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De Puerto Lopez à Otavalo, de l’océan aux forêt de Ceibos

Pourquoi relier Puerto López à Otavalo ?

Un trajet traversant la diversité géographique équatorienne

La route entre Puerto López, sur la côte pacifique, et Otavalo, dans les Andes du nord, représente un voyage de près de 500 kilomètres qui traverse les trois principales régions continentales de l’Équateur. Ce parcours vous fera passer des paysages tropicaux secs de la côte de Manabí, à travers les cols andins de la cordillère occidentale, jusqu’à la fertile vallée d’Otavalo. Il s’agit d’une expérience de voyage en soi, offrant un panorama complet de la géographie et des cultures du pays en une journée de transit.

Options de transport et durée du voyage

Le trajet direct en bus interprovincial n’existe pas, il est nécessaire de faire une ou plusieurs correspondances. L’itinéraire le plus courant consiste à prendre un bus de Puerto López à Quito (environ 8 à 10 heures de trajet), puis un second bus de Quito à Otavalo (environ 2 heures). Certains voyageurs font une étape à Quito pour se reposer. Il est également possible de louer une voiture privée avec chauffeur pour plus de confort et de flexibilité, mais le coût sera évidemment bien plus élevé qu’en transport public.

Principales étapes et villes de passage

Après avoir quitté la côte, la route remonte vers la Sierra par la ville de Quevedo, porte d’entrée des terres agricoles. Elle gravit ensuite la cordillère des Andes, souvent avec des virages prononcés, avant d’atteindre le plateau andin et la capitale, Quito. De là, la route vers le nord (Panamericana Norte) traverse la « Avenue des Volcans » et passe près du volcan Imbabura pour enfin descendre sur la ville d’Otavalo. Chaque segment offre des vues et une atmosphère radicalement différentes.

Conseils pratiques :

Prévoyez une journée entière pour ce transit si vous utilisez les bus publics, en partant tôt le matin de Puerto López. Ayez des vêtements adaptés à la fois à la chaleur côtière et au froid andin. Gardez vos affaires précieuses à portée de main dans les bus. Il est souvent plus simple et reposant de passer une nuit à Quito avant de repartir pour Otavalo le lendemain. Pour les départs en bus depuis Quito, assurez-vous de partir du terminal terrestre « Terminal Terrestre de Carcelén » ou « Terminal Terrestre Quitumbe », selon la compagnie.

Comment relier Puerto López à Otavalo ?

Aucune liaison directe et nécessité d’une correspondance

Il n’existe pas de bus direct reliant Puerto López à Otavalo. Le voyage nécessite obligatoirement une correspondance dans la capitale, Quito. Le trajet se décompose ainsi en deux étapes principales : un premier voyage en bus de Puerto López à l’un des terminaux terrestres de Quito, puis un second bus depuis Quito jusqu’à Otavalo. Cette configuration demande une journée complète de transport.

De Puerto López au terminal de Quito

Les bus au départ de Puerto López en direction de Quito partent plusieurs fois par jour, principalement en matinée et en début d’après-midi. Les compagnies comme Transportes Loja ou Cooperativa San Luis assurent cette liaison. Le trajet dure entre 8 et 10 heures en fonction des arrêts et du trafic. Le prix du billet se situe généralement entre 12 et 15 USD. Les bus arrivent le plus souvent au Terminal Terrestre de Quitumbe, au sud de Quito.

La correspondance de Quito à Otavalo

Depuis le terminal de Quitumbe, vous devrez prendre un taxi ou un bus urbain pour rejoindre le Terminal Terrestre de la Carcelén, au nord de la ville, d’où partent les bus pour Otavalo. Cette traversée de Quito peut prendre 45 minutes à 1h30 selon la circulation. Les bus pour Otavalo partent très fréquemment (toutes les 20-30 minutes) de 5h00 à 22h00 environ. Ce dernier trajet dure 2 heures et coûte environ 2 à 3 USD.

Recommandations :

Il est impératif de partir tôt de Puerto López (avant 10h00) pour arriver à Quito avec une marge suffisante pour effectuer la correspondance avant la fin des départs pour Otavalo. Gardez vos bagages avec vous dans le bus. Prévoyez des dollars en petites coupures pour les billets et les taxis. Avoir une carte SIM locale avec data peut être très utile pour gérer la correspondance à Quito via des applications de navigation. Pour plus de simplicité, une nuit à Quito peut rendre le voyage moins fatigant.

De Puerto Lopez à Otavalo, de l'océan aux forêt de Ceibos

Lundi 2 juillet. En ce début de semaine, un long voyage nous attend, qui, au final, doit nous permettre de passer la frontière équatorienne pour nous rendre en Colombie. Une longue odyssée dont nous ne soupçonnons pas encore la fatigue… Qu’importe, nous sommes restés un jour de plus sur la côte Pacifique et ma fille est heureuse. L’essentiel est là. Avant de partir vers d’autres cieux, petite séance de photographie pour immortaliser l’hôtel Nantu dans lequel nous résidions.

Un petit paradis planté juste en face de la mer, un peu à l’écart du village sans trop nous en éloigner. Tout simplement idéal. Un seul regret tout de même : je n’ai pas pris le temps de me baigner dans les eaux du Pacifique. Il est vrai que le temps n’était pas vraiment au beau, dimanche.

