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Raquira, l’extraordinaire convento de la Candelaria

Pourquoi visiter le couvent de la Candelaria à Raquira ?

La maison mère de la province de la Candelaria

Le couvent de la Candelaria n’est pas un édifice religieux parmi d’autres : il est considéré comme le plus ancien couvent de Colombie encore en activité, ses origines remontant à 1597, lorsqu’un groupe d’ermites s’installa dans la région et commença à bâtir des huttes de chaume et une chapelle dédiée à la Vierge. Sa fondation officielle intervint le 12 août 1604 par le père Mateo Delgado, et l’édifice actuel fut construit entre 1604 et 1611. Ce lieu est la « Casa Madre » de la Province de Nuestra Señora de la Candelaria, ce qui en fait le berceau spirituel de l’ordre des Augustins récollets en Amérique.

Un lieu de vie monastique

Le couvent a très vite joué un rôle clé dans l’histoire religieuse colombienne. Il fut choisi comme noviciat de la Recolección, et de ses murs sont sortis les fondateurs qui essaimèrent ensuite à Cartagena, Bogotá, Panama ou Tunja. La vie y était si dynamique qu’il accueillit de nombreux chapitres provinciaux et servit de centre de rassemblement pour toute la région. Aujourd’hui encore, il est destiné au noviciat des pères augustins et à l’accueil de retraites spirituelles, perpétuant ainsi une tradition de prière et de réflexion vieille de plus de quatre siècles.

Un musée d’art colonial exceptionnel

L’intérieur du couvent abrite une collection d’art colonial d’une grande richesse, avec des jardins, des galeries aux arcs semi‑circulaires reposant sur des colonnes de pierre, un petit musée d’antiquités et une église. La galerie de portraits et de peintures compte des œuvres réalisées par différents artistes de l’époque coloniale, dont six tableaux du célèbre peintre bogotano Gregorio Vásquez de Arce y Ceballos, figure majeure de l’art colonial sud‑américain . Ces trésors font du couvent bien plus qu’un simple sanctuaire religieux : c’est un véritable musée à ciel ouvert.

Un lieu de mémoire nationale 

Témoin silencieux de l’histoire colombienne, le couvent a subi les soubresauts du pays. En 1861, les lois anticléricales du dictateur Mosquera obligèrent les religieux à évacuer les lieux, mais le bâtiment ne subit pas de dégâts majeurs grâce à la surveillance discrète de certains pères restés sur place . Il fut rouvert officiellement comme noviciat le 15 décembre 1876 et retrouva sa splendeur grâce à la restauration menée par saint Ezechiel Moreno . Cet héritage de résilience, allié à l’impressionnant patrimoine artistique qu’il abrite, fait du couvent de la Candelaria une étape incontournable pour ceux qui souhaite comprendre l’histoire religieuse de la Colombie.

Comment visiter le couvent de la Candelaria à Raquira ?

Localisation et accès

Le couvent de la Candelaria, également connu sous le nom de Monasterio del Desierto de la Candelaria, se trouve à environ sept kilomètres du village artisanal de Ráquira, dans le département de Boyacá. Pour vous y rendre, la route Ráquira – La Candelaria est actuellement en cours de pavage . En voiture, le trajet depuis le centre de Ráquira ne prend qu’une quinzaine de minutes. Une alternative consiste à rejoindre le monastère à pied par un sentier de randonnée, avec une durée d’environ une heure trente à deux heures selon votre rythme. Depuis Villa de Leyva, la ville touristique la plus proche, le couvent est accessible en environ trente minutes de voiture.

Horaires d’ouverture

Le monastère est ouvert toute l’année, mais la meilleure période pour le découvrir est en dehors des grandes célébrations religieuses si vous souhaitez profiter d’une visite plus calme. La fête patronale de Notre-Dame de la Candelaria se déroule chaque année le 2 février, avec une neuvaine commençant le 22 janvier . C’est une période de grande affluence, attirant de nombreux pèlerins de toute la région. Pour une expérience plus spirituelle, la Semaine Sainte est également un moment privilégié pour visiter ce haut lieu de recueillement des pères augustins récollets. Le monastère sert actuellement de noviciat et de lieu de retraites spirituelles.

Tarifs et options de visite

L’entrée au monastère donne accès à ses différentes salles d’exposition, où vous pourrez admirer des tableaux de l’époque coloniale . Pour les voyageurs souhaitant une expérience encadrée, des excursions sont proposées depuis Villa de Leyva, avec des départs à 9h00 ou 14h00, incluant le transport, un guide professionnel et une assurance accident . Le tarif de ces circuits organisés est d’environ 360 000 pesos colombiens par personne, mais il est important de noter que ce prix ne comprend pas les droits d’entrée ni les pourboires. Il existe également des formules de groupe, avec des tarifs dégressifs. Une réservation préalable est obligatoire pour garantir la disponibilité des guides.

Hébergement et services sur place

Le couvent dispose d’une infrastructure d’accueil pour les visiteurs souhaitant prolonger leur séjour. La communauté augustinienne propose un hébergement avec une capacité d’environ cent vingt personnes. Sur place, vous trouverez également un restaurant, ce qui est pratique pour une visite qui peut durer plusieurs heures. Le complexe comprend également des jardins entretenus avec soin, où il fait bon se promener après la visite des salles d’exposition. Pour les randonneurs, il est également possible d’explorer les grottes que les premiers ermites avaient construites pour se consacrer à la prière et à la contemplation.

