You are currently viewing Langue de Barbarie, en descendant le fleuve Sénégal

Langue de Barbarie, en descendant le fleuve Sénégal

Pourquoi visiter le parc national de la langue de Barbarie ?

Un sanctuaire pour les oiseaux migrateurs

Le parc national de la Langue de Barbarie est avant tout une réserve ornithologique d’importance internationale. Situé sur une étape majeure de la route migratoire reliant l’Europe à l’Afrique, ce site protégé de 2 000 hectares accueille chaque année des centaines de milliers d’oiseaux. On y observe des espèces rares et spectaculaires : pélicans gris et blancs, flamants roses, aigretts, hérons, sternes et cormorans se côtoient dans une effervescence constante. Les amateurs d’ornithologie y vivent des moments uniques, souvent à quelques mètres seulement des colonies nichant sur les îlots du fleuve.

Un décor unique entre fleuve et océan

Ce qui rend ce parc si particulier, c’est son paysage singulier. Il se déploie sur une étroite bande de sable de 30 kilomètres prisée entre les eaux turquoise de l’océan Atlantique et les eaux douces du fleuve Sénégal. En parcourant ses sentiers, on passe de dunes sauvages fixées par des filaos à des lagunes paisibles, puis à des mangroves. Cette mosaïque d’écosystèmes constitue un véritable musée vivant de la géographie du littoral sénégalais.

Un refuge pour les tortues marines
Entre octobre et février, les plages isolées du parc se transforment en un théâtre naturel fascinant. Les tortues vertes et les tortues olivâtres viennent y pondre leurs œufs sous le couvert de la nuit, dans un ballet silencieux et prudent. Les gardes du parc peuvent guider les visiteurs pour observer ces instants précieux sans déranger les animaux. La période d’éclosion, où les bébés tortues se dirigent instinctivement vers la mer, est l’un des spectacles les plus émouvants offerts par ce sanctuaire naturel.

Un havre de paix à deux pas de Saint-Louis

À seulement 25 kilomètres de l’effervescence de Saint-Louis, la Langue de Barbarie offre une parenthèse de calme absolu. Ses plages de sable fin sont souvent désertes, les pirogues des pêcheurs colorées animent seules l’horizon. On peut s’y baigner (avec précaution), pique‑niquer à l’ombre des arbres rongés par le vent, ou simplement écouter le ressac. Une balade en pirogue dans l’estuaire est également proposée, permettant d’explorer les îlots et d’approcher les oiseaux sans les perturber. De nombreux lodges et agences de Saint-Louis proposent des excursions d’une demi‑journée tout compris pour un tarif raisonnable.

Comment visiter le parc national de la langue de Barbarie ?

Localisation et accès : comment rejoindre ce joyau naturel

Situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Saint-Louis, le parc national de la Langue de Barbarie se trouve précisément à Gandiol, accessible en une quarantaine de minutes de route depuis le centre-ville. Le moyen le plus économique pour s’y rendre est d’emprunter un taxi de brousse (car rapide) depuis Saint‑Louis, une option authentique et peu coûteuse. Pour plus de confort et de flexibilité, on peut aussi réserver une excursion avec une agence locale ou louer un véhicule privé avec chauffeur : comptez entre 10 et 20 euros pour un trajet simple depuis Saint‑Louis. Une fois sur place, il est obligatoire de passer par le bureau de Mouit pour s’enregistrer, payer l’entrée et organiser sa visite guidée.

Tarifs d’entrée et horaires de visite du parc

Le parc est ouvert tous les jours de 8 h à 18 h. Le droit d’entrée pour les visiteurs étrangers est de 2 000 francs CFA par personne. Si l’on souhaite explorer les îles et les mangroves, une balade en pirogue est quasiment incontournable. Elle coûte 7 500 francs CFA par personne, mais le tarif descend à 2 500 francs CFA par personne à partir de quatre participants. Il faut aussi prévoir un guide obligatoire, dont les honoraires sont compris entre 5 000 et 10 000 francs CFA selon les prestations.

Transports sur place et déroulement de la visite

Depuis les accès terrestres du parc, la découverte se fait à pied le long de la bande de sable et sur les sentiers de la réserve. Les guides locaux accompagnent les visiteurs tout au long du parcours. L’excursion classique dure entre trois et quatre heures (demi‑journée) et peut être prolongée en journée complète avec un déjeuner au lodge ou un pique‑nique. La balade en pirogue dure généralement entre une heure trente et deux heures et permet d’observer de près les îlots d’oiseaux ou le phare de Pilote.

Activités et conseils pratiques pour une visite réussie

Le parc national de la Langue de Barbarie est réputé pour son incroyable richesse ornithologique : on y rencontre plus de cent soixante espèces, dont des pélicans, flamants roses, hérons, sternes et cormorans. La meilleure saison pour l’observation des oiseaux s’étend de février à mai, période de nidification intense. Entre octobre et février, les plages isolées deviennent un sanctuaire pour la ponte des tortues marines, un spectacle rare et protégé. Il est recommandé de se munir de jumelles, d’une protection solaire efficace et d’eau en quantité suffisante, car les infrastructures sur place sont limitées. 

