Pourquoi visiter les églises Sainte-Anne et Saint-Bernardin à Vilnius ?
Un ensemble monumental inscrit au patrimoine mondial
Les églises Sainte-Anne et Saint-Bernardin forment l’un des ensembles architecturaux les plus remarquables de la vieille ville de Vilnius, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce complexe historique, qui comprend également l’ancien monastère des Bernardins, offre un témoignage exceptionnel de l’architecture gothique en brique qui s’est épanouie autour de la mer Baltique à l’époque de la Ligue hanséatique. Le contraste entre la petite église Sainte‑Anne, véritable joyau de dentelle de pierre, et l’imposante église Saint‑François‑d’Assise, bien plus vaste, crée une harmonie saisissante qui a valu à ce lieu d’être comparé à la Sagrada Familia de Barcelone. C’est un passage obligé pour quiconque souhaite comprendre l’histoire et l’identité de la capitale lituanienne.
L’église Sainte‑Anne, un chef‑d’œuvre gothique
Construite entre 1495 et 1500 sur l’emplacement d’un premier sanctuaire en bois, l’église Sainte‑Anne est une merveille du gothique flamboyant et du gothique de brique. Sa façade, qui utilise trente‑trois formes différentes de briques, déploie un spectaculaire jeu d’arcades, de nervures et de pignons qui crée un effet de dentelle légère et aérienne. Cette prouesse architecturale aurait tant impressionné Napoléon Bonaparte lors de son passage à Vilnius qu’il aurait déclaré souhaiter emporter l’église à Paris « dans le creux de sa main ». L’intérieur, de style Renaissance, contraste avec l’exubérance de la façade et offre un cadre de recueillement propice à la contemplation. Ouverte aux visiteurs selon des horaires variables, elle constitue l’un des symboles les plus photographiés de la ville.
L’église Saint‑Bernardin
Jouxtant Sainte‑Anne, l’église Saint‑François‑d’Assise, dite des Bernardins, fut édifiée à partir de 1469 par des moines franciscains venus de Cracovie. Beaucoup plus vaste que sa voisine, elle fut intégrée aux murs défensifs de la ville, ce qui lui confère un caractère massif et une allure de forteresse que l’on peut encore observer aujourd’hui. Son intérieur renferme des trésors uniques, notamment des fresques murales du début du XVIe siècle qui mêlent composition Renaissance et stylistique gothique, ainsi que onze chapelles décorées dans le style baroque tardif. Transformée en entrepôt pendant l’occupation soviétique, elle a été fidèlement restaurée après l’indépendance de la Lituanie et restitue aujourd’hui toute la richesse de son passé.
Une visite au cœur de la vieille ville
Les deux églises sont situées l’une à côté de l’autre, rue Mairono, à quelques minutes à pied du centre historique de Vilnius. L’accès est gratuit pour les deux édifices, ce qui permet aux visiteurs de les découvrir sans contrainte. L’église Sainte‑Anne est ouverte d’avril à septembre de 10h à 18h (sauf le lundi), et l’église des Bernardins propose des horaires élargis tout au long de l’année. Les messes y sont célébrées régulièrement en lituanien, avec des offices en anglais le mercredi et le dimanche matin. Que l’on soit passionné d’histoire, amateur d’art ou simple promeneur, la découverte de ce double sanctuaire gothique offre une plongée inoubliable dans l’âme médiévale de Vilnius.
Comment visiter les églises Sainte-Anne et Saint-Bernardin à Vilnius ?
Horaires et accès aux deux églises
Les horaires de visite diffèrent légèrement entre les deux églises. L’église Sainte-Anne est ouverte tous les jours de mai à septembre, sauf le lundi, de 10 heures à 18 heures. D’octobre à avril, elle n’est accessible qu’une demi-heure avant les messes, célébrées en semaine à 17 heures 30 et le dimanche à 9 heures et 11 heures. L’église Saint-Bernardin, quant à elle, est ouverte du lundi au vendredi de 7 heures à 18 heures, le mercredi et le samedi de 10 heures à 19 heures, et le dimanche de 8 heures 30 à 19 heures. Les deux édifices sont situés côte à côte rue Mairono, dans la vieille ville de Vilnius, à l’adresse Maironio g. 8 pour la première et Maironio g. 10 pour la seconde. Le site étant en libre accès, il est recommandé d’arriver tôt le matin ou en fin d’après-midi pour profiter d’une lumière idéale sur leurs superbes façades gothiques en brique rouge.
Tarifs et messes
L’entrée dans les deux églises est totalement gratuite, ce qui permet de les visiter sans contrainte financière. Les messes à l’église Sainte-Anne sont en lituanien en semaine et le dimanche. À l’église Saint-Bernardin, les messes sont également en lituanien en semaine, avec des offices le dimanche à 10 heures 30, 13 heures et 17 heures, ainsi qu’une messe en anglais le mercredi et le dimanche à 9 heures, et une messe en latin le vendredi à 7 heures 30. Il est conseillé de consulter les horaires actualisés sur les sites internet des églises avant votre visite, car ils peuvent être modifiés en fonction des célébrations religieuses.
Localisation et transports
Les deux églises sont idéalement situées dans le quartier de la vieille ville, à quelques minutes à pied de la cathédrale et de la place de l’Hôtel de Ville. Depuis le centre-ville, une agréable promenade de quinze minutes vous y conduira. La station de bus la plus proche est « Arkikatedra », tandis que la station de tramway « Stanislovo » permet également un accès facile. Les taxis et les applications de VTC comme Bolt offrent un trajet plus confortable et direct. Les rues pavées de la vieille ville étant parfois étroites, la marche reste le meilleur moyen de découvrir les environs.
