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Effervescence autour du port de pêche de Mbour

Pourquoi visiter le port de pêche de Mbour?

Un spectacle quotidien d’une authenticité saisissante

Le port de pêche de Mbour, deuxième du Sénégal après Dakar, offre un spectacle vivant et authentique qu’il est difficile d’oublier. Le moment le plus prisé pour s’y rendre est le soir, aux alentours de 17 heures, lorsque des dizaines de pirogues colorées franchissent la barre et accostent directement sur la plage. C’est l’effervescence : des hommes aux bras puissants déchargent les poissons fraîchement pêchés, tandis que les femmes, piliers de l’économie locale, se livrent à une négociation intense et passionnée. Cette atmosphère unique, faite de rires, de cris et d’odeurs iodées, plonge le visiteur au cœur de la vie quotidienne sénégalaise, dans une ambiance indescriptible.

Le cœur battant de la pêche artisanale sénégalaise

Véritable poumon économique de la région, le port de Mbour est bien plus qu’un simple lieu de débarquement. Avec entre 1 500 et 2 000 pirogues qui y opèrent, l’organisation de la criée est minutieuse : chaque zone est dédiée à un type de poisson, des espèces destinées à l’exportation jusqu’à celles pour la consommation locale. On y découvre toute une chaîne où rien ne se perd, les invendus étant salés ou séchés, et les coquilles servant même à la fabrication du ciment. La pêche artisanale fait vivre près d’un habitant sur cinq dans ce pays, et le port de Mbour en est l’un des hauts lieux.

Une immersion dans les coulisses du savoir-faire artisanal

Outre l’animation de la criée, une visite du port de Mbour ne serait pas complète sans un arrêt au chantier naval. C’est ici que l’on peut observer les charpentiers de marine perpétuer un savoir-faire ancestral. Les pirogues, réparées et repeintes dans des styles éclatants, illustrent la vitalité de cet artisanat traditionnel. Ensuite, la visite du marché artisanal de la ville est toute indiquée pour prolonger l’expérience, les artisans y travaillant le bois pour créer djembés et statues monumentales. Ces ateliers offrent un aperçu passionnant des compétences manuelles qui sont au cœur de la culture sénégalaise.

Une porte d’entrée vers la Petite Côte et ses trésors

Située sur la Petite Côte, à environ 85 km au sud de Dakar, la ville de Mbour est un excellent point de chute pour qui souhaite explorer la région. La proximité des stations balnéaires de Saly et de la lagune de la Somone permet de combiner la découverte de l’activité portuaire avec la détente sur les plages et l’observation des oiseaux dans les mangroves. Facteur important pour le voyageur responsable, contrairement à d’autres ports, seuls les pêcheurs sénégalais sont autorisés à y travailler, ce qui garantit que les retombées économiques bénéficient directement aux communautés locales.

Comment visiter le port de pêche de Mbour ?

Localisation et accès depuis Dakar

Le port de pêche de Mbour se trouve sur la Petite Côte, à environ quatre-vingt-cinq kilomètres au sud de Dakar, un trajet d’environ une heure trente par la route nationale N1 en bon état. Depuis la capitale, vous pouvez prendre un taxi de brousse (sept‑places) au départ de la gare routière des Pompiers, pour un prix compris entre 1500 et 2500 francs CFA. Pour plus de confort, louez un véhicule avec chauffeur ou réservez une excursion organisée qui inclut le transport depuis votre hôtel. Une fois à Mbour, le port se situe en bord de mer, facilement accessible à pied ou en quelques minutes de taxi depuis le centre-ville.

Horaires et meilleurs moments pour la visite

Le port est ouvert tous les jours, mais l’activité est particulièrement intense à deux moments de la journée. Le matin, vers sept heures, les premières pirogues rentrent avec leur cargaison de poissons frais, créant une ambiance animée de déchargement et de négociations. Le spectacle le plus photogénique a lieu en fin d’après-midi, à partir de seize heures trente, lorsque les couleurs du soleil couchant se reflètent sur les coques des pirogues. Pour éviter la foule et profiter d’une lumière douce, privilégiez une visite en semaine hors vacances scolaires.