Raquira, l'extraordinaire convento de la Candelaria

Mercredi 11 juillet. Finalement, nous avons pu trouver un taxi qui veuille bien nous emmener jusqu’au Convento de la Candelaria, à quelques kilomètres de la petite ville de Raquira que nous irons visiter plus tard.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous allons être chanceux, et vraiment tout à fait par hasard. Car une fois au milieu de la petite place du couvent, nous ne savons où nous rendre pour visiter le monastère. Du coup, nous poussons la petite porte de bois de l’église et nous pénétrons à l’intérieur. Sans le savoir, nous pénétrons dans l’église du couvent, aujourd’hui en réfection et interdite au public.

Avec ses alcôves peuplées de saints et d’apôtres, cette petite chapelle est magnifique. D’une simplicité désarmante, ce qui en fait sa réelle beauté.

On peut même s’approcher du trésor de la chapelle : ce magnifique retable recouvert de feuilles d’or au centre duquel se tient un Jésus en croix.

Puis nous ressortons par une petite porte qui donne sur le « petit couvent » autour duquel s’articulent les cellules de la petite communauté de moines qui y réside encore aujourd’hui. Une vingtaine de moines colombiens et brésiliens maintient ainsi la tradition monacale de prière et de méditation, basée sur l’enseignement de Saint Augustin.

Enfin, en nous entretenant avec les jardiniers qui travaillent aux jardins du petit cloître, on finit par accéder à l’entrée officielle du monastère. Une jeune étudiante de Bogotá se charge de mener la visite tout en nous ramenant vers la place principale du couvent où trône la statue de saint Augustin et du fondateur du couvento, le père Mateo Delgado.

Mateo Delgado a connu une vie mouvementée. Il fut d’abord chirurgien laïque auprès du roi Philippe II d’Espagne. Il se maria, eut deux enfants… Puis la famille se divisa pour des raisons spirituelles et religieuses. Du coup, Mateo s’engagea dans les ordres et devint moine, sa femme nonne et un de ses fils prêtre.

Âgé de 70 ans, Mateo Delgado quitta son pays et se fixa à la Candelaria en 1585 pour aider les ermites qui vivaient en silence dans des grottes. Selon la légende, le père Delgado vécut 105 ans et mourut au « désert » en 1631 !

Drôle de désert tout de même que cette région de Raquira où fut fondé ce monastère. Aujourd’hui, les jardins du Convento abritent de magnifiques bougainvillées savamment entretenues.

Isolé en pleine campagne, dans le creux d’un vallon planté de petits bois, ce couvent dédié à Nuestra Señora de la Candelaria fut fondé en 1604, et achevé en 1661. Il fut le premier monastère de l’ordre des Augustins récollets créé en Amérique… Et se cache donc, loin de l’agitation du Monde, dans un site nommé « desierto ».

Pour la première partie de la visite, nous irons donc sur les traces des premiers ermites du site en visitant les fameuses grottes où ils s’étaient réfugiés pour prier en silence. Quelques niches abritent des statues de saints et celle de la Vierge Marie.

Après les grottes des premiers ermites, retour au monastère pour découvrir le magnifique cloître au centre duquel se dresse une fontaine ronde toute simple, laquelle est cernée des bustes des différents pères qui ont dirigé le couvent.

L’origine du monastère remonte à l’année 1597, ce qui en fait le plus ancien couvent de Colombie. Car bien que d’autres aient été construits dans la colonie espagnole les années précédentes, ils ont toutefois disparu ou n’existaient pas à l’époque en tant que couvents.

En 1861, les lois anticléricales du dictateur Mosquera obligèrent les religieux à se retirer et à laisser le couvent aux mains de l’État. Il ne subit aucun dommage majeur car certains religieux continuèrent à l’entretenir.

Aujourd’hui, il est un lieu de retraite, de réunion et de formation, en particulier le noviciat. Les novices dorment dans les chambres aménagées autour du cloître.

S’il est destiné à la retraite religieuse et spirituelle des moines Augustins du Récollet, il offre également un service d’hébergement aux touristes, avec l’attention d’un groupe de religieuses.

Au premier étage se trouve un petit musée d’antiquités où sont entreposées diverses statues dont quelques-unes d’entre elles sont habituellement exposées dans la chapelle aujourd’hui en réfection.

Bien entendu, on y croise le buste du père fondateur du monastère, le père Mateo Delgado.

Après la visite du petit musée où sont entreposés pêle-mêle instruments de musique, antiques projecteurs de cinéma et vieilles machines à coudre, nous ressortons par le petit cloître, le même par lequel nous étions ressortis de l’église tout à l’heure. Là encore, une petite fontaine ronde dominée par une croix trône en plein milieu du cloître. Une statue en bronze du père Matéo Delgado rend hommage au fondateur du monastère.

D’un rapide regard circulaire, on comprend aussitôt que la vingtaine de moines qui font encore vivre le monastère réside dans les cellules aménagées autour du cloître, juste au-dessus des arcades.

Nous passons justement sous les arcades, d’abord dans une salle où sont entreposées d’autres machines à coudre utilisées autrefois par les moines pour confectionner leurs robes, puis vers la cellule du père Matéo Delgado.

Nous remontons les arcades. Les murs blancs du monastère sont littéralement recouverts de tableaux religieux.

Parmi les joyaux artistiques exposés, il convient de mentionner le tableau de la Virgen de la Candelaria, peint en 1597 par Francisco del Pozo, un artiste italien qui vivait à Tunja.

Sous les arcades, on peut ainsi admirer une importante collection de peintures réalisées par plusieurs artistes de la colonie colombienne au temps de la domination espagnole, dont le Gregorio Vásquez de Bogotá.

Après la magnifique collection de peintures, on pénètre enfin dans le saint des saints… La cellule du père Mateo Delgado, d’une simplicité désarmante. Une paillasse pour dormir, une table, une chaise, une bougie et un livre. La Bible. Dans l’alcôve du mur, une représentation de la Sainte-Vierge.

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