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A travers le dédale du vieux Jeddah, la porte de La Mecque

Pourquoi visiter Jeddah ?

Le cœur historique d’Al-Balad, un voyage dans le temps

Visiter Jeddah, c’est d’abord plonger dans l’histoire en arpentant les ruelles d’Al-Balad, le quartier historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce dédale de ruelles étroites abrite environ 600 bâtiments traditionnels construits en pierre de corail, témoignant de l’architecture unique du Hedjaz. Les célèbres maisons à rawasheen, ces balcons en bois ajouré qui ornent les façades, offrent un spectacle architectural fascinant et témoignent d’un savoir-faire ancestral. La maison Nassif, ancienne demeure marchande transformée en musée qui accueillit le roi Abdul Aziz, constitue l’un des joyaux de ce quartier où chaque pierre raconte des siècles d’histoire marchande et de pèlerinage vers La Mecque.

Une corniche moderne et la fontaine la plus haute du monde

Le front de mer de Jeddah offre un visage radicalement différent de son centre historique. La corniche, récemment réaménagée sur près de 30 kilomètres, déploie un espace moderne et convivial où familles, joggeurs et promeneurs se côtoient dans une ambiance paisible. C’est depuis cet endroit que l’on admire le mieux la fontaine du roi Fahd, véritable emblème de la ville, dont le jet d’eau s’élève à plus de 300 mètres dans les airs, ce qui en fait la plus haute fontaine du monde. Le spectacle est particulièrement saisissant au coucher du soleil, lorsque les projecteurs illuminent ce geyser majestueux se détachant sur la mer Rouge.

Une scène culturelle et muséale en plein essor

Jeddah séduit également par la richesse de son offre culturelle, reflet du dynamisme de la Vision 2030. Le musée Al-Tayebat, installé dans un bâtiment inspiré de l’architecture traditionnelle, propose un parcours fascinant à travers plus de soixante salles retraçant l’histoire et les traditions de l’Arabie saoudite, de l’art islamique aux objets bédouins. Les amateurs d’art contemporain ne manqueront pas la galerie Hafez, qui met en lumière des artistes saoudiens et du Moyen-Orient, ou le musée de la sculpture à ciel ouvert, où des œuvres audacieuses dialoguent avec le paysage marin. Des événements comme le festival de Jeddah animent régulièrement la ville avec concerts et expositions.

Des expériences authentiques

Impossible d’évoquer Jeddah sans parler de ses souks et de sa gastronomie. Le souk Al-Alawi, avec ses ruelles couvertes où se mêlent parfums d’encens et effluves d’épices, offre une immersion sensorielle unique dans le commerce traditionnel arabe. C’est aussi l’occasion de goûter à la cuisine saoudienne, notamment la kabsa, ce plat de riz épicé à la viande, et aux fruits de mer d’une fraîcheur exceptionnelle provenant du marché central aux poissons. Pour les amateurs de plongée, la mer Rouge dévoile ses récifs coralliens et une biodiversité marine exceptionnelle, tandis que les familles apprécieront l’aquarium Fakieh et le parc à thème Al Shallal.

Comment visiter Jeddah ?

Localisation et accès à la ville de Jeddah

Jeddah est située sur la côte ouest de l’Arabie saoudite, le long de la mer Rouge, à environ 80 kilomètres à l’ouest de La Mecque. La ville est desservie par l’aéroport international Roi-Abdelaziz, situé à une vingtaine de kilomètres au nord du centre-ville, un trajet d’environ trente minutes en voiture. Pour rejoindre votre hébergement depuis l’aéroport, vous pouvez opter pour un taxi pré-réservé avec un tarif fixe compris entre 200 et 250 riyals saoudiens, soit environ 50 à 62 dollars, ou utiliser les applications de VTC comme Uber ou Careem dont les prix varient entre 170 et 300 riyals selon l’affluence. L’option la plus économique pour les voyageurs seuls est le taxi partagé à environ 50 à 100 riyals par personne, bien qu’il faille alors patienter jusqu’à ce que le véhicule soit complet.

