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Sous les arcades du Ramakien, les fresques

Sous les arcades du Ramakien, les fresques

Vendredi 2 février. Tout autour du Grand Palais, face au temple du Bouddha d’Émeraude, et dans l’angle, s’étendent les arcades du Ramakien. Souvent délaissé par les touristes, ou la plupart du temps survolé, ce lieu est pour moi ce qu’il y a de plus beau à voir au palais royal de Bangkok.

Et pour cause, sous plus de 100 mètres de long sont exposées quelque 178 panneaux retraçant la version thaïe du Ramayana, un des récits épiques fondamentaux de l’hindouisme. C’est ce même récit que j’ai pu admirer dans les galeries d’Angkor Wat.

Plus moderne, plus coloré, car plus récent, réalisées au XVIIIe siècle, ces fresques sont de toute beauté, même si elles n’ont pas la même finesse et puissance évocatrice des temples d’Angkor.

Pour en admirer le contenu, il faut donc partir de la gauche de la porte principale pour revenir ensuite le long du temple du Bouddha d’Émeraude.

À ne surtout pas manquer. Ces panneaux sont d’une beauté sans nom, largement inspirés des bas-reliefs d’Angkor.

D’ailleurs, pour la petite histoire, il faut savoir que le site d’Angkor était, avant l’arrivée des Français en Indochine, partie intégrante du royaume de Thaïlande… Ceci expliquant peut-être cela.

Mieux, le roi de Thaïlande, Rama IV, avait un temps conçu le projet de déplacer Angkor Wat pierre par pierre pour le ramener à Bangkok… mais il dut y renoncer devant l’ampleur de la tâche. Ouf !

Les murs de la galerie sont peints de peintures murales représentant des scènes du Ramakien, la version thaïlandaise de l’épopée indienne Ramayana, qui traite essentiellement du triomphe du bien sur le mal.

Il y a 178 panneaux en tout. Ils ont été peints lors de la construction du temple en 1783, mais l’exposition aux éléments nécessite un entretien constant.

Ces scènes sont d’une beauté absolue, innovante, inventive, souvent fabuleuse, et d’une grande naïveté, ce qui en fait toute leur force.

Toutes les figures oniriques et mythologiques de l’hindouisme sont représentées, comme ici le dragon surgissant des mers.

Sans oublier la poésie naïve, comme cette magnifique sirène échouée sur le bord de la plage.

Un œil averti remarquera que les éléments architecturaux des panneaux, tels que les palais et les temples, sont adaptés des vrais palais et des temples de la capitale.

Voici en un résumé rapide, l’histoire du Ramakien. Le personnage central du Ramakien est Rama, héritier du trône d’Ayodhaya. À travers les stratagèmes de sa belle-mère, il est envoyé en exil pendant 14 ans. Son épouse Sita et son frère Lakshman l’accompagnent. Ils trouvent un abri au fond de la forêt.

Tosakan, le roi démon de Longka, se passionne pour Sita et la kidnappe. Les frères partent à la recherche de Sita et sollicitent l’aide du dieu singe blanc Hanuman. Ensemble, ils forment une alliance avec deux rois de singe, Sukrip et Chompupan, qui commandent chacun d’énormes armées. Ils marchent vers le sud jusqu’à la côte et assiègent l’île de Longka.

Les armées de Rama sont victorieuses sur chacun des champions de Tosakan. Finalement, Rama combat Tosakan et le tue. Rama couronne le frère exilé de Toskaan, roi de Longka, et revient à Ayodhaya avec Sita pour prendre la couronne.

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