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Au lac rose, entre dunes et océan

Au lac rose, entre dunes et océan

Dimanche 23 septembre. Pour terminer cette première journée d’excursion au Sénégal, Yérim a prévu de m’emmener faire un petit tour en 4 X 4 sur les dunes qui accueillaient les dernières « spéciales » du Paris-Dakar.

Bon, à vrai dire, ce genre d’activités, ce n’est pas vraiment mon truc, mais je ne veux pas vexer Yérim qui a mis un point d’honneur à organiser mon circuit. Du coup, je grimpe à bord d’une Jeep et nous voici partis pour un petit quart d’heure de gymkhana à travers les dunes du Lac Rose.

Ça bouge dans tous les sens et on crapahute tant bien que mal, de dune en dune. Derrière moi je regarde avec stupéfaction les traces laissées par les engins qui se sont succédé ici pendant toute la journée. Pas vraiment écologique ce genre d’activité. Encore moins quand on pense aux ravages que font ces bagnoles aux écosystèmes des dunes.

Du coup, je prends mon mal en patience et j’observe les petits arbustes qui tiennent encore la dune et qui ont survécu au massacre.

Un peu plus haut, à l’extrémité de la langue dunaire, le paysage est plus joli avec les oasis et la brousse qui rejoignent le sable.

Une chose est sûre, cette petite langue de dune coincée entre le lac Rose et l’océan Atlantique est de toute beauté. Une véritable petite curiosité longue de 5 kilomètres plantée de filaos.

De l’autre côté de la dune, l’océan Atlantique déroule tranquillement ses vagues, même s’il faut se méfier parfois des courants qui ont tôt fait de vous emporter au large.

Bon, voilà à quoi ressemble mon 4X4. Tout de jaune vêtu, il ne paye de mine, grince comme jamais, couine, mais avale les dunes. Au sens propre comme au figuré.

Un peu plus loin, une longue cohorte de charrette et de chevaux s’égrène le long de la plage. Les attelages patientent qu’un des baigneurs présents sur la plage ait envie de s’en retourner à l’hôtel sans marcher de longues minutes sur le sable.

Retour au camp. À l’entrée de l’hôtel, une méharée se prépare. Je laisse ma place. Coup de barre. Juste l’envie de me reposer et me boire une petite bière.

Sur la plage de l’hôtel, la vue est imprenable sur le lac Rose. Un ou deux bateliers proposent aux clients de faire un petit tour sur le lac moyennent quelques euros. Mais là encore, je passe mon tour. Juste l’envie de me reposer.

Au loin, j’observe le ballet des oiseaux qui patientent sur le rivage en attendant une hypothétique proie dans ce lac salé.

Le bonheur simple de se trouver dans un endroit paisible. Sans souci. Juste jouir du paysage et du temps qui passe. C’est le sentiment qui m’a envahi ce matin-là en me réveillant près du Lac Rose.

Petit-déjeuner matinal pris à la terrasse de l’hôtel. Plaisanteries avec Yérim et le patron qui après des années passées à vendre des voitures à des gens de passage a décidé de tout plaquer pour venir s’enterrer au fin fond du Sénégal. Ironie du sort, l’homme est né lui aussi à Mérignac, la ville où j’ai vu le jour. Même clinique. Même âge. Pas le même parcours. Cela va de soi.

Ce matin, le lac a laissé sa teinture rose au vestiaire pour revêtir son bleu de chauffe. Le thermomètre va grimper aujourd’hui. Des bateaux rôdent sur la surface du lac. Les forçats du sel sont déjà à l’œuvre de bon matin.

Sur les berges, les oiseaux se promènent sur le sable à la recherche d’un hypothétique repas. Restes de la veille quand les touristes sont venus ici finir la soirée.

Petit-déjeuner copieux. Je prends tout mon temps. Cette journée va être longue. Aujourd’hui, on remonte vers le nord et la frontière mauritanienne, direction l’ancienne ville coloniale de Saint-Louis. La perle française du Sénégal.

En attendant je profite de ces derniers moments passés au calme près du lac. Un drapeau du Sénégal claque au vent. Un des passeurs essaie de m’entraîner avec lui pour une balade sur le lac. Je refuse. J’aurais dû accepter. Une petite demi-heure de plus dans ce petit paradis m’aurait fait le plus grand bien.

Je fais une dernière série de photos avant d’aller chercher ma valise dans ma chambre. Avec la chaleur qui s’installe et le vent qui se lève, le lac commence à reprendre sa couleur rose. Je suis chanceux, paraît-il. Je n’en suis pas certain.

Au milieu des bungalows, je ne peux résister à l’envie de capter la couleur des fleurs des massifs. L’Afrique et ses couleurs toujours plus vives.

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