La découverte du quartier historique d’Al-Balad

Le cœur historique de Jeddah, Al-Balad, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, se visite idéalement à pied pour s’imprégner de son atmosphère unique. Ce quartier aux ruelles labyrinthiques abrite plus de six cents bâtiments traditionnels en pierre de corail, ornés de rawasheen, ces balcons en bois ajouré caractéristiques de l’architecture hedjazi. La maison Nassif, ancienne demeure ottomane transformée en musée, constitue un passage obligé pour comprendre l’histoire de la ville. Des visites guidées du patrimoine, d’une durée d’environ deux heures, sont proposées par l’office de tourisme saoudien Visit Saudi et permettent d’explorer les souks aux épices et les trésors architecturaux du quartier. Pendant la saison hivernale 2026, des ateliers d’artisans et des animations culturelles animent régulièrement les ruelles, offrant une immersion plus profonde dans les traditions locales.

Les transports pour se déplacer dans Jeddah

Pour vos déplacements quotidiens dans la ville, les applications de VTC comme Careem ou Uber sont particulièrement pratiques et économiques, avec des courses en centre-ville variant généralement entre 20 et 50 riyals selon la distance. Les taxis traditionnels, que l’on peut héler dans la rue, appliquent un tarif de base de 13 riyals puis 2,7 riyals par kilomètre parcouru, ce qui rend une course de cinq kilomètres à environ 26,5 riyals. La location de voiture est également possible auprès d’agences comme Hertz, mais elle nécessite d’être familiarisé avec la conduite locale. Pour une expérience plus écologique, la ville a développé ses pistes cyclables et ses transports en commun, avec une augmentation de quarante pour cent de l’usage des vélos et de vingt-cinq pour cent des transports publics depuis 2022.

Conseils pratiques

La meilleure période pour visiter Jeddah s’étend de l’automne à l’hiver, d’octobre à mars, quand les températures oscillent entre vingt-deux et trente degrés, idéales pour les balades extérieures. Prévoyez trois à quatre jours pour un city-trip couvrant les essentiels de la ville. Pour l’hébergement, la Corniche offre des options de luxe comme le Rosewood Jeddah, tandis que le quartier d’Al-Balad propose des adresses plus authentiques. Côté budget, comptez environ 45 riyals pour un transfert aéroport, et prévoyez des pourboires d’environ dix pour cent dans les restaurants. La ville est réputée pour sa sécurité, et ses animations nocturnes en famille sur la Corniche ou au Red Sea Mall, ouvert tard le soir, permettent de profiter pleinement des douces soirées.

A travers le dédale du vieux Jeddah, la porte de La Mecque

Mardi 21 octobre. On poursuit notre visite à travers le dédale de rues de la vieille ville de Jeddah. Sur la rive orientale de la mer Rouge, Djedda a été à partir du VIIe siècle l’un des ports les plus importants sur les routes commerciales de l’océan Indien. C’est ici qu’arrivaient les marchandises à destination de La Mecque.

C’était aussi le port d’arrivée pour les pèlerins voyageant par la mer. Ce double rôle a permis le développement d’une ville multiculturelle, caractérisée par une tradition architecturale originale, née de la fusion des traditions de construction en corail de la région côtière de la mer Rouge avec des idées et savoir-faire glanés le long des routes commerciales. Au XIXe siècle, les élites marchandes y ont notamment bâti de superbes maisons-tours.
La ville historique de Djeddah est un témoignage exceptionnel de la tradition architecturale de la mer Rouge, un style de construction autrefois répandu dans les villes situées sur les deux côtes de la mer Rouge, dont ne subsistent que de rares vestiges situés en dehors du royaume d’Arabie Saoudite.

Ce style est caractérisé par les imposantes maisons-tours ornées de larges roshans en bois et construites à la fin du XIXe siècle par les élites marchandes de la ville, et également par des maisons plus basses en pierre de corail, des mosquées, des ribat, des souks et de petites places publiques, cet ensemble composant un espace animé.
La ville historique de Djeddah revêt un rôle symbolique en tant que porte de La Mecque pour les pèlerins musulmans qui ralliaient l’Arabie en bateau depuis le VIIe siècle, à l’époque où le troisième calife Othman ibn Affan fit de Djeddah le port officiel de La Mecque.

