Parc national de Thung Nham, la réserve de la vallée des oiseaux
Vendredi 26 janvier. Deuxième excursion de cette matinée : Thung Nham, la vallée des oiseaux. Connu en effet pour être un véritable refuge pour tous les volatiles de la jungle vietnamienne. Bon, autant le dire tout de suite, je les entendrais plus que je ne les verrais. Toujours est-il que la balade est belle à faire. Je vais marcher pendant quelques kilomètres à travers l’épaisse forêt tropicale qui enserre la région de Ninh Binh.
Pourquoi marcher avec cette belle rivière qui serpente à travers toute la réserve ornithologique ? Tout simplement parce que je ne verrai pas âme qui vive à l’embarcadère principal qui se trouve face à l’allée principale du parc.
Du coup, j’ai beau demander mon chemin, demander où se trouvent les « rameuses à pied » du parc, impossible de les trouver. Je suis bon pour la marche à pied ce matin ! Le temps de franchir ce joli pont et me voici sur le sentier principal qui longe la rivière et une grande partie de la réserve.
J’emprunte soit des chemins de terre très bien balisés, soit des passerelles de bambous qui longent le cours d’eau et s’accrochent à la paroi des pitons rocheux. Magique.
Au bout d’une heure de marche, me voici arrivé au point le plus haut de la réserve. En fait, je me trouve sur sa rive opposée, face au spectacle des grands oiseaux qui nichent dans les arbres dressés devant moi. Pas de paire de jumelles pour observer la faune. Dommage. Je prends un Sprite à la boutique du coin et je m’installe confortablement pour observer et entendre le chant des oiseaux.
Depuis ce sommet des oiseaux, le panorama est vraiment très joli. En fait, on peut aussi bien admirer les volatiles (si on les voit !) que la flore tropicale : banians, litchis, goyaviers, manguiers, caramboliers, etc.
Un couple de Français me rejoint bientôt au sommet. C’est le moment que je choisis pour prendre le chemin du retour et pour m’enfoncer de nouveau au milieu de la jungle tropicale. Je ne me lasse pas de ces passerelles de bambous accrochées aux falaises.
Elles longent la rivière et permettent de s’approcher au plus près de l’eau, des espèces qui vivent là, insectes, poissons et autres volatiles.
Autour de moi, les arbres sont d’une beauté féerique, comme tout droit sortis d’une forêt enchantée.
En revenant à l’intérieur du parc, on plonge littéralement dans un petit Vietnam avec de sublimes paysages de cultures du riz en terrasses. Ici, les formes sont travaillées à l’extrême, l’esthétisme l’emporte sur la culture, et les rizières deviennent un tableau d’art à part entière. C’est tout simplement magnifique.
Autour des champs de riz en terrasse, l’artiste a même imaginé les courbes de la rivière qui forme une superbe boucle et se marie harmonieusement avec les champs agricoles.
Ces créations paysagères font l’objet de toutes les attentions des jardiniers du parc. De nombreux ouvriers travaillent en permanence sur le site pour maintenir l’harmonie des lieux. Un travail de titan.
Cet éco-parc est un véritable exemple pour tout le pays. Il donne une idée de ce que fut le Vietnam pendant des centaines d’années, période pendant laquelle (et encore aujourd’hui) le riz fut le seul moyen de subsistance pour une grande partie de la population.
On peut visiter le parc à pied comme je le fais, mais aussi à vélo. Quant aux fameuses barques à fond plat, je n’ai jamais trouvé les rameuses près de l’embarcadère.
À deux pas de là, ce sont des bœufs asiatiques qui ont été amenés ici pour renforcer encore plus l’harmonie bioculturelle du parc.
De retour vers l’entrée du parc. Quelques arbustes sont déjà en fleur malgré la saison hivernale. Celui-ci se couvre déjà de magnifiques petites fleurs mauves. Superbe.
Enfin, par acquis de conscience, et éventuellement pour grimper à bord d’une des nombreuses barques amarrées, je retourne vers l’embarcadère principal. Pas une âme qui vive. J’ai soif. Je sirote un jus d’orange sur les marches du quai et je profite du paysage.
Une dernière petite photo des barques avant de retourner à l’entrée du site où m’attend mon chauffeur. Cet après-midi, je prends le train pour Hué depuis la gare de Ninh Binh. Je vais regretter de quitter un si bel endroit.