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Vallée de Katmandou, le sanctuaire sacré de Pashupatinath

Pourquoi visiter le sanctuaire sacré de Pashupatinath ?

Le siège du seigneur des créatures, un sanctuaire millénaire

Pashupatinath est bien plus qu’un simple temple, c’est le sanctuaire hindou le plus sacré du Népal, consacré à Shiva sous son aspect de Pashupati, le “seigneur des créatures” ou “protecteur des êtres enchaînés”. Ce site, dont les origines légendaires remontent peut-être au premier siècle de notre ère, est considéré comme la demeure du dieu national du Népal et attire des pèlerins de toute l’Inde et de l’Himalaya depuis plus de deux millénaires. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979, ce vaste complexe de plus de cinq cents temples, ashrams et monuments est un lieu où la ferveur populaire s’exprime avec une intensité rare, une expérience spirituelle unique qui plonge le visiteur au cœur de l’hindouisme vivant.

Un chef-d’œuvre architectural au bord de la Bagmati

Le temple principal, avec sa structure à deux toits recouverts de feuilles d’or et ses portes d’argent, domine le paysage sacré de la rivière Bagmati. À l’intérieur de la cour fortifiée, gardée par l’armée népalaise, se trouve l’idole de Shiva, un lingam à cinq visages tournés vers les quatre directions cardinales et le zénith, représentant les cinq éléments primordiaux. Ce sanctuaire intérieur n’est accessible qu’aux hindous, mais depuis la rive opposée, les visiteurs peuvent admirer la silhouette étincelante du temple et observer les nonnes et les prêtres vaquant à leurs occupations séculaires. Autour du sanctuaire principal, des centaines de petits temples et de sanctuaires abritent des divinités multiples, créant un paysage architectural d’une richesse inouïe.

Le théâtre sacré des derniers rites et de la philosophie de la mort

Ce qui rend Pashupatinath absolument unique, ce sont les ghâts de crémation qui bordent la rivière Bagmati, considérée comme un affluent sacré du Gange. Ici, jour et nuit, les corps des défunts sont enveloppés dans des linceuls et brûlés sur des bûchers de bois, avant que leurs cendres ne soient confiées à la rivière, libérant ainsi leur âme du cycle des réincarnations. Ce rituel millénaire, exécuté avec une solennité presque détachée, est une confrontation puissante et émouvante avec la mortalité, et une illustration concrète de la vision hindoue de la mort comme une simple transition. Les ghâts situés en amont sont réservés à la royauté et aux familles aisées, tandis que ceux en aval sont utilisés par le peuple, mais tous partagent la même quête de libération spirituelle dans ce lieu considéré comme le Varanasi du Népal.

Une immersion dans un monde de dévotion

Au-delà des rituels funéraires, Pashupatinath est un lieu bouillonnant de vie où se croisent pèlerins venus de tout le sous-continent, prêtres officiant avec ferveur et familles en prière. Les rives sont également le refuge des sadhus, ces renonçants errants vêtus de safran, couverts de cendres et armés de tridents, qui méditent dans les grottes ou posent pour les visiteurs. Le complexe a subi les affres du séisme de 2015, mais sa résilience est à l’image de la foi qu’il incarne, ses temples ont été restaurés et la vie religieuse y a repris son cours imperturbable. Se promener dans ce dédale sacré, c’est observer des singes espiègles, entendre le son continu des cloches et des mantras, et toucher du doigt une culture où le sacré imprègne chaque instant du quotidien.

Comment visiter le sanctuaire sacré de Pashupatinath ?

Localisation et accès au complexe sacré

Le sanctuaire de Pashupatinath est situé sur les rives de la rivière sacrée Bagmati, à environ cinq kilomètres à l’est du centre-ville de Katmandou et à seulement cinq à dix minutes de route de l’aéroport international Tribhuvan. Pour vous y rendre depuis les quartiers touristiques comme Thamel, le taxi est l’option la plus pratique avec un trajet d’environ quinze à vingt minutes, pour un coût d’environ six à huit cents roupies népalaises. Les voyageurs économes peuvent emprunter les bus locaux au départ de Ratnapark en direction de Gaushala, puis marcher quelques minutes jusqu’à l’entrée du temple. L’adresse officielle du site est Pashupati Nath Road, Katmandou 44600, et vous pouvez joindre l’administration par téléphone au 977-1-4471828.

Horaires d’ouverture pour une visite complète

Le complexe de Pashupatinath est accessible tous les jours de l’année selon des horaires étendus qui permettent de découvrir ses multiples facettes. Le site ouvre ses portes très tôt, dès quatre heures du matin, et reste accessible jusqu’à vingt et une heures en soirée. Pour les visiteurs souhaitant assister aux rituels à l’intérieur du sanctuaire principal, les horaires de darshan sont répartis en deux sessions : de cinq heures à midi, puis de dix-sept heures à dix-neuf heures. La cérémonie du Aarti, un rituel d’offrandes de feu particulièrement émouvant, a lieu chaque soir au coucher du soleil sur les ghâts de la rivière Bagmati et constitue un moment fort de la journée.