Conseils pratiques
Prévoyez entre une heure pour découvrir ces deux joyaux gothiques. N’oubliez pas votre appareil photo pour immortaliser la fameuse façade de Sainte-Anne, qui utilise trente-trois motifs de briques différents. Si vous souhaitez approfondir votre visite, des visites guidées à pied de la vieille ville incluent souvent cet ensemble monumental. Enfin, profitez de l’occasion pour flâner dans les ruelles adjacentes et visiter d’autres sites d’intérêt comme la porte de l’Aurore ou le quartier bohème d’Užupis. Pour toute information complémentaire, vous pouvez contacter le bureau d’information touristique de Vilnius, situé à proximité.
Vilnius, les églises Saint-Bernardin et Sainte-Anne
Samedi 2 mai. Depuis la rue Pilies, j’oblique à droite sur la rue Bernardinu pour rejoindre le groupe d’église formé par Sainte-Anne, Saint-Bernardin et Saint-Francis et de l’archange Saint-Michel.
Cette rue Bernardinu est romantique à souhait avec ses belles demeures à façades baroques. Au n°8, jetez un coup d’oeil au palais Lopacinski avec son toit baroque, devenu le Shakespeare Boutique Hotel.
Au bout de la rue, vous voici devant deux églises collées l’une à côté de l’autre : à gauche Sainte-Anne, et à droite, un peu plus en retrait l’église Saint Bernardin et Saint-Francis.
Commençons par Sainte-Anne, tout simplement la plus belle église de Vilnius, si belle que Napoléon pensa la démonter pour la ramener à Paris (mais ça, c’était au voyage aller de sa campagne de Russie !).
Construite entre 1495 et 1500, elle est un chef-d’œuvre du style gothique flamboyant. Contrairement à la froideur de la pierre, ses façades sont en brique rouge, une couleur qui lui donne une chaleur unique et qui a justifié une légende.
À l’intérieur, l’église est plus sobre et le contraste est saisissant. L’intérieur a été décoré dans un style baroque plus tardif, aux XVIIIe et XIXe siècles, avec un impressionnant maître-autel.
Le clocher de style néo-gothique qui se dresse à côté a été reconstruit plus tard, dans les années 1870, pour remplacer l’ancien après l’élargissement de la rue.
Le secret de sa beauté réside en partie dans ses matériaux : les architectes auraient utilisé 33 types de briques différentes pour créer les motifs complexes de sa façade. C’est l’un des monuments les plus photographiés de Vilnius.
La façade est un vrai chef-d’oeuvre d’équilibre et d’harmonie entre courbes et verticales, toute se conjuguant pour procurer un fascinant sentiment d’élévation, d’aspiration vers le ciel…
Pinacles festonnés et galbes se détachent de la façade, la palette chromatique des briques donnant une légèreté presque aérienne à l’ensemble.
Notez le porche très simple et bas (par souci d’humilité ?) en totale contradiction avec le côté élancé de l’église et remarquez la superbe porte en fer forgé ornée de clous et de heurtoirs enforme de monstres, afin que les mauvais esprits restent à l’extérieur.
A l’intérieur, on est fasciné par la croisée d’ogives en briques rouges et par le mobilier. Moins riche que l’extérieur, à part l’autel monumental baroque et sa Vierge à l’enfant, avec Sainte-Anne en argent.
Sa petite taille rend la visite rapide, mais elle est souvent incluse dans les circuits pédestres de la vieille ville de Vilnius, un incontournable.
A droite de Sainte-Anne, légèrement en retrait se dresse la façade de l’église Saint-Bernardin et Saint-Francis.
Fondée en 1469 par les moines Bernardins, une branche de l’ordre des Franciscains, sa construction s’étendit jusqu’au début du XVIe siècle. L’édifice est un exemple saisissant de l’architecture gothique de brique en Lituanie, une des plus imposantes du pays.
Selon une légende locale, les sermons captivants des Bernardins attiraient une foule si nombreuse qu’il devint nécessaire de construire cette immense église, bien plus vaste que la voisine Sainte-Anne.
L’intérieur de l’église abrite des trésors uniques en Lituanie, notamment les plus anciennes fresques du pays datant du début du XVIe siècle, ainsi qu’un crucifix du XVe siècle, l’un des plus vieux du genre. On y trouve également des autels baroques tardifs d’une grande richesse.
Un détail fascinant : les murs de l’église ont été intégrés au système de fortifications de la ville. Autour du chevet, on peut encore voir des meurtrières, témoins silencieux d’une époque où le lieu de culte devait aussi pouvoir servir de refuge, comme ce fut le cas lors du siège des Cosaques en 1655.
Au fil des siècles, l’église connut de nombreuses épreuves : graves incendies, guerres dévastatrices, occupation et la saisie du monastère par les tsars après l’insurrection de 1863.
Sous le régime soviétique, l’église fut fermée au culte et transformée en institut d’art. Ce n’est qu’en 1994 que les Franciscains purent revenir et rouvrir l’église aux fidèles, renouant ainsi avec leur mission spirituelle.
Tout à côté enfin, au bout de la rue Mykolo, se dresse l’église de l’archange Saint-Michel. Débutée en 1594, elle présente une imposante façade, malheureusement un peu coincée dans ses murs.
Clochetons et clocher indépendant, du XVIIIe siècle, harmonieuse et sobre transition entre Renaissance et baroque. Jeu de pilastres aux chapiteaux à décor floral. L’église est aujourd’hui désacralisée et accueille le trésor issu de la cathédrale d’autres églises du pays.