Pourquoi visiter Villa de Leyva ?
Une architecture coloniale préservée
Fondée en 1572, Villa de Leyva est l’une des villes coloniales les mieux conservées de Colombie, classée monument national dès 1954 et inscrite sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO. Son éloignement des routes commerciales principales et l’absence de ressources minières à exploiter ont figé son développement pendant quatre siècles, préservant ainsi intact son charme d’antan. En arpentant ses ruelles pavées bordées de maisons blanchies à la chaux, on a l’impression de pénétrer dans une autre époque, où le temps semble s’être arrêté. Cette authenticité rare fait de Villa de Leyva une destination prisée aussi bien par les Colombiens que par les voyageurs étrangers en quête d’un décor de carte postale préservé de toute modernité invasive.
La Plaza Mayor
Au centre de ce joyau colonial se dresse la Plaza Mayor, l’une des plus grandes places pavées d’Amérique du Sud avec ses 14 000 mètres carrés. Ce vaste espace ouvert, entouré de bâtiments coloniaux parfaitement conservés et bordé de restaurants et boutiques d’artisanat, est le lieu de vie incontournable de la ville. La petite fontaine mudéjar qui orne son centre contraste harmonieusement avec l’immensité du lieu, invitant à la flânerie et à la contemplation. L’église paroissiale, construite en 1604, domine la place et rappelle que l’histoire religieuse et politique du pays s’est écrite ici, notamment à travers la figure d’Antonio Nariño, héros de l’indépendance, qui vécut dans cette ville ses dernières années.
Des richesses paléontologiques exceptionnelles
Ce qui rend Villa de Leyva véritablement unique, c’est son exceptionnel patrimoine fossile, témoin d’un passé géologique fascinant. Il y a des millions d’années, la région était recouverte par une mer peu profonde, comme en attestent les nombreux fossiles marins que l’on peut encore trouver dans les environs. Le Museo El Fósil abrite un squelette presque complet de Kronosaurus, un reptile marin préhistorique découvert sur place, offrant un spectacle saisissant aux amateurs de paléontologie. Les vestiges du passé ne s’arrêtent pas là : El Infiernito, site archéologique précolombien, présente des monolithes de pierre alignés par la civilisation Muisca à des fins astronomiques, constituant un véritable “Stonehenge” colombien qui témoigne de l’ingéniosité des peuples autochtones bien avant l’arrivée des Espagnols.
Une nature contrastée
Au-delà du centre colonial, les paysages environnants offrent une diversité saisissante qui contraste avec la quiétude des ruelles pavées. À quelques kilomètres de la ville, les Pozos Azules déploient leurs eaux turquoise dans un décor semi-désertique, créant un tableau étonnamment harmonieux. Les amateurs de randonnée peuvent s’aventurer jusqu’aux cascades de La Periquera ou entreprendre l’ascension vers le sanctuaire de faune et de flore d’Iguaque, où se niche un lac glaciaire sacré pour la mythologie Muisca . Cette région est également l’une des rares zones viticoles de Colombie, permettant aux visiteurs de déguster des vins locaux dans un cadre enchanteur.
Comment visiter Villa de Leyva ?
Se rendre à Villa de Leyva en bus : la solution économique
Prendre le bus est la manière la plus économique de rejoindre Villa de Leyva depuis Bogotá. Le départ se fait depuis le Terminal de Salitre, l’une des principales gares routières de la capitale. Les compagnies Omega Ltda et Los Libertadores assurent cette liaison avec des départs réguliers tout au long de la matinée. Un billet pour Omega coûte environ 13 dollars (soit un peu moins de 60 000 pesos colombiens), tandis que Los Libertadores facture environ 15 dollars (près de 70 000 pesos) pour un trajet légèrement plus rapide. Les bus sont confortables, équipés de la climatisation, et vous déposent directement à la gare routière de Villa de Leyva, située à seulement un pâté de maisons de la Plaza Mayor. Les horaires de départ sont variés, avec des options dès 5h05 du matin, 9h10, 13h15 ou encore 14h40, ce qui permet de s’adapter à votre planning.
