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Bich Dong, les secrets de la grotte de Jade

Pourquoi visiter la grotte de Bich Dong ?

Un sanctuaire classé à l’UNESCO

La grotte de Bich Dong ne se résume pas à une simple cavité naturelle, elle est le cœur d’un ensemble architectural et spirituel unique, enchâssé dans la montagne calcaire de Ngu Nhac, au sein du complexe paysager de Tràng An, reconnu par l’UNESCO depuis 2014. Surnommée “Nam Thiên Đệ Nhị Động”, soit la “deuxième grotte la plus belle du ciel du Sud”, elle allie harmonieusement la beauté brute des formations rocheuses à l’œuvre des hommes, offrant aux visiteurs une expérience où la spiritualité et la nature se confondent.

Trois niveaux symboliques

Construit à l’origine en 1428, le site fut redécouvert et réaménagé en 1705 par deux moines bouddhistes, Tri Kien et Tri The, qui lui donnèrent sa forme actuelle en trois pagodes : la Pagode Basse (Ha Pagode), située au pied de la montagne avec ses piliers de pierre monolithes de quatre mètres, la Pagode Moyenne (Trung Pagode), à mi-hauteur, et la Pagode Haute (Thuong Pagode), tout en haut de la montagne. C’est cette disposition en trois niveaux, épousant la forme du caractère chinois “Tam”, qui confère au lieu son caractère unique et sa symbolique d’élévation spirituelle.

Une architecture troglodyte

L’originalité de Bich Dong réside dans son architecture troglodyte : certains sanctuaires sont littéralement enchâssés dans la roche, comme la Pagode Moyenne, dont seuls l’entrée et le toit sont visibles de l’extérieur, le reste étant dissimulé dans la cavité naturelle. L’un des moments forts de la visite est l’exploration de la Grotte Sombre (Dark Cave), un sanctuaire souterrain long et large, dont les parois sont illuminées pour révéler un univers de stalactites et de formations rocheuses aussi impressionnant que mystérieux. On peut également y voir une cloche en bronze, coulée en 1707 par les moines fondateurs, qui résonne encore aujourd’hui comme un témoin du passé.

Conseils pratiques

Pour les voyageurs, un point important est à noter : l’entrée de la pagode est généralement gratuite, ce qui en fait une destination accessible à tous. Une tenue vestimentaire modeste est exigée par respect pour le lieu sacré, et il est recommandé de porter des chaussures confortables pour l’ascension des presque 120 marches jusqu’à la Pagode Moyenne . Les avis des visiteurs s’accordent à dire qu’il est préférable de s’y rendre tôt le matin ou en fin d’après-midi pour profiter de la sérénité des lieux à l’abri de la foule. Enfin, n’oubliez pas de vous arrêter au pont de pierre surplombant l’étang de lotus pour une vue d’ensemble sur ce sanctuaire où la nature et le sacré se répondent en une harmonie parfaite.

Comment visiter la grotte de Bich Dong ?

Localisation et accès depuis Tam Coc

La pagode de Bich Dong est située à flanc de la montagne Ngu Nhac, dans la commune de Ninh Hai, à seulement deux kilomètres du célèbre site de Tam Coc. Depuis Tam Coc, l’option la plus agréable pour s’y rendre est la location d’un vélo, qui permet de parcourir la campagne à travers les rizières en une dizaine de minutes. La marche est également possible en une trentaine de minutes pour les photographes. Depuis la ville de Ninh Binh, un taxi ou un VTC (comme Grab) est nécessaire pour un trajet de quinze à trente minutes . La pagode est incluse dans de nombreuses excursions d’une journée au départ de Hanoï.

Horaires d’ouverture et tarifs d’entrée

La pagode de Bich Dong est ouverte au public tous les jours de 7h00 à 17h00 . L’entrée du sanctuaire est officiellement gratuite, conformément à sa vocation spirituelle de temple bouddhiste. Un petit droit de stationnement peut être demandé pour les motos et les vélos, généralement de l’ordre de 10 000 à 20 000 dongs. Comme tout lieu de culte actif, une tenue vestimentaire correcte (épaules et genoux couverts) est exigée par respect.

L’architecture en trois niveaux de la pagode troglodyte

Bich Dong se distingue par son architecture unique en trois niveaux, épousant la forme du caractère chinois “Tam” qui signifie “trois” . La Pagode Basse (Ha Pagode), située au pied de la montagne, est la première à se présenter. La Pagode Moyenne (Trung Pagode), véritable sanctuaire troglodyte, est littéralement enchâssée dans la roche après l’ascension d’environ 120 marches en pierre. La Pagode Haute (Thuong Pagode), au sommet de la montagne, récompense l’effort par une vue panoramique exceptionnelle sur la vallée, les rizières et les pitons calcaires.

