Pourquoi visiter Trebinje ?
Comment visiter le monastère Duži ?
Un dernier petit tour au monastère Duži
Mardi 21 juillet. Voilà, mon séjour en Bosnie-Herzégovine s’achève, il ne me reste plus qu’à passer la frontière voisine qui doit me mener au Monténégro et aux fameuses boucles de Kotor. Mais en chemin, je ne résiste pas à l’envie de jeter un coup d’œil sur le monastère de Duži.
Mais quelle ne va pas être ma déception ! Car jusqu’ici, j’avais eu la chance de visiter tous les monastères de Serbie et de Bosnie sans aucune restriction. Et voilà qu’un moine me surveille de près et m’empêche de prendre des photos. Pour quelles raisons, je n’en sais rien ! Je ne prends aucune photo au flash et mon appareil ne va pas arracher les fresques peintes sur les murs !
Tant pis pour les photos, je ne réussirai qu’à en prendre une à l’arrache avant l’intervention du moine… En 1694, lors de la guerre de Morée, les Vénitiens détruisent le monastère de Tvrdoš. Une partie des moines et le métropolite (l’évêque) trouvent alors refuge à Duži. Ils y transfèrent le siège de l’éparchie d’Herzégovine, faisant de ce modeste domaine le cœur spirituel de la région jusqu’en 1777. Les moines agrandissent l’église et les bâtiments pour rebâtir leur communauté
En raison de son importance et de son emplacement isolé, le monastère devient au XIXe siècle l’un des principaux centres de commandement des insurrections de l’Herzégovine contre l’Empire ottoman (notamment l’insurrection de 1875-1877). Le célèbre chef rebelle Mico Ljubibratic y établit même son quartier général.
En représailles, le sanctuaire est pillé et gravement endommagé à plusieurs reprises par les forces ottomanes. Après l’arrivée des Austro-Hongrois en 1878, le monastère, ravagé par un incendie en 1886, est restauré grâce à des fonds impériaux envoyés par l’empereur François-Joseph. Après la Première Guerre mondiale, le monastère connaît un chapitre unique : il devient le refuge de moines russes ayant fui la révolution d’Octobre de 1917. En 1935, ces moines exilés recouvrent l’intérieur de l’église de magnifiques fresques peintes dans un style typiquement russe, ce qui confère à l’édifice une identité artistique singulière par rapport aux autres monastères de la région, généralement de style byzantin ou serbe médiéval.
En 1959, Duži change de statut pour devenir un couvent de religieuses (monastère pour femmes). Les moniales entreprennent de restaurer patiemment l’ensemble du complexe, qui abrite aujourd’hui des reliques exceptionnelles, notamment un fragment de la Vraie Croix rapporté du mont Athos en 1989. Entouré d’une nature méditerranéenne paisible, le monastère vit aujourd’hui en autarcie grâce à l’artisanat de sa communauté, qui produit et vend son propre miel, du vin, des produits laitiers et de la rakia (eau-de-vie locale)