Allez zou, une dernière photo du totem identifiant l’hôtel et on grimpe dans un tuk-tuk, direction la gare d’autobus. Notre taxi nous a posé un vilain lapin. Pas grave. Nous arrivons largement à l’heure pour grimper à bord du bus de 9 heures qui file tout droit vers Quito… Ou presque ! Plus de 9 heures d’autobus nous attendent !

En quittant Puerto Lopez, impossible de ne pas jeter un regard attendri vers la magnifique côte Pacifique qui défile sous nos yeux.

Sur le chemin, de petites boutiques de guingois vendent souvenirs et bibelots aux touristes égarés.

Puis on passe devant la fameuse plage de Los Frailes que nous n’aurons pas eu le temps de découvrir. Dommage, encadrée par deux collines, elle est l’une des plus belles plages d’Amérique du Sud. Ce sera pour une autre fois. En espérant qu’il fasse beau, cette fois !

Passé la côte Pacifique, nous nous enfonçons vers les terres, direction la petite capitale régionale de Jijijapa où nous nous arrêterons une bonne vingtaine de minutes.

Derrière la vitre de l’autobus, les paysages défilent lentement. On dit souvent que le meilleur moyen de découvrir un pays reste le train, mais en bus, ça vaut aussi parfois le coup.

Le long de la route entre Puerto Lopez et Jijijapa, les forêts de ceibos sont légion. Leurs silhouettes noueuses et harmonieuses surgissent brusquement des broussailles tropicales.

Passé Jipijapa, on s’enfonce dans le cœur du pays. L’Équateur que personne ne visite. Aucun intérêt. Juste la terre. Brute. Des villages qui ne portent pas de nom, des magasins qui n’en sont pas vraiment, des toits de tôle ondulée et de feuilles de palmiers.

Et des boutiques aussi. Ici, tout se vend et tout s’achète. Pas vraiment de loi. Des bouteilles d’on ne sait quoi vendues on se sait où. C’est comme s’il n’y avait pas de nom de ce côté-ci de la planète. « Queso manab ». Qui s’en soucie ? Des bouteilles alignées sur un présentoir et un bus qui file. Direction Quito. La ville de tous les rêves.

Un dernier ceibos surgit de la forêt tropicale. Forêt de broussailles et d’arbres qui ne portent pas non plus de nom. Pas de village. Juste la route qui traverse des paysages sans nom.

Au bout d’une heure, les paysages s’assagissent. La terre est travaillée. Des champs cultivés caressent les vitres du bus.

Un village apparaît. Une boutique. Une rue. Des filles regardent passer les bus comme des promesses d’avenir. Le soleil pèse sur les terrasses désertes.

Et encore des champs. Du blé peut-être. Plus sûrement du quinoa. Des ceibos encore. Des nuages blancs transcendent le ciel. Je me sens bien au milieu de nulle part.

Nulle part, ce sont aussi ces bicoques qui ne portent pas de nom, cabanes de bambous qui tremblent sous le vent, sous la vibration des camions et des bus qui passent. Des rues qui ne mènent nulle part. Des bancs accablés de soleil qui n’accueillent personne.

Et dans un virage, une maison qui semble faire face à l’adversité. Du linge qui sèche tranquillement au soleil. Rien ne transpire de ce côté-ci du monde.

Plus on s’enfonce dans le pays, plus le paysage devient rural. Le grenier à blé ou à grains de l’Équateur. Les céréales poussent sans qu’on ne leur demande rien. Le ventre du pays.

Puis le paysage s’élève de nouveau. La route quitte les terres cultivables pour les hauts plateaux du pays. Vers l’épine dorsale de l’Équateur. La chaîne des volcans. Quito. La capitale.

C’est vers 20 heures qu’on atteint enfin la ville. Gare centrale. Va-t-on passer la nuit ici, ou bien remonter directement vers Otavalo, la capitale du nord ? À l’étage de ma gare, je cours dans tous les sens et interpelle les vendeurs aux comptoirs des compagnies de bus. « Otavalo ? Otavalo ? » Un homme me conduit vers une compagnie située de l’autre côté de la gare. Il y a un dernier bus qui part dans cinq minutes. J’achète les billets et roule ma valise au pas de course. Sur le quai, un bus troue la nuit de ses lumières jaunes. Otavalo ! J’interpelle le chauffeur qui me fait un signe de la tête. Je fais signe à Léa de grimper à bord. Dernier bus pour Otavalo. Cette fois-ci, la chance est avec nous. Trois heures de route nous attendent encore.

Il fait nuit noire. Plus de photos. Juste l’angoisse de ne plus trouver d’hôtel ouvert à cette heure de la nuit. Réservation en poche, je serre fort le billet dans ma main. Trois heures plus tard, on descend à l’entrée de la ville. Des files de taxis jaunes attendent les derniers voyageurs de la nuit. On grimpe à bord d’une Ford et on file vers l’hôtel. Dieu merci. Celui-ci n’a pas encore fermé ses portes. La chambre nous attend. Rien à manger, mais un toit. L’essentiel. Demain matin, nous irons déjeuner de bonne heure, avant de prendre la route pour la Colombie. L’aventure continue.

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