Pourquoi visiter la vallée de la Candelaria ?
Un paysage semi-désertique
La vallée de la Candelaria, souvent appelée à tort « désert », offre en réalité un paysage de badlands d’une beauté saisissante, niché dans une hondonada (creux) traversé par un petit fleuve qui descend de 2 600 à 2 000 mètres d’altitude. Le contraste entre les tons ocre, rouge et blanc des terres argileuses, les pics rocheux environnants et la végétation clairsemée crée un panorama unique en Colombie. Les voyageurs décrivent une « magnifique vallée encaissée bordée de hautes montagnes sur les flancs desquelles poussent quelques champs de maïs », le tout offrant un spectacle minéral d’une grande sérénité . Cette région tire son nom de son isolement, « désert d’âmes », propice au recueillement spirituel.
Le Monastère de la Candelaria
Fondé en 1604 par des moines augustins récollets, le monastère est le premier couvent de cet ordre fondé en Amérique. Construit dans un style colonial sobre, il abrite une étonnante collection d’art sacré, dont six tableaux du célèbre peintre colombien Gregorio Vásquez de Arce y Ceballos. La visite guidée permet de découvrir la chapelle, un petit musée d’antiquités, un superbe patio orné de toiles du XVIIe siècle, ainsi que la grotte où vivaient les premiers ermites. Le monastère est toujours actif (noviciat et retraites spirituelles), mais il accueille les visiteurs et propose même un hébergement simple dans sa posada San Agustín.
Un carrefour d’histoire précolombienne
La vallée de la Candelaria regorge de trésors qui ne se limitent pas à l’architecture coloniale. Le parc archéologique de Monquirá, surnommé « El Infiernito » (le petit enfer) par les conquistadors, abrite un site sacré des indiens Muiscas. Il s’agit d’un observatoire astronomique vieux de 900 ans avant notre ère, composé de monolithes en pierre qui permettaient de déterminer les solstices et de fixer un calendrier agricole. La région est également réputée pour sa richesse paléontologique, avec la découverte de fossiles marins exceptionnels, dont le célèbre Kronosaurus, un reptile géant de l’ère secondaire, exposé dans un musée voisin.
Un paradis pour la randonnée
Les amateurs de plein air trouveront leur bonheur dans les sentiers qui sillonnent la vallée. Une randonnée d’environ une heure relie le village de Ráquira au monastère, offrant des vues imprenables sur les badlands et la vallée encaissée. D’autres itinéraires, comme la longue randonnée de Sáchica à Ráquira via le Río Candelaria, permettent d’explorer plus en profondeur la géographie unique de la région. Pour ceux qui souhaitent prolonger l’aventure, la vallée est également un spot prisé des cyclomontagnards . Enfin, ne manquez pas les « pozos azules », des sources d’eau minéralisée d’un bleu turquoise, véritables piscines naturelles enchâssées dans ce paysage lunaire.
Comment visiter la vallée de la Candelaria ?
Ráquira, porte d’entrée de la vallée
La vallée de la Candelaria est étroitement liée au village artisanal de Ráquira, situé à seulement vingt minutes en voiture ou en bus local. Depuis Bogotá, des bus réguliers partent des terminaux de Salitre ou du Nord pour Ráquira, avec un trajet d’environ trois heures et un coût d’environ 45 000 pesos colombiens. Si vous venez de Villa de Leyva, autre joyau colonial de la région, des navettes locales assurent la liaison vers Ráquira en une quarantaine de minutes pour environ 8 000 pesos. Une fois sur place, plusieurs options s’offrent à vous pour rejoindre le cœur de la vallée et le monastère de la Candelaria : taxi, bus local ou randonnée à pied depuis le centre de Ráquira.
Pour visiter le monastère
Le monastère de la Candelaria, construit en 1604, est le point d’orgue de la visite de la vallée . Il est ouvert toute l’année, et des visites guidées en espagnol sont proposées quotidiennement pour un coût de 15 000 pesos par personne en janvier 2026. Ces visites durent environ trente minutes et permettent d’explorer le musée, la chapelle, les jardins et la célèbre grotte où vivaient les premiers ermites. Le monastère étant toujours actif (noviciat des pères augustins), il accueille également des retraitants et propose même un hébergement simple sur place pour ceux qui souhaitent prolonger leur séjour dans ce havre de paix.
Des activités de plein air
La vallée de la Candelaria est un paradis pour les amateurs de randonnée. Le sentier le plus emblématique relie Sáchica à Ráquira en suivant le cours du río Candelaria, une boucle difficile de 19,4 kilomètres qui demande environ six heures de marche. Ce parcours, qui traverse des paysages de badlands aux tons ocre, rouge et blanc, offre des vues imprenables sur les formations rocheuses et la vallée encaissée. Pour les randonneurs moins aguerris, une promenade plus courte d’environ une heure relie directement le village de Ráquira au monastère, permettant de combiner découverte spirituelle et activité physique en pleine nature.
Conseils pratiques
La meilleure période pour explorer la vallée de la Candelaria s’étend de décembre à mars, pendant la saison sèche, où les températures sont douces (entre 12 et 18 degrés) et les sentiers praticables. Prévoyez des chaussures de marche confortables, de l’eau en quantité suffisante et une protection solaire. Pour ceux qui souhaitent combiner la visite avec l’achat de poteries, le village de Ráquira est réputé pour ses ateliers d’artisanat où vous pourrez observer les potiers au travail et rapporter des souvenirs uniques. Enfin, la visite peut être combinée avec le site archéologique d’El Infiernito, un observatoire astronomique muisca situé à quelques kilomètres, pour une journée complète d’explorsation historique et naturelle.
De Raquira à Villa de Lleyva, la vallée de la Candelaria
Mercredi 11 juillet. La route du retour vers Villa de Lleyva, situé à environ 30 kilomètres de Raquira, sera un vrai délice pour les yeux. Et pour cause, nous repassons par la Vallée de la Candelaria, en surplombant le fameux « desierto ».
En guise de « desierto », c’est surtout une magnifique vallée encaissée bordée de hautes montagnes sur les flancs desquelles poussent quelques champs de maïs.
Le panorama sur la vallée est exceptionnel. Tout au fond, on aperçoit le monastère de la Candelaria surmontée du clocher de sa petite chapelle.
En chemin, nous passerons au large du Museo del Fossil, dont j’ai parlé plus tôt, mais la fatigue de la journée l’emportera. Avec un peu de chance, je reviendrai un jour de ce côté-ci de la planète pour admirer le fameux fossile de Kronosaurus, un reptile géant datant de l’époque où la région était couverte d’une mer peu profonde.
La vallée de la Candelaria abrite également le parc archéologique de Monquira, qui fut naguère un site sacré pour les indiens Muiscas, qui élevèrent ici un centre cérémoniel datant de 900 ans avant l’ère chrétienne. Les conquérants espagnols le baptisèrent « El Infiernito », le petit enfer. Il s’agirait en fait d’un observatoire astronomique qui permettait aux Muiscas de déterminer les solstices d’hiver et d’été, et ainsi de déterminer un calendrier agricole pour les semailles et les récoltes.
Pas loin de là se trouve également un sanctuaire de la faune et de la flore d’Iguaque. Une marche difficile permet d’accéder à la lagune du même nom, le lac sacré des indiens Muiscas des eaux duquel émergea Bachué, la mère du Peuple.