Villa de Leyva, la ciudad blanca au petit matin
Mercredi 11 juillet. Villa de Lleyva au petit matin. La vie paisible au bout du monde. Colombie. À des années-lumière de toutes les idées reçues sur ce pays réputé pour sa violence. Un petit coin de table pour un petit café en attendant que ma fille finisse de parler avec un jeune Colombien du coin qui lui a fait la cour… La vie est belle.
Le ciel bas et les nuages gris se sont fait la malle pendant la nuit. Tant mieux. Le bleu du ciel recouvre les pavés quatre fois centenaires de la Plaza Mayor.
L’église du village présente une façade d’un blanc immaculé tandis que le soleil darde ses rayons dans ma direction.
Au centre de la place se dresse une fontaine que j’avais à peine remarquée la veille au soir. C’est fou comme un ciel bleu et un morceau de soleil peuvent changer l’aspect des choses.
Les rues pavées et les blanches façades accueillent les voyageurs qui arrivent à Villa de Leyva, municipalité du Boyaca qui appartient au réseau des Villages du Patrimoine Colombien.
En plus d’être une cité touristique, Villa de Lleyva est un vrai centre culturel. Le festival du cinéma (3-7 août), la fête nationale du Cerf-volant (mi-août), et la fête de la lumière (7 décembre) sont des grands évènements au niveau national.
Sur la place, l’effervescence gagne les enfants du pueblo. Et pour cause, ce week-end, c’est la fiesta au village et les premiers forains ont pris possession d’une partie de la place.
Près des camions tout-terrain, on ne chôme pas. On s’attelle à monter les manèges qui feront sensation pendant la fête.
Avec ce beau soleil revenu, l’idée de faire un nouveau petit tour dans la ville me titille. Nul besoin d’aller très loin. Les rues principales qui donnent sur la place feront très bien l’affaire.
Située à l’écart des principales routes commerciales, dans une vallée de haute altitude semi-désertique et dépourvue de gisements minéraux à exploiter, la ville s’est peu développée au cours des 400 dernières années.
Du coup, c’est l’une des rares villes de Colombie à avoir conservé une grande partie de son style et de son architecture coloniaux d’origine : les rues et la grande place centrale sont toujours pavées de pavés et de nombreux bâtiments datent du XVIe siècle.
Retour au café. Léa est toujours avec son ami colombien. Du coup, j’en profite un peu pour ouvrir mon guide. Je trouve des anecdotes intéressantes sur cette ville où même le temps semble s’être arrêté.
Ainsi, pour l’anecdote, la vallée dans laquelle se trouve la ville est riche en fossiles de la formation de Paja (époque crétacée), le plus célèbre étant un Kronosaurus boyacensispresque complet, découvert en 1977 à environ 4,8 km à l’ouest de Villa de Leyva.
Connu simplement sous le nom de El Fósil, le fossile a été laissé in situ à l’endroit où il a été découvert et un musée a été construit autour : un autre plus petit fossile de Kronosaurus a été découvert à proximité et amené au musée pour être exposé à côté du spécimen plus grand.
Bon, voilà pour l’anecdote. Je vais chercher Léa au pied de notre hôtel et on file aussitôt à travers les rues de la ciudad, en direction de la station de bus.
C’est l’occasion de réaliser de nouveaux clichés de ces rues si élégantes avec ces balcons de bois sculptés, ces façades blanchies à la chaux, ces menuiseries élégantes et ce style inimitable du baroque ancien d’Amérique du Sud.
Un dernier petit tour avant de se rendre au terminal de bus où nous espérons prendre un taxi pour nous rendre dans les environs de Raquira. Marcher au milieu de ces rues désertes est un vrai plaisir.
Quelques habitants sortent ici et là de leur habitation pour se rendre dans les magasins de la Plaza Mayor, mais ce n’est vraiment pas la foule.
Les rues sont désertées, mais aussi surprenant que cela puisse être, dès le week-end venu, elles sont remplies de monde. Les habitants de Bogotá n’hésitent pas le week-end venu à faire la route pour profiter du grand air et du plaisir de vivre hors du temps.
Du coup, les habitants mettent un point d’honneur à entretenir leurs maisons quatre fois centenaires qui abritent pour beaucoup d’entre elles des chambres d’hôtes ou des gîtes.
Dans les environs de la Plaza Mayor, c’est carrément comme un concours de beauté qui se joue sous nos yeux, à qui aura la plus belle maison, la mieux restaurée, sans jamais déroger au style baroque du XVIIe siècle.
Après ça, on s’enfonce de nouveau dans le cœur du village, en reprenant à peu près le même chemin que la veille au soir.
Mais cette fois-ci, le ciel bleu est plus ou moins au rendez-vous et permet de mieux apprécier les boiseries des maisons.
On retourne même du côté de la magnifique Plazoleta del Carmen, mais le couvent et l’église demeurent encore fermés au public. Décidément, il n’y a rien à faire.
Allez zou, on s’en retourne en arrière, à la recherche d’un taxi qui pourrait nous emmener jusqu’au couvent del Desierto de la Candereria, près de Raquira. On en trouvera sûrement un du côté de la station de bus. Vamos !