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Rendez-vous manqué avec la vieille ville de Bar

Pourquoi visiter Bar ?

Les secrets médiévaux de la cité fantôme de Stari Bar
 
Visiter Bar, c’est d’abord s’aventurer à l’intérieur des terres pour explorer Stari Bar (Le Vieux Bar), un site archéologique à ciel ouvert absolument fascinant. Accrochée à un éperon rocheux au pied du mont Rumija, cette ancienne cité fortifiée a été abandonnée à la fin du XIXe siècle après une explosion et un séisme. En déambulant au milieu de ses ruines envahies par la végétation, vous découvrirez un mélange unique de vestiges byzantins, vénitiens et ottomans, allant d’un aqueduc du XVIe siècle à une tour de l’horloge intacte, le tout dans une atmosphère mystérieuse digne d’un décor de cinéma.
 
Stara Maslina, le gardien millénaire et l’or vert de la région
 
La région de Bar est profondément liée à la culture de l’olive, et elle abrite l’un des plus grands trésors naturels d’Europe : Stara Maslina. Ce vénérable olivier, protégé par un petit parc aménagé, est scientifiquement daté de plus de 2 240 ans, ce qui en fait l’un des arbres les plus vieux de la planète. Admirer son tronc noueux et colossal est une expérience presque sacrée. Autour de lui, la vallée compte plus de 100 000 oliviers, et la visite de la ville est l’occasion idéale pour déguster et acheter une huile d’olive artisanale d’une pureté exceptionnelle, souvent qualifiée d’or vert de l’Herzégovine et du Monténégro.
 
La majesté moderne de la cathédrale Saint-Jean-Vladimir
 
En redescendant vers le littoral, le paysage urbain change radicalement pour laisser place à un chef-d’œuvre de l’architecture contemporaine : la cathédrale orthodoxe Saint-Jean-Vladimir. Achevé en 2016, cet édifice gigantesque frappe le regard par ses dimensions monumentales et ses sept coupoles dorées qui scintillent sous le soleil méditerranéen. L’intérieur de la cathédrale est un choc visuel tout aussi impressionnant, les murs étant intégralement recouverts de fresques aux feuilles d’or d’une finesse et d’une luminosité spectaculaires. C’est un témoignage vivant de la vitalité de l’art sacré contemporain dans les Balkans.
 
Le palais du roi Nikola et la douceur d’une ville côtière animée
 
Contrairement aux cités-musées de la baie de Kotor, la zone moderne de Bar (Novi Bar) offre le visage d’une ville côtière authentique, dynamique et agréable. Le long de sa vaste promenade maritime bordée de palmiers et de pins, vous pourrez visiter le palais du roi Nikola, une élégante résidence royale du XIXe siècle transformée en musée historique. La ville dispose également de grandes plages de galets et sert de point de départ idéal pour explorer le sud sauvage du pays vers Ulcinj ou pour s’évader vers le grand lac de Skadar tout proche, offrant une alternative touristique plus locale et abordable.
 

Comment visiter Bar ?

L’arrivée par les rails ou par la route côtière
 
Bénéficiant d’une excellente accessibilité, Bar est l’une des rares villes côtières du Monténégro à être connectée au réseau ferré. Prendre la ligne de train panoramique depuis Belgrade ou Podgorica constitue une expérience spectaculaire et très économique, la gare ferroviaire se trouvant à seulement 2 kilomètres du centre. Si vous optez pour la voiture de location ou le bus régional, la ville est idéalement située sur la route magistrale E65, à environ 1 heure de Budva et 30 minutes d’Ulcinj. Un grand parking gratuit est disponible le long de la marina, à proximité immédiate de la promenade maritime.
 
La déconnexion piétonne dans les ruines de Stari Bar
 
La visite du joyau de la commune, la cité fantôme de Stari Bar, se situe à 4 kilomètres à l’intérieur des terres et exige une logistique distincte. Vous pouvez vous y rendre en 10 minutes en empruntant un bus local depuis la gare fortifiée ou en prenant un taxi pour environ 5 €. L’accès au site archéologique est payant (comptez environ 5 € l’entrée). Le village médiéval étant entièrement piéton, escarpé et composé de pavés séculaires polis, il est indispensable de porter des chaussures de marche antidérapantes. Prévoyez environ 2 heures pour explorer les ruines à votre rythme.
 
L’exploration du centre moderne et des édifices sacrés
 
En revenant vers le littoral (Novi Bar), la topographie devient totalement plate et se prête merveilleusement bien à une balade à pied ou en vélo. Vous pourrez facilement stationner votre véhicule près du front de mer pour visiter les jardins du palais du roi Nikola (l’entrée du musée historique est à 3 €). De là, une marche de 15 minutes à travers de larges avenues vous conduira jusqu’à la monumentale cathédrale Saint-Jean-Vladimir. L’accès y est entièrement gratuit, mais une tenue correcte (épaules et genoux couverts) est demandée pour admirer les fresques dorées à l’intérieur.
 
L’astuce du timing et la quête de l’olivier millénaire
 
Pour parfaire votre séjour, ne manquez pas de faire un court crochet en voiture ou en taxi (environ 2 kilomètres au sud de Stari Bar) pour admirer l’olivier millénaire Stara Maslina, dont l’accès au parc coûte environ 1 €. Côté calendrier, privilégiez les mois de mai, juin, septembre et octobre afin d’éviter la chaleur étouffante de l’été. Si vous visitez le site en haute saison, programmez l’exploration de Stari Bar tôt le matin (avant 10 h) pour échapper aux rayons du soleil, et profitez de la fin d’après-midi pour flâner sur la promenade de la marina au coucher du soleil.

Rendez-vous manqué avec la vieille ville de Bar

Jeudi 23 juillet. Décidément, rien ne va aller comme je le voulais au cours de ce séjour au Monténégro. Si j’avais réussi à voir à peu près tout ce que je voulais en Bosnie et en Serbie, l’attrait de la plage, les influences de nos amis, les bouchons et les difficultés à tenir un timing vont faire capoter beaucoup de mes plans.

Le prochain sur la liste est la ville fortifiée de Bar. Je suis tellement stressé par la situation, tellement pressé par la demande des uns et des autres et désorienté par les difficultés à se déplacer (on va mettre cinq heures pour faire 60 km !) que j’en oublie de m’arrêter à Bar pour aller voir le centre-ville historique classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

De Bar, je n’en verrai donc que la silhouette, l’accumulation de ses maisons basses dans la baie depuis les hauteurs de la cité. Stari Bar semble en effet perchée en équilibre au pied du mont Rumija, à la fois fière et quelque peu délabrée. Elle enflamme l’imagination par ses panoramas à couper le souffle et ses vestiges énigmatiques.

Créée par les Illyriens vers 800, sous contrôle byzantin au Xe siècle, elle est tour à tour conquise par les Vénitiens (1443) et par les Ottomans (1571), mais son état actuel est dû aux tirs des canons des Monténégrins lors de la prise de la ville en 1878. L’explosion d’une poudrière détruisit le monastère franciscain en 1912 et le séisme de 1979 fit le reste.

Alors que reste-t-il à voir ? Des ruines d’une beauté romantique à couper le souffle. Une forteresse datant du XIe siècle qui domine la ville, perdue entre les montagnes et les oliveraies, le palais de l’archevêque aujourd’hui restauré, des églises, la tour de l’horloge et un aqueduc du XVIIIe siècle.

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