Son lien étroit avec le pèlerinage annuel musulman du hadj a donné à la ville historique de Djeddah une population cosmopolite où les musulmans d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient ont vécu et travaillé, contribuant à la croissance et à la prospérité de la ville.
La ville historique de Djeddah témoigne du développement ultime du commerce maritime de l’océan Indien après l’ouverture du canal de Suez en 1869 et l’apparition des bateaux à vapeur qui reliaient l’Europe à l’Inde et à l’Asie.

Ce développement enrichit considérablement de nombreux marchands qui firent construire des maisons somptueusement aménagées, et cela conduisit également à l’essor des souks et des mosquées.

De plus, l’augmentation du nombre de navires de mer permit à un nombre très accru de pèlerins de faire le pèlerinage à La Mecque, ce qui a conduit à l’augmentation du nombre de dispositifs d’hébergement pour ces visiteurs.
Ces maisons-tours roshan sont un exemple exceptionnel d’une typologie de bâtiments unique dans le monde arabo-musulman.

Leur conception esthétique et fonctionnelle spécifique – absence de cour, façades décorées de roshans, pièce au rez-de-chaussée utilisée pour les bureaux et le commerce, pièces louées aux pèlerins – reflète leur adaptation à la fois au climat chaud et humide de la mer Rouge et à la spécificité de Djeddah, porte de la ville sainte de La Mecque pour les pèlerins arrivant par la mer et important pôle commercial international.
La construction des maisons-tours roshan dans la seconde moitié du XIXe siècle illustre l’évolution des flux du commerce et des pèlerinages dans la péninsule Arabique et en Asie suite à l’ouverture du canal de Suez en 1869 et au développement des routes maritimes empruntées par les bateaux à vapeur pour relier l’Europe à l’Inde et à l’est de l’Asie.

L’extraordinaire singularité des maisons-tours de Djeddah est encore accrue du fait qu’elles ne sont pas seulement uniques dans la culture de la région de la mer Rouge, mais aussi les seuls vestiges d’une typologie architecturale née à Djeddah qui, à la fin du XIXe siècle, s’est étendue aux villes voisines du Hedjaz de Médine, La Mecque et Taif, d’où elle a complètement disparu depuis sous la pression du développement moderne.

Un peu d’histoire maintenant. Jeddah, située sur la côte de la mer Rouge, possède une histoire qui remonte à plus de 2.500 ans.
Selon les récits traditionnels, la tribu de Bani Quraych y aurait établi un village de pêcheurs après la mort de Qusayy ibn Kilab, ancêtre de Mahomet.

La ville s’est développée grâce à sa position stratégique comme port commercial reliant l’océan Indien à la Méditerranée.
Au VIIe siècle, le calife Omar ibn al-Khattâb en a fait le port officiel de La Mecque pour les pèlerins arrivant par la mer. Cette décision a transformé Jeddah en une porte d’entrée cruciale pour le pèlerinage du Hajj, renforçant son rôle religieux et économique dans la région.

Sous les dynasties successives, des Mamelouks aux Ottomans, la ville a été fortifiée avec une muraille pour se protéger des incursions portugaises au XVIe siècle. Ces remparts ont défini les limites du quartier historique d’Al-Balad jusqu’au XXe siècle.
Au début du XXe siècle, Jeddah est passée sous le contrôle du roi Abdelaziz Al Saoud après la chute de l’Empire ottoman.

La découverte du pétrole dans les années 1930 a accéléré sa modernisation. Le démantèlement des murailles dans les années 1940 a permis à la ville de s’étendre au-delà d’Al-Balad.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, Jeddah est devenue un centre financier et diplomatique majeur, accueillant la première banque islamique moderne en 1975 et le siège de l’Organisation de la coopération islamique. Le développement du port et de l’aéroport international a consolidé son statut de hub régional.

Aujourd’hui, Al-Balad, avec son architecture de corail et de bois, est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. La ville continue de se transformer avec des projets comme Jeddah Tower, conçue pour devenir la plus haute du monde.

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