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Au lac rose, entre dunes et océan

Pourquoi visiter les mines de sel du lac Rose au Sénégal ?

Une merveille naturelle à la couleur changeante

Le lac Rose, également connu sous le nom de lac Retba, doit sa couleur fascinante à la présence d’une algue microscopique, la Dunaliella salina, qui produit un pigment rouge pour se protéger du rayonnement solaire intense. Selon la force du soleil et la concentration en sel, la teinte de l’eau évolue au fil des heures, passant de l’ocre au rose fuchsia puis au mauve. Ce spectacle naturel, rare dans le monde, est particulièrement saisissant entre novembre et juin, pendant la saison sèche où les couleurs sont les plus vives. Figure sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO, cette lagune côtière fermée offre un tableau changeant et inoubliable.

Une flottaison magique grâce à une salinité extrême

Avec une concentration de sel atteignant 380 grammes par litre, soit près de dix fois celle de l’eau de mer, le lac Rose est le deuxième lac le plus salé du monde après la mer Morte. Cette salinité exceptionnelle permet aux baigneurs de flotter sans le moindre effort, une expérience à la fois amusante et étonnante, comparable à celle de la mer Morte. L’eau chaude et sirupeuse procure une sensation unique, et la baignade devient un jeu ludique où l’on ne risque pas de couler. Une activité incontournable pour les familles et les curieux.

Un témoignage vivant de l’exploitation artisanale du sel

Le lac Rose est aussi le théâtre d’une activité économique essentielle : l’extraction traditionnelle du sel. Chaque jour, des centaines de récoltants, enduits de beurre de karité pour protéger leur peau, s’immergent dans les eaux peu profondes et cassent la croûte de sel au fond du lac à l’aide de simples pics. Les hommes remplissent leurs pirogues, puis les femmes, portant sur la tête des bassines de vingt-sept à trente kilos, acheminent le sel vers les rives où il sèche au soleil. Observer ce travail artisanal, mené par des hommes et des femmes de diverses ethnies, permet de comprendre comment cette ressource fait vivre des milliers de familles sénégalaises et est exportée jusqu’en Europe.

Une destination aux multiples activités et facilement accessible

À seulement trente-cinq kilomètres au nord-est de Dakar, le lac Rose se rejoint facilement en voiture, en taxi collectif ou via une excursion organisée avec guide francophone. Une fois sur place, de nombreuses activités s’offrent à vous : balade en pirogue traditionnelle pour admirer le lac depuis l’eau et observer les récolteurs de sel sans les déranger, randonnée en quad ou en 4×4 dans les dunes de sable environnantes, promenade à dos de dromadaire ou encore traversée du lac en char à voile. Le site, chargé d’histoire (il fut l’arrivée du célèbre rallye Paris-Dakar), propose aussi des pauses gourmandes dans des restaurants locaux et des visites de villages voisins, pour une immersion complète dans la culture sénégalaise.

Comment visiter les mines de sel du lac Rose au Sénégal ?

Comment s’y rendre depuis Dakar

Le lac Rose, officiellement nommé lac Retba, est situé à environ 35 km au nord-est de Dakar, soit une heure de route environ, ce qui en fait une excursion idéale à la journée. Pour vous y rendre, plusieurs options s’offrent à vous selon votre budget. Le plus simple est de prendre un taxi depuis Dakar : les chauffeurs proposent un prix forfaitaire pour l’aller‑retour et l’attente, avec un tarif moyen de 25 000 FCFA. Si vous préférez les transports en commun, prenez un taxi de brousse (car rapide) jusqu’au village de Keur Massar, puis empruntez le bus 73 (Tata bus) ou le 211 qui vous déposent directement au bord du lac. Une autre solution consiste à prendre la ligne 513 depuis Dakar jusqu’à Sangalkam, puis un taxi local pour finir le trajet. Enfin, pour plus de confort et d’organisation, vous pouvez réserver une excursion privée avec guide et transport depuis votre hôtel.

Les prix et le budget pour les activités

Le lac Rose est un site en accès libre, donc aucune taxe d’entrée n’est à prévoir. Vous ne réglerez donc que les activités que vous choisirez sur place. Pour la baignade, des douches d’eau douce payantes permettent de se rincer après la baignade hyper‑salée. Le tour en pirogue pour observer les récolteurs de sel, la balade à dos de chameau ou en quad, ainsi que les activités comme le char à voile coûtent chacun entre 5 et 30 euros par personne. Si vous optez pour une excursion organisée, comptez de 60 à 180 euros par personne selon la durée et les prestations (déjeuner, guide, etc.), avec des offres comprenant plusieurs activités pour environ 60 euros.

La meilleure période pour profiter de la couleur rose

Le lac est accessible tous les jours, de 7h00 à 20h00 voire plus tard. La couleur rose de l’eau, due à la prolifération de l’algue Dunaliella salina, est plus intense pendant la saison sèche (de décembre à avril), lorsque le soleil est le plus fort. Pour observer les récolteurs de sel au travail, arrivez de préférence le matin, entre 9h et 11h, ou en milieu d’après‑midi. Les excursions organisées partent souvent en début de matinée pour profiter de la lumière idéale sur le site. Enfin, si vous voulez flotter sur l’eau (possible grâce à l’extrême salinité), prévoyez une bouteille d’eau douce pour vous rincer après la baignade, car le sel peut irriter la peau.