Conseils pratiques

Pour profiter de la sérénité des lieux, il est conseillé de visiter tôt le matin avant l’affluence des groupes de touristes. Le passage par la “grotte aux chauves-souris” (Bat Cave) pour accéder aux étages supérieurs est une partie sombre et étroite qui fait partie de l’aventure. Il est préférable de porter des chaussures de marche confortables, car le sol peut être humide ou glissant, notamment près des étangs de lotus. Attention aux personnes qui pourraient vous demander un paiement pour l’entrée alors qu’elle est gratuite. Enfin, la visite peut être combinée avec la balade en barque à Tam Coc ou la découverte du site classé à l’UNESCO de Tràng An, tout proches.

Bich Dong, les secrets de la grotte de Jade

Vendredi 26 janvier. C’est sous l’insistance de ma gentille hôtesse que ce matin je prends la direction de Bich Dong, la fameuse grotte de Jade, célèbre dans toute la région, car très vénérée par tous les Vietnamiens.

C’est donc de bon matin que je prends un taxi qui me dépose à l’entrée du site. On y accède en traversant un étonnant petit pont de pierre qui affleure à la surface de la rivière. De gros blocs de pierre sont agencés par deux ou par trois, dans le sens de la marche ou du courant, de manière à traverser à sec le cours d’eau qui délimite l’entrée du site.

Un large portique en toiture à pagode, sur trois étages, accueille les fidèles et les touristes. L’empreinte de l’humidité, ses marques noires sur la pierre, donne un cachet indéniable au monument.

En léger retrait, de grands arbres aux branches flottantes, tels des saules pleureurs, magnifient encore l’endroit par leur prestance et leur beauté nonchalante. Puis un long chemin piétonnier traverse d’autres portiques jusqu’à atteindre le pied de la grotte de Jade.

Un premier temple étagé par trois petites pagodes surgit dans son écrin de verdure. D’autres arbres en magnifient la présence. C’est fou comme les Vietnamiens ont l’art de mettre en valeur leurs monuments par l’agencement parfait de la végétation extérieure.

À l’intérieur du premier temple, autels et colonnes s’enchevêtrent pour permettre aux fidèles de rendre hommage aux dieux de la montagne.

À l’extérieur, la cour qui donne directement sur la forêt est peuplée d’une succession de petits temples qui donnent un cachet extraordinaire au lieu.

À gauche de la cour, un petit escalier mène jusqu’au deuxième temple. Je m’empresse donc de le prendre.

Au bout de la volée de marche, voici la deuxième cour du site et son temple carrément accolé aux flancs de la montagne. Une large toiture en pagode coure sur toute la largeur. À chaque extrémité un dragon ondule son corps jusqu’au faîte du temple.

Entre le deuxième et le troisième étage de petites pagodes, on passe enfin à travers la grotte. Pour y accéder, il faut allumer la torche du portable. C’est le noir total ! Au bout du tunnel si je puis dire, voici les rois de la fête ! Ce sont les dieux qui sont honorés ici dans la grotte de Jade.

Et au sortir de la troisième pagode, le panorama est grandiose avec la rivière qui se faufile au milieu d’un étroit corridor fait d’immenses pitons rocheux.

La dernière pagode est creusée à même dans la roche. C’est en quelque sorte un temple troglodytique.

Dans le jardin, je retrouve encore ces magnifiques arbrisseaux aux branches multiples et tortueuses que je trouve si photogéniques.

À l’intérieur du dernier temple, c’est un festival d’offrandes et de couleurs. On vient de loin pour honorer ces dieux de la montagne apparemment. Les plus beaux tissus sont utilisés pour rendre hommage aux dieux.

Une déesse dorée siège sur un trône de jade.

Le lieu est si sacré pour les Vietnamiens que l’empereur Minh lui-même le visita en 1821. C’est lui qui fit creuser l’escalier de pierre qui escalade la montagne.

À gauche de la dernière pagode grimpe encore un chemin au milieu des blocs de pierre qui permet d’accéder à une plateforme qui offre une belle vue sur toute la région. On accède ensuite au sommet du pic rocheux. Mais pour moi, j’en resterais là. Les décors somptueux du dernier temple me fascinent. Je m’attache à jouer sur les perspectives et les premiers plans pour faire quelques clichés au 35 mm.

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