Désert de Lompoul, à dos de dromadaire
Mercredi 26 septembre. Retour au camp. Après avoir partagé le thé, direction le sommet de la dune qui domine le campement pour une petite balade en méharée.
La promenade à dos de dromadaire (une bosse) est une activité incontournable dans le désert de Lompoul. Le must pour beaucoup de touristes. C’est loin d’être la première fois que je me promène sur le dos de cet animal, mais je tiens à ne pas offusquer Yérim qui a mis tout son cœur à préparer mon circuit au Sénégal.
Du coup, c’est parti pour une petite balade d’une demi-heure… Pas une minute de plus. Mon guide a l’air des plus pressés. Il est vrai qu’une dizaine d’autres touristes souhaitent profiter du dos de mon dromadaire.
Du coup, nous n’irons pas plus loin que la première dune du désert de Lompoul. Franchement, je n’en suis pas offusqué. Si ça avait été une première pour moi, pourquoi pas, mais là, ça ne me dérange pas vraiment. À vrai dire, je préfère de loin arpenter le désert sur mes deux jambes.
Mon guide me propose toutefois de prendre plusieurs photos-souvenirs. La moindre des choses. Allez, je redresse le dos et j’essaie de faire bonne figure.
De retour au campement, je m’attache surtout à prendre quelques clichés du dromadaire qui m’a transporté sur la dune.
De belles bêtes, vraiment. Et même si le Sénégal ne regorge pas de richesses, je suis agréablement surpris de constater que les animaux sont ici très bien traités. Qu’il s’agisse de dromadaires ou de chevaux. Rien à voir avec l’Égypte par exemple.
Il me reste une petite heure à tuer avant la tombée de la nuit. C’est la bonne heure pour aller marcher dans le désert et réaliser quelques photos avant le crépuscule. La meilleure heure pour un photographe amateur.
Cette fois-ci, je prends le chemin de l’est du désert. Le plus simple car il suit naturellement la cime du cordon dunaire. Deux kilomètres de marche dans un sens, et deux kilomètres dans l’autre.
Mes premiers hectomètres dans le désert me permettent de suivre le sillage de la méharée, de réaliser également quelques clichés de la caravane perdue dans le désert.
Puis au bout d’un kilomètre, il ne reste que le désert, l’infini de ses collines dunaires. Absolument magnifique. Quelle chance d’être ici avant la pleine saison touristique. L’infini s’ouvre devant mes pas.
Un peu plus loin, de petits buissons forment de petites taches vertes au pied des dunes.
Plus aucune trace de pas. Juste le dos des dunes et l’onde du vent dessinée sur leurs flancs. C’est beau et infini.
Plus loin, la cime du cordon dunaire se déroule de nouveau formant des courbes magnifiques.
Au milieu d’une cuvette naturelle, quelques plantes isolées poussent on ne sait comment. C’est magique.
Le jour tombe. Le crépuscule vient. Moment idéal pour réaliser quelques clichés. Sauf que le ciel chargé de nuages empêche la lumière de passer. Dommage.
Sur l’horizon, la teinte ocre et jaune du désert se teinte de marron. Le sable se charge d’opacité, d’humidité. Tout devient plus compact. Comme si la pression de l’air oppressait le paysage.
Sous mon objectif, les dunes s’allongent démesurément. Serpent de sable qui glisse sous les dernières lueurs du jour.
Avec le soleil bas, le manque de lumière, les cuvettes se creusent, les contours se font plus marqués comme deux mondes qui interagissent, des terrains qui glissent et avancent au détriment d’un autre. La terre est vivante.
Au loin, le crépuscule tombe doucement. Les derniers rayons du soleil tentent de percer la croûte nuageuse. La lumière forme des halos saisissants.
Devant moi, le cordon dunaire glisse vers le large et la forêt qui le sépare de l’océan. De cette vision se dégage une puissance irrésistible, comme si un immense serpent se cachait sous le sable, rampant sans rencontrer d’obstacle vers la mer.
Plus loin, le sable et les mouvements du sol balayé par les vents forment d’innombrables crevasses et monts, comme un damier craquelé, la pâte d’un gâteau géant émergeant d’un four.
Et au milieu, imperturbable, puissant, presque terrifiant et aveugle, le glissement continu du cordon dunaire qui soulève tout sur son passage.
Parmi tous les clichés pris ce soir-là, celui-ci m’émeut particulièrement. La forme de ses inclinaisons sans doute.
Ce soir, c’est une belle surprise qui nous attend pour finir cette journée de rêve dans le désert de Lompoul : une soirée djembé et danses africaines autour du feu.
Pour animer cette soirée, des musiciens du village se sont placés à proximité du feu pour jouer des chansons traditionnelles.
Autour du feu, c’est une ambiance géniale. D’autant que les musiciens sont vraiment très bons.
Éclairée par le feu, la scène est parfaite pour mon 35 mm qui ouvre à 1.4. Il faut juste prendre la précaution de monter en Iso, mais pas trop si je ne veux pas que du bruit sur la photo.
D’ailleurs j’aime tout particulièrement celle-ci avec le visage bien éclairé du batteur et, derrière lui, celui de l’enfant qui l’accompagne.
Quelques-unes de mes photos iront alimenter le site de Yérim. C’est normal. Je pense qu’il en a bien plus besoin que moi.
Un peu plus tard, ce sera un touriste suisse qui prendra le relais au djembé. Sous les applaudissements de tout le monde. Et des musiciens bien sûr.