Que voir sur la route qui va de Popayan à San Agustin ?
Les merveilles précolombiennes de San Agustín :
San Agustín est la destination incontournable de cet itinéraire. Son parc archéologique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, abrite la plus grande nécropole mégalithique du continent, avec plus de 500 statues monumentales mystérieusement dressées parmi la forêt. Les silhouettes guerrières, les figures mi-humaines mi-animales et les tombes anciennes plongent le visiteur dans l’univers fascinant d’une civilisation disparue. Pour compléter l’expérience, ne manquez pas les sites satellites d’Isnos, comme Alto de los Ídolos ou Alto de las Piedras, qui prolongent l’immersion. L’entrée au parc archéologique principal est d’environ 65 000 COP pour les étrangers (prix 2024), et il est fermé le mardi, à vérifier avant votre départ.
Les hypogées colorés de Tierradentro :
À mi‑chemin entre Popayán et San Agustín, un détour par le parc archéologique national de Tierradentro s’impose. Lui aussi classé à l’UNESCO, il est célèbre pour ses hypogées, des tombes souterraines creusées dans la roche dont les parois sont ornées de magnifiques motifs géométriques en rouge, noir et blanc. Datant du VIe au Xe siècle, ces chambres funéraires offrent un spectacle unique, mêlant art rupestre et architecture. La visite s’effectue généralement lors d’une excursion à la journée au départ de Popayán, un circuit éprouvant (environ 8 heures de route au total) mais très prisé des amateurs d’histoire et de randonnée.
Les paysages grandioses de la route andine :
Le trajet lui‑même est un spectacle. La route sinueuse quitte les hauts plateaux de Popayán pour s’enfoncer dans les contreforts du Massif colombien. Elle serpente entre des montagnes vertigineuses, parfois encore fumantes du volcan Puracé, et traverse de petites communautés rurales où l’on cultive le café. Les panoramas sont époustouflants, avec des canyons profonds, des chutes d’eau et des forêts tropicales. La route n’est pas toujours goudronnée, et il faut prévoir de 4 à 5 heures de bus. La conduite de nuit est déconseillée en raison des virages et de l’absence de visibilité.
Comment aller de Popayan à San Agustin en bus ?
Compagnies, horaires et durée du trajet
La principale compagnie desservant cette liaison est Cootranshuila, qui propose des départs réguliers tout au long de la journée. Les horaires varient et le premier bus part généralement vers 6h00, avec des départs toutes les heures ou toutes les deux heures jusqu’en fin d’après-midi. Le trajet dure entre 3h30 et 4h30, mais la durée peut varier en fonction des conditions de route et des arrêts. Une autre compagnie, Coomotor, propose également des liaisons, souvent en fin de journée ou de nuit, avec une durée parfois plus longue, pouvant atteindre 6h45.
Prix des billets et recommandations
Le prix d’un billet de bus standard auprès de Cootranshuila est généralement d’environ 53 500 COP. Compte tenu des variations possibles, il est conseillé de consulter les tarifs actualisés directement sur les sites des compagnies ou les plateformes de réservation en ligne avant votre départ. Il est recommandé d’acheter vos billets à l’avance, si possible, pour garantir une place, surtout pendant les périodes de haute saison. Notez que les tarifs peuvent augmenter de 15 à 20% en haute saison.
Gares de départ et d’arrivée :
Le point de départ dans la “Ville Blanche” est le Terminal de Transportes de Popayán, situé au sud de la ville. De là, vous pouvez facilement rejoindre le centre historique en taxi ou en bus local. À San Agustín, vous arriverez à la gare routière, qui se trouve à l’écart du centre-ville. Le trajet à pied jusqu’au parc archéologique et aux principaux hôtels dure environ 20 minutes, mais des mototaxis sont disponibles pour faciliter le transport.
Conseils pratiques
Comme le trajet peut être long et les bus parfois frais, il est conseillé d’emporter un pull ou une veste, ainsi que de l’eau et une petite collation pour la route. Pour acheter vos billets, les options incluent l’achat en ligne (plateformes comme redBus), le paiement à bord (accepté sur certains bus locaux), ou l’achat en gare. Les bus sont généralement confortables, avec des sièges inclinables et la climatisation. Le trajet de jour offre de très beaux paysages, mais il est important de rester vigilant(e) avec vos affaires personnelles, comme dans tout transport public.