Opter pour une voiture ou un transfert privé : liberté et confort
Pour ceux qui privilégient la flexibilité et le confort, la voiture ou le transfert privé est la meilleure option. La distance entre Bogotá et Villa de Leyva est d’environ 165 kilomètres, pour un temps de trajet d’environ deux heures trois quarts à trois heures, selon l’itinéraire choisi. Trois routes principales s’offrent aux conducteurs. L’itinéraire le plus rapide évite d’entrer dans Tunja en prenant la variante par Samacá, ce qui permet de gagner du temps et de parcourir une distance légèrement plus courte. Une autre option, plus longue mais avec un seul péage, passe par Chiquinquirá. Sur le trajet, vous rencontrerez trois péages d’un coût unitaire d’environ 8 000 à 8 300 pesos (environ 2 dollars chacun). Pour ceux qui ne souhaitent pas conduire, il est très facile de trouver un chauffeur privé à Bogotá. Cette solution vous permet de profiter pleinement des paysages de la cordillère Orientale sans vous soucier de la route, et de faire des arrêts spontanés, par exemple pour déguster des arepas de choclo ou visiter le village artisanal de Ráquira en chemin.
Comprendre les options de transport : points de départ et alternatives
Il est important de noter une différence d’information entre les sources concernant le terminal de bus. Si plusieurs sites mentionnent le Terminal del Norte, les données les plus récentes des comparateurs de bus indiquent que les départs principaux se font depuis le Terminal de Salitre pour les compagnies Omega et Los Libertadores. Il est prudent de vérifier le lieu de départ exact sur votre billet ou auprès de la compagnie avant de vous déplacer, surtout si vous utilisez les transports en commun pour rejoindre la gare. Le TransMilenio est un moyen efficace pour se rendre au terminal, mais assurez-vous de votre destination finale.
Planifier son voyage : conseils pratiques
La région de Boyacá étant réputée pour son artisanat et sa gastronomie, la route offre de nombreuses opportunités de découvertes. Si vous optez pour la voiture, le trajet est généralement pittoresque mais peut être sinueux par endroits. La haute saison touristique, notamment les week-ends et les jours fériés, peut rendre les bus plus fréquentés et les prix des transferts plus élevés. Réserver votre billet de bus à l’avance ou organiser votre transfert privé en amont est donc recommandé, surtout si vous voyagez en groupe ou en famille. Une fois sur place, la gare routière de Villa de Leyva est très proche du centre.
Villa de Leyva, la ciudad blanca au petit matin
Mercredi 11 juillet. Villa de Lleyva au petit matin. La vie paisible au bout du monde. Colombie. À des années-lumière de toutes les idées reçues sur ce pays réputé pour sa violence. Un petit coin de table pour un petit café en attendant que ma fille finisse de parler avec un jeune Colombien du coin qui lui a fait la cour… La vie est belle.
Le ciel bas et les nuages gris se sont fait la malle pendant la nuit. Tant mieux. Le bleu du ciel recouvre les pavés quatre fois centenaires de la Plaza Mayor.
L’église du village présente une façade d’un blanc immaculé tandis que le soleil darde ses rayons dans ma direction.
Au centre de la place se dresse une fontaine que j’avais à peine remarquée la veille au soir. C’est fou comme un ciel bleu et un morceau de soleil peuvent changer l’aspect des choses.
Les rues pavées et les blanches façades accueillent les voyageurs qui arrivent à Villa de Leyva, municipalité du Boyaca qui appartient au réseau des Villages du Patrimoine Colombien.
En plus d’être une cité touristique, Villa de Lleyva est un vrai centre culturel. Le festival du cinéma (3-7 août), la fête nationale du Cerf-volant (mi-août), et la fête de la lumière (7 décembre) sont des grands évènements au niveau national.
