Ulm, au pied de la plus haute cathédrale du monde
Samedi 15 juillet. Ulm. Pour nous Français, ce nom nous renvoie à celui inscrit au nombre des batailles gagnées par l’empereur Napoléon 1er et inscrites dans la pierre de l’Arc de Triomphe. Il est vrai qu’elle fut l’une des plus glorieuses victoires de Napoléon qui, dans la bataille, ne perdit pas plus de 500 hommes et obligea les troupes autrichiennes à la reddition, prisonnières des murs de la cité médiévale.
Voici pour la petite histoire. Mais je ne suis pas ici pour revisiter l’histoire, mais bien pour admirer l’une des plus grandes cathédrales du monde, la troisième derrière Saint Pierre de Rome et celle de Cologne.
En arrivant par le chœur de la cathédrale, puis en longeant son immense nef, je comprends aussitôt à quel immense navire de pierre j’ai affaire. La cathédrale d’Ulm défie toutes les lois de l’architecture. Impressionnant.
Mais le plus impressionnant reste encore la flèche de la cathédrale. Et pour cause, avec ses 162 m de haut, elle est la plus haute de toute la chrétienté. Pour s’en rendre compte, il suffit de se placer au pied de la tour et de relever la tête. Vertigineux. Plus encore quand on comprend que toute la tour repose sur les piliers, les arches et les voûtes qui donnent sur le narthex. Les séries de sculptures représentant saints et apôtres qui décorent chaque pilier sont d’une beauté et d’un réalisme incroyable.
Dommage que je n’ai pas vraiment le temps de grimper au sommet de la tour qui offre une vue grandiose sur les plateaux du Jura et sur le Danube qui traverse la ville et la campagne environnante.
La tour principale est accessible jusqu’à la hauteur de 150 m, par un escalier de 768 marches. Mais elle mesure exactement 161 mètres. Record à battre !
Un dernier petit cliché de la cathédrale (qui n’en est pas une puisqu’elle est aujourd’hui un temple protestant) pour trouver une belle perspective avec la petite fontaine aménagée au milieu de la place.
Allez zou, passé le Narthex de la cathédrale, direction la nef et les chapelles de la cathédrale. Mais pas question de pénétrer à l’intérieur sans relever la tête pour admirer le joli portail qui donne accès à l’église.
La première pierre de la cathédrale a été posée en 1377. En 1392, Unrich d’Ensingen, principalement connu pour ses travaux sur la cathédrale de Strasbourg a été nommé maître d’œuvre. Quant à sa flèche, toujours l’œuvre du même Ensingen, elle ne fut achevée qu’en 1890, mais selon les plans originaux.
Durant la Seconde Guerre mondiale, un terrible raid aérien des Alliés détruisit une grande partie de l’ancienne cité médiévale… Mais épargna miraculeusement la cathédrale qui conserve son allure originale.
L’absence de transept et les arcades très aiguës de la nef soulignent les perspectives aériennes de l’ensemble. Et pour cause, la cathédrale mesure 123,56 mètres de long sur 48,8 mètres de large. Sa hauteur sous voûte est de 42 mètres. Vertigineux !
Mieux, sa superficie est de 8 260 m². C’est bien simple, on pouvait y tenir 20.000 fidèles au Moyen Âge. En 1543, le clocher avait atteint les 100 mètres et les travaux ont été interrompus pour plusieurs raisons : la réforme protestante, la guerre de Trente Ans, la guerre de Succession d’Espagne, la découverte de l’Amérique, etc.
À droite en rentrant, ne surtout pas manquer les fresques du Moyen Âge qui ont été redécouvertes lors des dernières restaurations.
Enfin comment ne pas être stupéfié par la beauté des visages sculptés sur les stalles de bois alignées de chaque côté du chœur de la cathédrale ? Chacun de ces visages représente des personnages bibliques et païens qui se font face. Pour moi, à nul doute, le véritable chef-d’œuvre de cette église. D’une beauté hallucinante qui rend la photographie tout aussi simple d’usage.
Toutes ces sculptures ornées sur ces stalles sont l’œuvre de Jorg Syrlin l’Ancien (1469-1474). Cinq années de grand art. Avec ma petite préférence pour ces deux personnages, très photogéniques.
Autre chef-d’œuvre de cette cathédrale : la chaire de Burkhard Engelberg, coiffée d’une flèche en tilleul, œuvre de Jorg Syrlin le Jeune (1510).
Enfin reste le chœur, ses sublimes vitraux qui semblent soutenir à eux seuls les multiples voûtes, et l’autel où a été placé un retable.