Langue de Barbarie, en descendant le fleuve Sénégal

Mardi 25 septembre. Ce matin, je pars à la découverte de la faune et de la flore de la Langue de Barbarie. Une pirogue m’attend au pied de l’hôtel. Nuit parfaite dans mon petit bungalow et ambiance conviviale au bar de l’hôtel. Sauf le patron belge qui croit encore au bon vieux temps des colonies… Bref. Sans commentaire.

Nous voilà embarqués sur la pirogue qui doit nous emmener découvrir la Langue de Barbarie. Sauf que Youssouf, notre guide, a eu l’idée d’embarquer un couple de Canadiens qui nous attendent de l’autre côté du fleuve. Au grand dam de Yérim qui met un point d’honneur à organiser des visites privées. Ok, pas de soucis. On ne va quand même pas en faire une affaire d’État. Du coup, nous voilà partis pour remonter le fleuve Sénégal au lieu de le descendre.

C’est l’occasion pour moi de redécouvrir les quais d’accostage des pirogues alignées tout le long du quartier des pêcheurs de Saint-Louis. Mais cette fois-ci, depuis le fleuve, et non la rive.

Au final, cela devient très rapidement intéressant car plusieurs bateaux de pêche sont prêts à partir pour rejoindre la mer.

Face à nous, les hommes remontent les amarres et s’occupent des derniers préparatifs avant de prendre la mer.

Sur les bateaux, c’est l’effervescence. Et tous les hommes du bord s’acquittent de leur tâche.

Derrière moi, entre deux blagues éculées, Youssouf me fait comprendre que chaque famille possède son bateau et que chacune de ces familles arbore des couleurs différentes. Ainsi, contrairement aux apparences, aucun bateau ne se ressemble.

Ça y est. Un premier équipage a largué les amarres et s’élance sur le fleuve Sénégal. Il faudra d’abord le descendre et gagner l’embouchure avant de prendre le large sur les vagues de l’océan Atlantique.

Depuis le pont de son bateau, le capitaine nous salue. À bord, toute la famille est là. Les plus jeunes assistent les plus expérimentés.

Avant de nous rendre sur les eaux de la Langue de Barbarie, on remonte et on redescend le fleuve Sénégal pour aller chercher le couple de Suisses qui fera l’excursion avec nous. C’est l’occasion de découvrir Saint-Louis et son port depuis notre embarcation.

Les pirogues des pêcheurs amarrées le long du fleuve sont légion. C’est l’occasion pour moi de commencer à visser mon 300 mm pour capturer quelques premières photos.

Sur les eaux du fleuve Sénégal, les jeux de lumière sont magnifiques. Les reflets des bateaux et des quelques immeubles permettent de réaliser quelques bons clichés.

Je suis moi-même étonné de la qualité des photos. Par beau temps, ce 300 mm bon marché permet de faire quelques bonnes photos malgré son ouverture très moyenne. Par temps gris ou pluvieux, ce serait une autre histoire, je suppose…

Je reste encore ébahi par la multiplicité des couleurs des embarcations, chacune de ces combinaisons permettant d’identifier une famille de pêcheurs.

La remontée et la descente du fleuve vont prendre une bonne heure, mais au contraire de Yérim qui peste encore que mon guide ne m’ait pas réservé une « visite privée », j’en suis plutôt ravi. Cette descente du Sénégal me permet en effet d’avoir une tout autre vision de Saint-Louis. Magnifique.

En redescendant le fleuve Sénégal qui traverse toute la vielle ville de Saint-Louis, on ne peut être qu’époustoufler par toutes ces scènes de la vie quotidienne qui bouillonnent le long de ses berges. Comme ces hommes qui profitent des eaux du fleuve pour laver leurs chevaux. Mais j’y reviendrai plus bas.

Traverser le fleuve en pirogue, en amont comme en aval, est aussi un excellent moyen de se déplacer à moindres frais pour beaucoup de familles de Saint-Louis.

Plus en amont encore, la Compagnie du Fleuve, une société privée, vient de racheter ce bateau pour organiser des croisières sur le fleuve.

Flambant neuf, le bateau vient tout juste d’être restauré et remontera les eaux du fleuve au moment de la saison touristique, à partir de novembre.

Sur les berges du fleuve, la vie animale est riche comme en témoigne ce superbe varan de plus de deux mètres de long qui se cache parmi les hautes herbes qui poussent sur les rives.

En aval, quelques investisseurs fortunés ont racheté quelques-unes des plus belles maisons de l’île Saint-Louis pour les transformer en hôtels ou en restaurants.

À deux pas de là, quelques jeunes adolescents se risquent sur les berges du fleuve pour une partie de pêche à pied.

Un des restaurants de l’île Saint-Louis a fait aménager cette terrasse sur pilotis pour accueillir les touristes.

À quelques mètres de là, des enfants jouent dans les eaux du fleuve.

Et toujours les chevaux que l’on vient nettoyer sur les berges. Une chance pour mon 300 mm.

Laisser un commentaire