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Sur la route de Saint-Louis, scènes de la vie ordinaire

Sur la route de Saint-Louis, scènes de la vie ordinaire

Lundi 24 septembre. C’est de bon matin que l’on prend la route du nord, qui mène jusqu’à la ville coloniale de Saint-Louis. La saison des pluies tire lentement à sa fin et le soleil brille haut dans le ciel. La chaleur est intense.

Inutile d’aller frapper aux portes des maisons de parpaings et de bois, tôles ondulées et branchages. La vie se passe dans la rue en Afrique. Le spectacle vivant de l’Afrique. Les bords de route où on vend et où on achète, où on joue et où on s’interpelle.

Les femmes passent, tirent dans leur sillage des nuages d’enfants. Boubous bariolés, robes de couleurs vives. Sandales aux pieds.

Les boutiques faites de bric et de broc, achalandées de choses inutiles se succèdent et côtoient les femmes du village qui viennent ici vendre la production de leur lopin de terre. Bassines de fruits et de légumes. Salades et herbes posées sur des toiles tendues. D’autres vendent ce qu’elles ont négocié à des grossistes de la ville. Tout s’achète et tout se vend en Afrique.

Des femmes portent des bassines sur la tête. Sur les murs du village, les exploits de l’équipe de foot du village ou du quartier sont inscrits à la craie.

Plus loin des magasins de fringues tentent de donner le change. Mais une grande partie des vêtements sont achetés aux stocks de la Croix-Rouge et revendus à même la rue.

Plus loin, des montagnes de pastèques se forment sur le bord de la route. La saison commence à peine. Les femmes sourient à pleine bouche. Les Sénégalais raffolent des pastèques.

Plus loin encore, des paysans traversent les villages en transportant sur leur charrette le fruit d’une maigre récolte. Leurs chapeaux pointus leur donnent des airs de Chinois.

À mesure que l’on monte vers le nord, les vastes prairies vertes cèdent peu à peu leur place à la brousse et à la savane. Les silhouettes si reconnaissables des acacias géants apparaissent.

Et tout près d’elles, les troncs noueux des baobabs. L’arbre emblématique du Sénégal. Et au-delà, de tout un continent.

Ici, loin de l’agitation du centre du pays, les deux espèces s’entremêlent, protégées par les populations pour qui les grands arbres sont sacrés.

À la faveur d’une petite pause sur le bord de la route, je ne veux pas manquer le spectacle et je m’enfonce seul dans la savane, tandis que Yérim se repose derrière le volant de sa voiture.

La silhouette des baobabs est reconnaissable entre toutes. J’aime cette façon tordue qu’ils ont pour s’élancer dans le ciel bleu. La saison des pluies s’achève et les feuilles de leurs branches sont encore très présentes. Dans quelques semaines, elles seront dénudées à leur tour.

La fleur du baobab forme des fruits très recherchés. Ils permettent à l’arbre d’attirer les oiseaux et les singes qui viendront essaimer leurs graines.

Pour les populations locales, c’est l’occasion de faire des confitures de ces précieux fruits. Tout simplement délicieux.

Enfin nous arrivons dans les faubourgs de Saint-Louis. Les premières maisons colorées apparaissent.

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