C’est un véritable saut dans le passé à la rencontre des racines de la ville. Fondé en 1673 après la destruction de l’ancienne Panama La Vieja par le pirate Henry Morgan, le Casco Viejo a été conçu comme une ville-forteresse sur une presqu’île pour échapper aux pillages. Son tracé en damier et ses remparts témoignent de cette époque. Aujourd’hui, flâner dans ses ruelles pavées, c’est se plonger dans des siècles d’histoire où se mêlent conquistadors, pirates et la quête d’indépendance, proclamée en 1903 sur la célèbre Plaza de la Independencia. C’est un musée à ciel ouvert où se côtoient différents styles architecturaux. Aux façades colorées de l’époque coloniale s’ajoutent des influences néoclassiques, Art déco et afro-coloniales, reflétant le brassage culturel du pays.
L’attraction principale de la baie est la Cinta Costera, une vaste promenade côtière de 7 kilomètres qui longe l’eau et relie la ville moderne au quartier historique du Casco Viejo. Construite sur des terrains gagnés sur la mer, cette artère est un espace de loisirs à ciel ouvert où les habitants et les touristes viennent courir, faire du vélo, du roller ou simplement se promener. La Cinta Costera offre des vues imprenables sur la baie de Panama, les gratte-ciel du quartier financier et le trafic maritime à l’entrée du canal. Elle est un lieu de vie incontournable pour ressentir l’âme de la capitale. Au sud de la baie, la Calzada de Amador est une chaussée de près de 6 kilomètres qui relie la terre ferme à quatre petites îles (Naos, Perico, Culebra et Flamenco), transformant la mer en terrain de jeu. Cette bande de terre, prisée des amateurs de sports nautiques, est parfaite pour une balade à pied ou à vélo, avec des points de vue magnifiques sur le pont des Amériques et les navires qui patientent pour traverser le canal.
Le parc national de Soberanía est l’un des meilleurs spots d’observation ornithologique d’Amérique centrale, avec plus de 500 espèces recensées. La célèbre Pipeline Road, vieille piste militaire de 17 kilomètres, est mondialement réputée pour les rencontres avec des toucans, des aras, des motmots et même l’insaisissable harpie féroce. Pour une expérience plus insolite, le centre des visiteurs propose un accès à la canopée par un pont suspendu et une tour d’observation de 32 mètres de haut, d’où l’on admire au lever du jour un ballet de perroquets et d’oiseaux colorés. Plusieurs sentiers bien balisés permettent d’explorer la forêt tropicale humide sans risque de se perdre. Le circuit « Plantation Trail », facile et court, convient aux familles, tandis que le « Guanacaste View » offre une montée plus soutenue et un point de vue sur le lac Alajuela. Pour les amateurs de botanique, le sentier « Los Caobos » traverse une forêt secondaire où se distinguent acajous, fromagers et figuiers étrangleurs.
La cathédrale Santa María la Antigua est l’édifice emblématique de Panama. Sa construction a débuté en 1688 sur la place de l’Indépendance, au cœur du Casco Viejo, après la destruction de l’ancienne Panama par Henry Morgan. Il a fallu plus d’un siècle pour l’achever, et elle ne fut consacrée qu’en 1796. Mêlant les styles baroque, Renaissance et néogothique pour ses deux tours jumelles reconstruites au début du XIXe siècle, la cathédrale offre un mélange architectural. C’est sur la place qui la jouxte qu’a été proclamée l’indépendance du Panama, puis son rattachement à la Grande Colombie. Pendant plus d’un siècle, ses tours ont servi de phare aux marins grâce à leurs incrustations de nacre qui brillaient au clair de lune, lui valant le surnom de « cathédrale de nacre ».
Le canal de Panama incarne l’un des plus grands défis techniques jamais relevés par l’humanité. Son histoire est celle d’une lutte acharnée contre une nature hostile : initié par le Français Ferdinand de Lesseps en 1881, le projet tourna au désastre financier et humain, emportant des milliers d’ouvriers par les épidémies de fièvre jaune et de malaria. C’est finalement sous l’impulsion des États-Unis que le canal fut achevé en 1914, réduisant de plusieurs semaines le trajet maritime entre les deux océans. Le point d’orgue de toute visite du canal est l’observation des gigantesques navires franchissant les écluses, un spectacle unique en son genre. À l’écluse de Miraflores, située à seulement vingt minutes de Panama City, les visiteurs peuvent s’approcher à quelques dizaines de mètres des cargos et paquebots, et suivre l’intégralité du processus d’élévation ou d’abaissement de seize mètres, guidés par des petites locomotives qui tractent les navires.
