Monastère Hercegovacka Gracanica, une copie de Gracanica au Kosovo
Lundi 20 juillet. Maintenant que j’ai bien profité de la vue et du magnifique coucher de soleil sur les toits de Trebinje, passons à l’intérieur du monastère.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on est tout de suite impressionné par cette foison de couleurs dominées par le bleu qui recouvrent tous les murs de l’église.
L’histoire de la Hercegovacka Gracanica est indissociable du destin de Jovan Ducic, illustre poète et diplomate originaire de Trebinje.
Mort en exil aux États-Unis en 1943, il avait exprimé dans son testament le souhait de reposer sur la colline de Crkvina.
Son vœu s’est réalisé en octobre 2000, lorsque sa dépouille fut rapatriée pour être déposée dans la crypte de ce monastère nouvellement bâti grâce au financement d’un mécène.
Chef-d’œuvre de l’architecture religieuse orthodoxe serbe, achevé en 2000, ce monastère fut conçu pour être le phare spirituel et culturel de la ville de Trebinje
À l’intérieur, l’église est entièrement recouverte de fresques impressionnantes peintes dans le style byzantin traditionnel.
Ces peintures murales illustrent des scènes de la Bible, l’histoire de l’Église orthodoxe serbe, ainsi que des portraits de saints et de la dynastie médiévale des Nemanjic. L’iconostase en bois sculpté et les sols en mosaïque complètent la solennité et la beauté du lieu.
L’église principale du complexe est une réplique fidèle, bien que légèrement plus petite, du célèbre monastère de Gracanica situé au Kosovo, un chef-d’œuvre du XIVe siècle.
L’édifice se distingue par sa structure complexe surmontée de cinq dômes majestueux.
Sa façade utilise une technique traditionnelle qui alterne des rangées de briques rouges et de pierres claires, créant un contraste visuel typique de l’art médiéval serbo-byzantin.
Au-delà de sa fonction religieuse, le monastère est devenu un centre culturel majeur pour la région de Trebinje.
Le complexe comprend un clocher indépendant, une résidence monastique, une galerie d’art et un grand amphithéâtre en plein air qui accueille des soirées de poésie en été.
Ses jardins suspendus et sa terrasse en font l’un des sites les plus visités de Bosnie-Herzégovine, attirant pèlerins et voyageurs du monde entier.
Pour l’anecdote, en octobre 2000, grâce au financement d’un mécène (Branko Tupanjac), les restes du poète Jovan Ducic ont été rapatriés d’Indiana et déposés dans la crypte du monastère, accomplissant son vœu 57 ans après sa mort.
Le projet de construction se concrétise à la fin des années 1990 grâce à la détermination de l’Église orthodoxe et à la générosité de Branko Tupanjac, un homme d’affaires et mécène serbo-américain originaire de la région. Ce dernier décide de financer intégralement le chantier pour honorer la mémoire du poète.
Les travaux débutent en 1999 au sommet de la colline, un emplacement hautement symbolique qui abritait déjà au Moyen Âge une église dédiée à l’Archange Michel, détruite par la suite.
Pour concevoir l’édifice, les bâtisseurs choisissent de reproduire fidèlement l’architecture du monastère de Gracanica situé au Kosovo. L’architecte Predrag Ristic adapte les plans d’origine pour cette nouvelle version, bâtie en combinant la pierre locale de l’Herzégovine et la brique rouge traditionnelle.
Le monastère est conçu non pas comme un simple monument historique, mais comme un phare spirituel à l’architecture complexe couronnée de cinq dômes.