Conseils pratiques

La protection solaire est indispensable : le soleil est très fort, surtout en saison sèche. Pensez aussi à emporter de l’eau en quantité suffisante, car les points d’ombre sont rares. Si vous avez le vertige ou des problèmes de peau, évitez de vous baigner, car l’eau hypersalée peut être irritante. Enfin, prévoyez une petite somme en espèces (FCFA) pour régler les activités, les douches et les éventuels pourboires. Pour une expérience authentique, n’hésitez pas à échanger avec les récolteurs de sel, souvent très accueillants et fiers de vous expliquer leur travail traditionnel.

Au lac rose, entre dunes et océan

Dimanche 23 septembre. Pour terminer cette première journée d’excursion au Sénégal, Yérim a prévu de m’emmener faire un petit tour en 4 X 4 sur les dunes qui accueillaient les dernières « spéciales » du Paris-Dakar.

Bon, à vrai dire, ce genre d’activités, ce n’est pas vraiment mon truc, mais je ne veux pas vexer Yérim qui a mis un point d’honneur à organiser mon circuit. Du coup, je grimpe à bord d’une Jeep et nous voici partis pour un petit quart d’heure de gymkhana à travers les dunes du Lac Rose.

Ça bouge dans tous les sens et on crapahute tant bien que mal, de dune en dune. Derrière moi je regarde avec stupéfaction les traces laissées par les engins qui se sont succédé ici pendant toute la journée. Pas vraiment écologique ce genre d’activité. Encore moins quand on pense aux ravages que font ces bagnoles aux écosystèmes des dunes.

Du coup, je prends mon mal en patience et j’observe les petits arbustes qui tiennent encore la dune et qui ont survécu au massacre.

Un peu plus haut, à l’extrémité de la langue dunaire, le paysage est plus joli avec les oasis et la brousse qui rejoignent le sable.

Une chose est sûre, cette petite langue de dune coincée entre le lac Rose et l’océan Atlantique est de toute beauté. Une véritable petite curiosité longue de 5 kilomètres plantée de filaos.

De l’autre côté de la dune, l’océan Atlantique déroule tranquillement ses vagues, même s’il faut se méfier parfois des courants qui ont tôt fait de vous emporter au large.

Bon, voilà à quoi ressemble mon 4X4. Tout de jaune vêtu, il ne paye de mine, grince comme jamais, couine, mais avale les dunes. Au sens propre comme au figuré.

Un peu plus loin, une longue cohorte de charrette et de chevaux s’égrène le long de la plage. Les attelages patientent qu’un des baigneurs présents sur la plage ait envie de s’en retourner à l’hôtel sans marcher de longues minutes sur le sable.

Retour au camp. À l’entrée de l’hôtel, une méharée se prépare. Je laisse ma place. Coup de barre. Juste l’envie de me reposer et me boire une petite bière.

Sur la plage de l’hôtel, la vue est imprenable sur le lac Rose. Un ou deux bateliers proposent aux clients de faire un petit tour sur le lac moyennent quelques euros. Mais là encore, je passe mon tour. Juste l’envie de me reposer.

Au loin, j’observe le ballet des oiseaux qui patientent sur le rivage en attendant une hypothétique proie dans ce lac salé.

Le bonheur simple de se trouver dans un endroit paisible. Sans souci. Juste jouir du paysage et du temps qui passe. C’est le sentiment qui m’a envahi ce matin-là en me réveillant près du Lac Rose.

Petit-déjeuner matinal pris à la terrasse de l’hôtel. Plaisanteries avec Yérim et le patron qui après des années passées à vendre des voitures à des gens de passage a décidé de tout plaquer pour venir s’enterrer au fin fond du Sénégal. Ironie du sort, l’homme est né lui aussi à Mérignac, la ville où j’ai vu le jour. Même clinique. Même âge. Pas le même parcours. Cela va de soi.

Ce matin, le lac a laissé sa teinture rose au vestiaire pour revêtir son bleu de chauffe. Le thermomètre va grimper aujourd’hui. Des bateaux rôdent sur la surface du lac. Les forçats du sel sont déjà à l’œuvre de bon matin.

Sur les berges, les oiseaux se promènent sur le sable à la recherche d’un hypothétique repas. Restes de la veille quand les touristes sont venus ici finir la soirée.

Petit-déjeuner copieux. Je prends tout mon temps. Cette journée va être longue. Aujourd’hui, on remonte vers le nord et la frontière mauritanienne, direction l’ancienne ville coloniale de Saint-Louis. La perle française du Sénégal.

En attendant je profite de ces derniers moments passés au calme près du lac. Un drapeau du Sénégal claque au vent. Un des passeurs essaie de m’entraîner avec lui pour une balade sur le lac. Je refuse. J’aurais dû accepter. Une petite demi-heure de plus dans ce petit paradis m’aurait fait le plus grand bien.

Je fais une dernière série de photos avant d’aller chercher ma valise dans ma chambre. Avec la chaleur qui s’installe et le vent qui se lève, le lac commence à reprendre sa couleur rose. Je suis chanceux, paraît-il. Je n’en suis pas certain.

Au milieu des bungalows, je ne peux résister à l’envie de capter la couleur des fleurs des massifs. L’Afrique et ses couleurs toujours plus vives.

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