Le parc métropolitain de Panama est un joyau naturel unique, car c’est le seul parc national situé dans une zone métropolitaine. Il offre une bouffée d’air frais au milieu des gratte-ciel de la capitale. Dès les premiers pas sur ses sentiers, on oublie l’agitation urbaine pour s’immerger dans une forêt tropicale sèche luxuriante où se cachent une faune et une flore exceptionnelles. Ce poumon vert est une occasion rare d’observer la nature sans quitter la ville. Ce parc abrite plus de 280 espèces d’oiseaux, ce qui en fait un paradis pour l’observation ornithologique. Les amateurs de faune peuvent facilement apercevoir des toucans, des paresseux, des iguanes, des agoutis, ainsi que des singes capucins et hurleurs qui se déplacent en groupe dans les arbres. Le parc est également un sanctuaire pour la végétation typique de la région. Ces rencontres avec la faune sauvage sont l’un des attraits majeurs du parc, d’autant que les animaux, habitués à la présence humaine, s’approchent souvent à une distance étonnante.
La Iglesia San Felipe Neri est l’un des édifices religieux les plus anciens de Panama, datant de mars 1688. Sa construction a été initiée par l’évêque Lucas Fernández de Piedrahita en 1682, qui demanda au roi Carlos II l’autorisation de fonder un oratoire et un hôpital pour les prêtres de la nouvelle ville. Cette église a été le témoin privilégié de la vie de la cité coloniale et de son transfert après la destruction de Panama. Construite en style baroque, l’église se distingue par son autel finement orné, ses sculptures sur bois complexes et son ambiance paisible. Ses murs épais ont résisté aux deux grands incendies qui ravagèrent le Casco Viejo en 1737 et 1756, et sa charpente coloniale d’origine a été partiellement conservée. L’église possède la particularité unique d’avoir deux chœurs suspendus.
Véritable balcon sur l’océan Pacifique, la place des Français rend un hommage poignant aux quelque 22.000 ouvriers, majoritairement français, qui ont perdu la vie lors de la première tentative de construction du canal au XIXe siècle. Elle est dédiée à la mémoire de « ces pionniers du progrès » et symbolise les liens historiques unissant la France et le Panama. Plus qu’un simple espace vert, c’est un mémorial qui commémore à la fois un échec et l’héroïsme de ceux qui ont rêvé de relier les deux océans. Au centre se dresse un impressionnant obélisque de marbre blanc, dont le sommet est surmonté d’un coq gaulois, symbole de la France. Autour du monument, douze plaques de marbre et des bustes en bronze rendent hommage aux figures clés de l’aventure française, avec au premier plan le buste de Ferdinand de Lesseps, entouré de ses ingénieurs. L’ambiance y est à la fois recueillie et paisible, avec des jardins bien entretenus offrant une véritable oasis au cœur de l’effervescence de la vieille ville.
L’attraction principale de l’église San José est son Autel d’Or. Ce chef-d’œuvre baroque du XVIIe siècle est en acajou finement sculpté et recouvert de feuilles d’or. Ce qui le rend exceptionnel, c’est l’histoire de sa survie : lorsque le pirate Henry Morgan incendia l’ancienne ville de Panama en 1671, un prêtre aurait dissimulé l’autel en le badigeonnant de peinture noire, le faisant passer pour un simple amas de bois. Puis cette pièce fut transportée vers son emplacement actuel lors de la construction de la nouvelle église. Construite entre 1671 et 1677, ses murs en pierre et ses poutres en bois sont un exemple de l’architecture missionnaire espagnole du XVIIe siècle. Son allure extérieure sobre contraste avec la profusion dorée de son autel. L’église abrite d’autres œuvres religieuses.
Le Biomuseo est un chef-d’œuvre architectural signé Frank Gehry, reconnaissable à son toit aux couleurs vives. Dédié à l’incroyable biodiversité du Panama, ce musée interactif offre une perspective unique sur la faune, la flore et la formation géologique de l’isthme. Le bâtiment lui-même est une œuvre d’art, et ses jardins offrent une vue spectaculaire sur la baie de Panama, le canal et la ville. C’est une étape pour comprendre l’importance écologique du pays. Panama est l’un des pays les plus biodiversifiés au monde, et la baie de Panama ne fait pas exception. La baie et ses îlots sont un sanctuaire pour la faune marine et aviaire. Des excursions en catamaran permettent de naviguer au coucher du soleil, avec vue sur les îles de Taboga et le pont des Amériques, d’apercevoir des dauphins dans leur milieu naturel, et de débarquer sur l’île aux singes pour y observer des paresseux. Pour les amateurs, il est même possible de pratiquer la plongée sous-marine ou le snorkeling dans les eaux riches et claires.