Frais et budget à prévoir

L’accès au port lui‑même est libre et gratuit. Les seuls frais éventuels concernent le stationnement (si vous venez en voiture, le parking est souvent informel et une petite pièce de 200 ou 500 francs CFA peut être demandée). Pour déguster un poisson grillé sur place, comptez entre 2500 et 4000 francs CFA par personne selon les espèces. Si vous souhaitez un guide local pour vous expliquer les métiers de la pêche, un pourboire de 500 à 1000 francs CFA est une marque de gratitude appréciée. Les excursions organisées au départ de Saly ou de Dakar incluent généralement le transport et durent une demi‑journée, avec des tarifs variant de 25 à 50 euros selon les prestations.

Conseils pratiques

Munissez‑vous de chaussures fermées et antidérapantes, car le quai peut être glissant à cause des écailles et de l’eau. Protégez‑vous du soleil avec un chapeau, des lunettes et de la crème solaire, car il y a peu d’ombre. Respectez le travail des pêcheurs et demandez toujours l’autorisation avant de photographier les personnes de près. Enfin, prévoyez de la monnaie en petites coupures pour faciliter vos achats de poisson ou de souvenirs sur le marché voisin. Le port de Mbour est un lieu authentique et vivant, véritable cœur battant de la Petite Côte, à ne pas manquer lors d’un séjour dans la région.

Effervescence autour du port de pêche de Mbour

Jeudi 27 septembre. Nous voici arrivés à Mbour. L’un des principaux ports de pêche du pays. Ici plus qu’ailleurs on sent battre le cœur de l’Afrique. L’Afrique millénaire qui depuis le commencement des temps s’est toujours tournée vers le commerce, la pêche et les échanges.

De nombreux touristes dédaignent se mélanger à cette effervescence continue qui règne dans ce petit périmètre, mais ce ne serait alors pas visiter l’Afrique que de ne pas voir ces hommes débarquer leurs cagettes de poissons argentés et les porter directement dans les camions frigorifiques qui attendent à la sortie du port. Sans doute une de mes plus belles photos, négociée avec le grossiste par mon guide.

Puis nous descendons la petite artère encombrée de poissons pourris et d’ordures pour se frayer un chemin jusqu’à la plage encombrée de centaines d’étals de poissonniers.

Mon guide tourne en boucle le traditionnel speech qu’il déroule aux touristes tout en évitant de m’emmener au plus près de la plage. Je n’ai que faire de tout ça, je veux voir l’arrivée des pêcheurs de mes yeux et je me fraye un chemin jusqu’à la plage.

Enfin, j’y suis. Près de moi, mon guide tique un peu. Les hommes et les femmes n’aiment pas se faire prendre en photo, mais l’envie est trop forte de capter un tel élan de vie. Les petites mains du port se précipitent vers les bateaux pour décharger les cargaisons. Tout se fait au pas de course. Chaque seconde est comptée. Ici plus qu’ailleurs, le temps est de l’argent. Chaque franc CFA glané se fait au prix d’une course vers la plage chargée de la précieuse cargaison.

Sur la grève, les bateaux affluent par dizaines. C’est une cohue indescriptible. Des hommes se précipitent à l’eau pour venir décharger les embarcations. Je regrette mon pantalon qui m’empêche de me précipiter à l’eau dans leur sillage. J’en oublie toutes les règles de sécurité. Derrière moi, mon guide en reste bouche bée.

Je relève les pans de mon pantalon et je m’enfonce dans l’eau pour aller au plus près. Je ne voudrais manquer ça pour rien au monde. Les bateaux multicolores tanguent dangereusement sur l’eau tandis que des hommes plongés dans l’eau jusqu’à la taille s’accrochent au bastingage et crient aux pêcheurs leur prix pour ramener le poisson jusqu’à la berge. Saisissant.