Sur la place, l’effervescence gagne les enfants du pueblo. Et pour cause, ce week-end, c’est la fiesta au village et les premiers forains ont pris possession d’une partie de la place.
Près des camions tout-terrain, on ne chôme pas. On s’attelle à monter les manèges qui feront sensation pendant la fête.
Avec ce beau soleil revenu, l’idée de faire un nouveau petit tour dans la ville me titille. Nul besoin d’aller très loin. Les rues principales qui donnent sur la place feront très bien l’affaire.
Située à l’écart des principales routes commerciales, dans une vallée de haute altitude semi-désertique et dépourvue de gisements minéraux à exploiter, la ville s’est peu développée au cours des 400 dernières années.
Du coup, c’est l’une des rares villes de Colombie à avoir conservé une grande partie de son style et de son architecture coloniaux d’origine : les rues et la grande place centrale sont toujours pavées de pavés et de nombreux bâtiments datent du XVIe siècle.
Retour au café. Léa est toujours avec son ami colombien. Du coup, j’en profite un peu pour ouvrir mon guide. Je trouve des anecdotes intéressantes sur cette ville où même le temps semble s’être arrêté.
Ainsi, pour l’anecdote, la vallée dans laquelle se trouve la ville est riche en fossiles de la formation de Paja (époque crétacée), le plus célèbre étant un Kronosaurus boyacensispresque complet, découvert en 1977 à environ 4,8 km à l’ouest de Villa de Leyva.
Connu simplement sous le nom de El Fósil, le fossile a été laissé in situ à l’endroit où il a été découvert et un musée a été construit autour : un autre plus petit fossile de Kronosaurus a été découvert à proximité et amené au musée pour être exposé à côté du spécimen plus grand.
Bon, voilà pour l’anecdote. Je vais chercher Léa au pied de notre hôtel et on file aussitôt à travers les rues de la ciudad, en direction de la station de bus.
C’est l’occasion de réaliser de nouveaux clichés de ces rues si élégantes avec ces balcons de bois sculptés, ces façades blanchies à la chaux, ces menuiseries élégantes et ce style inimitable du baroque ancien d’Amérique du Sud.
Un dernier petit tour avant de se rendre au terminal de bus où nous espérons prendre un taxi pour nous rendre dans les environs de Raquira. Marcher au milieu de ces rues désertes est un vrai plaisir.
Quelques habitants sortent ici et là de leur habitation pour se rendre dans les magasins de la Plaza Mayor, mais ce n’est vraiment pas la foule.
Les rues sont désertées, mais aussi surprenant que cela puisse être, dès le week-end venu, elles sont remplies de monde. Les habitants de Bogotá n’hésitent pas le week-end venu à faire la route pour profiter du grand air et du plaisir de vivre hors du temps.
Du coup, les habitants mettent un point d’honneur à entretenir leurs maisons quatre fois centenaires qui abritent pour beaucoup d’entre elles des chambres d’hôtes ou des gîtes.
Dans les environs de la Plaza Mayor, c’est carrément comme un concours de beauté qui se joue sous nos yeux, à qui aura la plus belle maison, la mieux restaurée, sans jamais déroger au style baroque du XVIIe siècle.
Après ça, on s’enfonce de nouveau dans le cœur du village, en reprenant à peu près le même chemin que la veille au soir.
Mais cette fois-ci, le ciel bleu est plus ou moins au rendez-vous et permet de mieux apprécier les boiseries des maisons.
On retourne même du côté de la magnifique Plazoleta del Carmen, mais le couvent et l’église demeurent encore fermés au public. Décidément, il n’y a rien à faire.
Allez zou, on s’en retourne en arrière, à la recherche d’un taxi qui pourrait nous emmener jusqu’au couvent del Desierto de la Candereria, près de Raquira. On en trouvera sûrement un du côté de la station de bus. Vamos !