Tarifs d’entrée et conditions d’accès

Le droit d’entrée pour les visiteurs étrangers est fixé à mille roupies népalaises par personne, ce qui équivaut approximativement à huit à dix dollars américains. Ce billet donne accès à l’ensemble du complexe extérieur, y compris les nombreux temples secondaires, les ashrams et les ghâts. Il est important de noter que l’accès au sanctuaire principal est strictement réservé aux hindous pratiquants, et les non-hindous ne peuvent pénétrer à l’intérieur du temple central. Les ressortissants indiens et népalais bénéficient quant à eux de la gratuité. Le billet peut être acheté aux guichets situés à l’entrée principale, et il est conseillé de préparer le montant exact pour faciliter la transaction.

Recommandations pratiques

Pour profiter pleinement de votre visite, il est conseillé d’adopter une tenue vestimentaire modeste couvrant les épaules et les genoux, et de retirer ses chaussures avant d’entrer dans les zones les plus sacrées. Les premières heures du matine ou la fin d’après-midi offrent les moments les plus sereins pour explorer le site avec moins d’affluence. La photographie est strictement interdite à l’intérieur du temple principal et lors des cérémonies de crémation sur les ghâts. Si vous souhaitez photographier les sadhus, ces ascètes à la robe safran, attendez-vous à leur verser une petite contribution d’environ cinq cents roupies. Méfiez-vous des singes particulièrement nombreux et agressifs sur le site, et évitez de porter de la nourriture ou des objets brillants à leur portée.

Vallée de Katmandou, le sanctuaire sacré de Pashupatinath

Mardi 21 novembre. Deuxième grande étape de ma journée de découverte de la vallée de Katmandou : le sanctuaire sacré hindouiste de Pashupatinath. Tout simplement le plus important lieu de culte hindouiste du Népal, également vénéré par des millions d’Indiens. Du coup, le site ne désemplit jamais. Et qui veut comprendre l’âme népalaise doit absolument se rendre dans ce lieu sacré. Car il y règne une atmosphère toute particulière.

Toutes les rues de ce sanctuaire regorgent de pèlerins venus des quatre coins du Népal et de l’Inde. Situé au bord de la rivière Bagmati, le temple de Pashupati, dont nul ne sait exactement ce que contient son trésor, attire des visiteurs de partout. L’affluence des croyants est telle qu’à certaines heures de la journée, il est difficile de se frayer un chemin. On y croise ainsi des vendeurs ambulants d’articles de dévotion : images divines, fleurs et bâtons d’encens, sans oublier les auberges qui regorgent de pèlerins.

Au bout de l’allée principale se tient l’entrée du temple. Je vais pourtant la contourner pour essayer d’avoir une vue d’ensemble. Après une petite grimpette de quelques centaines de mètres, me voici au milieu d’un troupeau de vaches sacrées et de singes en liberté.

Puis je redescends et reviens vers l’entrée principale. Des dévots enturbannés m’offrent leur portrait pour quelques roupies.

Autour du temple principal (qui n’est pas accessible aux non-hindous), c’est l’effervescence. Des familles se regroupent pour prier et rendre hommage à leurs morts qui seront inhumés au bord des ghâts.

Selon la légende, Shiva, désireux d’échapper aux autres dieux et à son épouse Parvati se serait caché sur cette colline sous l’apparence d’une gazelle mâle en rut. Le monde alors menacé de chaos, les mortels et les dieux se mirent à sa recherche. Retrouvé et surpris par Parvati, il tenta de lui échapper, sauta par-dessus la rivière, mais sa corne se brisa en quatre morceaux, et demeura ici où il est depuis vénéré comme le maître des animaux et le lingham aux quatre visages (symbole phallique pour Shiva).

Pashupati, l’une des manifestations divines de Shiva, fut la divinité tutélaire des rois du Népal. Son temple fut élevé par le roi Bhupalendra Malla à la fin du XVIIe siècle après que le premier édifice s’effondra… Rongé par les termites !

S’il est impossible pour moi de pénétrer dans le temple, je peux quand même apercevoir à travers les portes de l’entrée principale les imposantes statues du taureau Nandi, qui n’est autre que la monture de Shiva.

Le temple surplombe toute une nuée de temples secondaires également inaccessibles pour les non-hindous. Dommage. Allez zou, je fais encore une petite photo d’un des sâdhus, des ascètes itinérants qui vivent de l’aumône, et je file vers la rivière Bagmati.

Le long des quais, la foule se presse. Autant de curieux que de familles qui sont venus faire ici un long voyage pour rendre un dernier hommage à leur mort. Des corps sont incinérés le long des ghâts.

Placées sur les marches des quais de la Bagmati, les dépouilles sont exposées pour que les familles puissent leur rendre un dernier hommage. Quelle émotion. Quand il n’y a pas d’incinération, ces ghâts sont le lieu de bains rituels.

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