Lompoul, un petit bout de Sahara au Sénégal
Mercredi 26 septembre. Après trois bonnes heures de route, nous voici arrivés au campement du désert de Lompoul. Pour y accéder, il faut d’abord laisser la voiture au village et attendre qu’un camion sorti d’un autre âge, mais tout terrain, vienne nous chercher.
Un quart d’heure plus tard, c’est chose faite et nous voilà sur un chemin de terre et de roches qui manque à chaque mètre nous propulser en au-dessus de la ridelle. Finalement, et à mon grand étonnement, on arrive à bon port. Voici la tente qui m’attend pour la nuit.
En un mot : le paradis. La vie au grand air en somme, avec douche (froide) et toilettes à l’arrière… Et surtout, une armée de moustiques prête à me dévorer sitôt la tombée de la nuit.
Le bourdonnement des moustiques est si fort qu’on se croirait à l’intérieur d’un moteur de Bœing 747 ! C’est simple, c’est à peine si on peut savoir si les moustiques sont à l’intérieur de la moustiquaire étendue au-dessus du lit ou si ces satanés insectes attendent de me dévorer sitôt que j’aurai mis le pied dehors. On verra bien ce soir. En attendant, je pars faire un petit tour dans le désert.
Ça tombe bien, le désert s’étale aux portes du campement. Pour s’y rendre, il suffit juste de passer les barrières et de franchir quelques mètres. Voici le désert de Lompoul.
Comment imaginer qu’un petit désert de sable de 4 à 5 km² ait pu naître ici, à moins de deux kilomètres de l’océan Atlantique ? Une curiosité de la nature, en somme.
Avant l’organisation de la méharée prévue par Yérim, j’ai une petite heure devant moi. Pas suffisante pour explorer en entier cette zone désertique, mais juste assez longue pour me permettre d’atteindre les premières dunes.
Devant moi, le désert de Lompoul s’étend jusqu’à perte de vue.
Après une bonne vingtaine de minutes de marche dans le sable, j’atteins enfin la première dune. Visiblement, je ne suis pas le seul dans le coin. Mais pas une âme autour de moi. Tant mieux. J’imagine qu’en pleine saison touristique, l’endroit doit grouiller de monde… Et perdre toute sa magie. Ma bonne étoile encore.
Au pied des dunes du désert de Lompoul. Un sentiment d’immensité enveloppe celui qui achève sa route devant une telle grandeur. Et qu’importe que ce désert soit si minuscule. Aux yeux de l’humain, il n’a pas de limites. Car les bornes ne se trouvent que dans le regard.
Impossible d’escalader la dune de front. Il faut chercher le meilleur moyen de la contourner pour la dépasser. La vaincre. Une chance que le vent ne se lève pas aujourd’hui car j’imagine le sable qui viendrait alors cingler mon visage.
Je contourne par l’ouest, escalade le flanc inférieur de la dune et passe de l’autre côté. La voici dépassée. Mais une autre dune vient à ma rencontre. Un cordon qui s’en va jusqu’aux confins du désert. L’infini de mes yeux qui veulent ignorer que par-delà l’horizon se dresse encore immensité plus grande : l’océan.
Je suis un moment le cordon dunaire, m’enfonce dans le sable, la cime de ces dunes qui glissent vers l’horizon comme un serpent affamé qui ne sait où il va.
Marcher sur la cime des dunes donne un incroyable sentiment de puissance, comme si à son tour celui qui l’escalade ne fait plus qu’un avec le sable.
Sur l’horizon, les premières taches de vert surgissent. Les premiers signes de cette forêt minuscule de buissons qui sépare le désert de la plage océane. Sur la carte, oui, elle se trouve là, mais dans mon imagination, elle n’est simplement qu’un mirage. Elle ne peut être car le sentiment d’immensité doit pouvoir persister.
Voici les premiers buissons. Je n’irai pas plus loin. Deviner la mer au loin viendrait briser mon rêve d’immensité. Je veux pouvoir croire que ce désert est infini. Et tant pis si le Lompoul n’est pas le Sahara, il comble en moi le sentiment de grandeur que je suis venu chercher ici.
Retour au camp. Une petite demi-heure de marche. L’idée, c’est de ne pas se perdre dans le désert, et donc d’essayer de marcher sur ses pas. Pas de vent. Les traces sont encore bien visibles.
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