Dans l’eau, c’est une cohue indescriptible. Les cagettes de polystyrène flottent dans l’eau. Les cargaisons se négocient. Le bois craque. L’odeur de la marée déchire les estomacs.

Mais rien n’empêche cette folie humaine. Des hommes par centaines se précipitent à l’eau. Du prix de leur sueur, de leur entêtement dépendra sans doute ce qu’ils pourront manger ce soir.

Sur la grève, d’autres hommes patientent dans leurs charrettes à cheval que les hommes de main reviennent avec leur cargaison. Elles seront directement chargées et acheminées vers les grossistes. Chacun sa place. Chacun son effort pour faire vivre le port, ses hommes et ses familles.

Pour vraiment sentir (au propre comme au figuré !) l’effervescence d’un port de pêche en Afrique, il faut arpenter la plage de long en large, en travers et sur les côtés. Il faut savoir se mêler à la foule et aux femmes qui attendent de pied ferme sur la grève l’arrivée des marchandises.

Car vers 17 heures, avec l’arrivée des dizaines de pirogues parties en mer depuis le matin, c’est une cohue indescriptible sur la plage et dans l’eau. Les pirogues franchissent la barre de l’océan Atlantique et les pêcheurs débarquent à vive allure leurs paniers remplis de poissons argentés, de coquillages et de crustacés.

Les amarres sont transportées par les marins et plantées à même la plage. Marcher sur la grève nécessite de sans cesse faire attention à ne pas s’entraver aux cordes des amarres qui se tendent et se détendent au gré du roulis des vagues.

Des hommes en cirés et en tee-shirt s’entremêlent et font le va-et-vient entre la plage et les embarcations. Paniers remplis de poissons en équilibre sur la tête.

Sur la plage, les femmes réceptionnent les précieuses marchandises et attendent de pied ferme les marins chargés de leurs caisses. Des parapluies s’ouvrent pour se protéger du soleil. Pas de chance. Toutes se protègent du soleil et me tournent le dos.

Toutes attendent de négocier au mieux la cargaison. Ce seront elles qui se chargeront de trier, d’écailler et de vider les poissons.

À ce jeu-là, il faut savoir s’imposer, crier, hurler, négocier de pied ferme avec les marins pour obtenir d’eux un peu de travail. Les hommes, éberlués par une telle cohue, préfèrent s’en éloigner.

L’ambiance est tout simplement magique et ramène aux temps ancestraux du commerce, loin des standards occidentaux imposés aux quatre coins du monde. Plus qu’ailleurs, le terme de criée prend tout son sens sur la plage de Mbour.

Une fois dispatchés, les produits de la mer sont alors déposés sous une grande criée installée face à la plage. Les poissons bon marché partent vers la fumerie locale tandis que les espèces nobles sont acheminées vers les centres de conditionnement avant d’être vendues le lendemain sur les marchés de Paris, Marseille et de l’Europe entière.

Sur la berge, le poisson débarqué, il faut déjà reprendre la mer. Les marins poussent ensemble les pirogues qui s’en vont rejoindre les embarcations à plus fort tirant d’eau qui ne peuvent s’amarrer directement sur la plage.

Les hommes s’entraident, épuisent leurs forces à défier les courant et la barre qui sépare la plage de l’océan. C’est à ce prix-là que les hommes tireront bénéfice des produits de la mer.

Sur la plage, d’autres hommes s’occupent à fendre les coquillages et les oursins.

D’autres préparent à même la plage le salage des espèces les moins nobles.

Enfin, il ne faudrait pas quitter la plage de Mbour sans grimper sur la petite dune qui sépare le port du chantier naval où l’on construit des pirogues multicolores de différentes tailles, adaptées à chaque type de pêche.

Toutes adaptées à la pêche au filet, les pirogues s’étalent sur plusieurs centaines de mètres. Les plus grosses peuvent transporter jusqu’à une trentaine de marins.

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