales du château, impossible de résister à l’envie de lancer mon regard au loin, sur ce vaste panorama que domine la colline fortifiée.
Une fois le tour de la cour fait, je pique à gauche vers une minuscule petite chapelle aux plafonds soutenus par de magnifiques entrelacs de voûtes. Tout simplement superbe. Au centre, une statue de Saint-George terrassant le dragon est censée impressionner le visiteur.
À moins que ce ne soit Saint-Michel ? Serait-ce alors elle la fameuse chapelle primitive datant du Moyen Âge et de la deuxième mouture du château ? La vérité, c’est que je n’en sais fichtrement rien ! Mais à bien y regarder de plus près, l’ensemble me fait plus penser à du roman tardif qu’au néogothique du XIXe siècle.
Bon, du coup, je ressors quelque peu embêté de la petite chapelle pour me retrouver une nouvelle fois dans la cour. Face à moi, l’entrée des appartements royaux de la dynastie des Hohenzollern.
Photos interdites me fait remarquer la guide qui m’accueille à l’entrée. Trop tard pour celle-ci qui donne un aperçu de la très belle collection d’armures et d’armes anciennes de Frédéric-Guillaume de Prusse. Une fois encore, je reconnais bien là la fâcheuse manie des grands de ce monde de collectionner la petite panoplie du parfait petit tueur.
Le château compte 140 pièces parmi lesquelles la bibliothèque aux murs ornés de fresques, la chambre à coucher du roi, une pièce consacrée à l’arbre généalogique et le « Salon bleu » dont j’ai réussi à voler une photo. C’est une pièce somptueuse au plafond à caissons et parquets en marqueterie, ornée des portraits de souveraines de Prusse.
Des « memorabilia » de Prusse sont exposées dans le Trésor, en particulier la couronne de l’empereur Guillaume II ainsi que son sceptre. Les murs du hall d’entrée sont ornés d’un arbre généalogique des Hohenzollern. Il porte toutes les lignées des rois de Prusse, des empereurs allemands et leurs descendants, jusqu’à l’époque actuelle.
Impossible de quitter le château de Hohenzollern sans faire un petit tour du propriétaire. Du coup, me voici en route pour faire le tour des remparts. Pour l’occasion, je ne suis pas seul. Tous les rois de Prusse de la dynastie des Hohenzollern sont là pour garder leur fief.
Toutes les lignées des rois de Prusse et des empereurs allemands se sont donné rendez-vous ici, au pied de la forteresse. Du coup, impossible de résister à l’envie de chausser mon 35 mm et de tenter quelques jolies perspectives.
Et c’est une collection impressionnante de souverains qui m’attend au pied de ces remparts. Leur regard porte loin, au-delà des vastes plaines fertiles du pays.
Le panorama qui s’ouvre depuis le sommet de la colline de Hohenzollern est grandiose. Les montagnes des Alpes du nord ont cédé la place aux plaines du Bade-Wurtemberg.
Bientôt midi, il est grand temps pour moi de quitter le château et de redescendre la colline. Et cette fois-ci, pas de navette pour faire le chemin à ma place. Mais la descente reste quand même moins éprouvante que la montée. Tiens, en voilà un qui ne me semble pas trop fatigué ! Quelqu’un peut-il lui dire que les guerres napoléoniennes contre les Prussiens sont depuis belle lurette terminées ?
Avant de quitter le château, je jette un dernier regard sur l’enceinte fortifiée dominée par les deux statues de chevaliers prussiens.
Je regagne ma voiture. En chemin, impossible de ne pas s’arrêter un instant pour prendre une photo du château depuis le bas de la colline.