Iglesia Santa Clara, une des plus belles églises de Bogotá
Vendredi 13 juillet. En descendant la Carrera, on tombe un peu par hasard sur le Museo de la Iglesia Santa Clara. Très certainement une des plus belles églises de la ville.
Malgré son aspect extérieur austère et massif de style roman, la iglesia Santa Clara est une des églises les plus richement décorées de la capitale colombienne.
La nef de l’église avec sa voûte en berceau ponctuée par un extraordinaire retable doré à la feuille d’or est un véritable chef-d’œuvre du baroque latino-américain.
Tous les murs de la nef sont recouverts de peintures religieuses.
Il faut se pencher sur chacune des colonnes torsadées qui agrémentent les murs de la nef et remarquer les détails, les figures polychromes qui apparaissent au pied des supports, les boiseries, la délicatesse des sculptures.
Il faut aussi admirer l’expression des regards de ces petites figures sculptées dans le bois précieux, la finesse des traits, la qualité des drapés, la richesse de l’ornementation. Un souci du détail qui ravit mon 35 mm.
L’histoire du musée de Santa Clara remonte à 1647 et à la construction de l’édifice. L’église et le couvent des religieuses Clarisas ont été les témoins de tous les événements historiques de la nation. En 1983, il abandonne sa fonction cultuelle pour abriter un musée dont l’objectif est d’étudier, de conserver, de diffuser et d’exposer les processus culturels des seizièmes, dix-septième et dix-huitième siècles.
Le musée conserve la décoration originale de l’église composée de retables baroques, de peintures à l’huile des XVIIe et XVIIIe siècles, d’images polychromes, de peintures murales et de treillis de style mudéjar.
Au total, il y a plus de 140 pièces, sans compter la riche peinture murale et la décoration du plafond en berceau.
C’est pourquoi la iglesia Santa Clara est considérée comme l’un des joyaux architecturaux et artistiques les plus importants de la période coloniale du pays.
Il existe 103 peintures (dont beaucoup sont signées par Gaspar et Baltazar de Figueroa et Gregorio Vásquez de Arce et Ceballos), 24 sculptures sur bois représentant des figures polychromes des XVIIe et XVIIIe siècles.
En plus de la nef, on peut également visiter la sacristie où se dresse un Christ en croix, la figure d’un prêtre et une collection d’objets d’art religieux.
Puis on passe par un long boyau très obscur, longeant tout le corps de la nef d’un côté, et de l’autre, les cellules des nonnes, réduits minuscules où il n’y avait la place que pour étendre un lit. Cet étroit corridor ramène vers l’entrée de la nef où se dresse la statue d’une pieuse.
C’est ici qu’est exposée cette magnifique descente de Croix où l’on voit la Vierge Marie tenant dans ses bras le corps du Christ entouré des deux bienfaiteurs de l’église Santa Clara.
Tout près de là, un petit angelot ouvre ses bras, le regard implorant.
Retour dans la nef de l’église. Cette fois-ci, je chausse mon 14 mm pour prendre l’ensemble de l’église, murs et plafond compris. Du couvent des Clarisses du XVIIe siècle, en grande partie détruit, il ne reste que la nef de cette église et sa voûte en berceau.
Cette voûte, de style baroque, est ornée de presque 1.000 fleurs à cinq feuilles, dorées et entourées de dessins floraux. Il faut y voir le symbolisme du Jardin d’Eden et du ciel fleuri.
La chair sculptée de personnages polychromes est d’une beauté exceptionnelle. Ajoutés au XVIIe siècle, les portraits sont les figures de trois évangélistes : San Lucas, San Marcos et San Mateo, moulés dans du plâtre et décorés avec des feuilles d’or. Une échelle en bois décorée de peinture à la détrempe donnait accès à la tribune.
Le retable enfin. Le chef-d’œuvre de l’église Santa Clara. Entièrement recouvert d’or, il supporte 13 statues autour de la Vierge et du Christ, tandis que les murs sont couverts de grands tableaux religeux. Entièrement sculpté et doré à la feuille d’or, et entièrement payé par Maria Arias de Ugarte.
Selon des documents historiques, il lui aurait coûté la valeur de 4200 pesos. Les niches présentent des personnages sculptés dans le bois, plusieurs portants des costumes en tissu collé et richement décorés.
Enfin, sur le côté droit du chœur (à gauche de la photo), il faut remarquer la fenêtre avec jalousie (la grille en bois) de style mudéjar qui fait penser aux moucharabiehs du monde arabe.