Sur la route chaotique qui mène à San Agustin
Mercredi 4 juillet. Après cette visite éclair de Popayan, retour à l’hôtel. Le temps d’aller chercher Léa et de trouver un taxi qui veuille bien nous emmener jusqu’à la station de bus centrale (pas si simple pour notre réceptionniste…), et on file à la gare. Une heure d’attente avant de grimper dans une « buseta » affrétée par la compagnie Sotracauca.
Plus de cinq heures de route nous attendent. Enfin, quand je dis de route… Surtout au début du parcours. Une belle occasion d’admirer les pentes du volcan Puracé situé à 58 km de Popayan (un de mes objectifs quand je reviendrai dans la région !). Bref, des paysages magnifiques défilent derrière la fenêtre de notre “buseta”, une dizaine de places maximum.
Très rapidement, la route commence à s’élever. La brume de la forêt tropicale accrochée aux flancs de la cordillère centrale fait son apparition. Au passage, on croise des troupeaux de chevaux.
Après une heure de route, le voyage se complique… Certes, les paysages sont toujours aussi magnifiques, mais la route disparaît pour laisser la place à une piste caillouteuse, creusée de trous et de crevasse qui oblige les conducteurs (ils sont deux, et je commence à comprendre pourquoi !) à une attention de tous les instants. Et pour cause, de l’autre côté de la route, les ravins sont nombreux. Bref, le danger est permanent.
Mis à part la route (ou plutôt la piste !), les paysages sont plutôt sympas. On roule pendant des heures sur un haut plateau qui traverse la Cordillière centrale de part en part. Pour info, il vaut mieux faire le trajet de jour. De nuit, c’est non seulement beaucoup plus dangereux, mais la plupart des voyageurs sont débarqués à environ 5 km du centre-ville de San Agustin… Non, merci. Surtout avec ma fille dans mon sac à dos.
Admirez l’attitude stoïque de ma fille ! Une petite recommandation… Il vaut mieux manger léger avant de s’embarquer dans l’aventure ! Quant aux « baños », pas de problème, on prévient le chauffeur qui nous ouvre tranquillement la porte coulissante de la camionnette et on fait pipi au bord du chemin. L’aventure, c’est l’aventure ! J’adore.
Enfin, on arrive au sommet du plateau. La forêt tropicale émerge de la brume. Les paysages sont à couper le souffle.
Encore une heure de route avant d’arriver à San Agustin. Pas question de manquer l’arrêt… Sinon, on sera bon pour descendre à Pitalito !
Après une longue journée de bus, nous voici donc arrivés à San Agustin. Autant le dire tout de suite… Vidés ! Cela fait presque trois jours que nous ne faisons que du bus depuis que nous avons quitté Puerto Lopez, sur la côte pacifique de l’Équateur. Et soudain, voir le petit paradis de verdure dans lequel nous avons atterri ce soir nous remplit de bonheur. Nous allons enfin pouvoir recharger les batteries. Quelle aventure !
Cerise sur le gâteau, notre habitation est tout simplement géniale. Un petit appartement pour nous tout seul. À peine débarqués du bus de Popayan, nous avons grimpé dans un taxi qui nous a emmenés là : hôtel Valladollyd. Un vrai petit paradis.
En plus de ça, les gérants de l’hôtel sont tout simplement adorables. Ils m’offrent un café et me permettent de le prendre à la terrasse de ma chambre. Pour la première fois depuis trois jours, je peux enfin souffler… Ouf ! Nous sommes arrivés à bon port ! C’est dingue, mais c’est seulement maintenant que je me rends compte que nous sommes arrivés en Colombie.
Après ces trois jours de mauvais sommeil, de malbouffe, de galères, de rebondissements, d’angoisse de manquer un bus… Bref, après ces trois jours d’aventure, chose promise, chose due, nous allons manger dans un bon restaurant ! Ça tombe bien, les meilleurs restaurants de San Agustin se trouvent justement de l’autre côté de la route. Vamos Léa ! Vamos !