Pourquoi randonner dans le massif du Vorarlberg ?
Un écrin de nature préservé
Randonner dans le Vorarlberg, c’est découvrir un condensé des Alpes autrichiennes dans un écrin de nature préservé, où les paysages se déploient avec une harmonie rare entre le lac de Constance et les premiers grands sommets. Ce Land, le plus occidental de l’Autriche, offre une diversité saisissante : on y passe en quelques heures des rives scintillantes du lac aux forêts profondes, puis aux alpages fleuris et aux crêtes rocheuses. Cette variété de milieux se reflète dans la multitude de sentiers, accessibles à tous les niveaux, des promenades familiales aux itinéraires de haute montagne, faisant du Vorarlberg un terrain de jeu idéal pour les amoureux de la nature en quête d’authenticité.
Les plus beaux endroits d’Autriche
La région abrite certains des joyaux naturels les plus célèbres du pays, comme en témoignent les deux lacs de montagne élus “plus bel endroit d’Autriche” : le Formarinsee en 2015 et le Körbersee en 2017. Le premier, accessible par une randonnée depuis Lech, séduit par son cadre féérique de pierres et de falaises, tandis que le second, perché à 1675 mètres, offre une vue imprenable sur le massif environnant. Ces lieux d’exception ne sont que quelques-uns des trésors du Vorarlberg, qui compte aussi le lac Lünersee à la couleur bleue unique ou le Spullersee, favori des habitants.
Un réseau de sentiers variés pour tous les niveaux
Le Vorarlberg dispose d’un réseau de sentiers de randonnée parfaitement aménagé et balisé, offrant des circuits pour tous les profils. Les randonneurs expérimentés pourront s’attaquer à l’ascension du Gehrengrat, un itinéraire exigeant qui serpente entre rochers et pierriers pour offrir des vues spectaculaires et la rencontre avec des marmottes et bouquetins. Les amateurs de grandes traversées se laisseront tenter par le Lechweg, un sentier de 125 kilomètres reconnu “Leading Quality Trail” par la fédération européenne des randonneurs, qui longe la rivière Lech de sa source au lac Formarinsee jusqu’à la Bavière. Pour les familles, la région du Bregenzerwald propose des chemins accessibles et des activités gratuites grâce à la carte d’hôte, tandis que les plus aventureux pourront s’essayer à la via ferrata du Karhorn.
Des facilités pratiques
Le Vorarlberg a pensé aux randonneurs en proposant des cartes d’hôtes régionales, comme la V-Card ou la Bregenzerwald Card, qui incluent souvent l’accès gratuit aux transports publics, aux remontées mécaniques et à de nombreux musées. Ces facilités simplifient l’organisation des excursions et permettent de rejoindre facilement les départs de sentiers, que ce soit en bus de randonnée ou en télésiège. Enfin, la région s’engage activement dans un tourisme durable avec l’initiative “Naturvielfalt Vorarlberg” qui œuvre à la préservation de cette biodiversité exceptionnelle, garantissant aux générations futures de pouvoir continuer à profiter de ces paysages grandioses.
Comment randonner dans le massif du Vorarlberg ?
Un réseau de transports conçu pour les randonneurs
L’un des plus grands atouts du Vorarlberg est son réseau de transports publics, qui s’articule parfaitement avec les départs de randonnée. La région a fait le choix d’intégrer la mobilité douce dans son offre touristique. Ainsi, la plupart des hébergements proposent une carte d’hôte régionale, comme la Bregenzerwald Card ou la Guest Card, qui offre un accès gratuit aux bus locaux et à certaines remontées mécaniques. Pour en bénéficier, il suffit généralement de séjourner au moins trois nuits dans l’une des communes partenaires. Cette carte est valable de mai à octobre et permet d’utiliser les lignes de bus dans tout le Vorarlberg, parfois même jusqu’aux gares de Saint-Antoine (Autriche) ou de Lindau (Allemagne). Pour des trajets spécifiques, des bus de randonnée et des navettes complètent le dispositif, comme celles qui desservent certains lacs de montagne ou cols, pour une participation souvent très modique, de l’ordre de quelques euros.
Des remontées mécaniques pour un accès facile
En été, les téléphériques et télésièges restent en activité pour transporter les randonneurs vers les hauteurs, transformant une longue ascension en une agréable balade au sommet. Pour les détenteurs de la carte d’hôte, l’accès est souvent gratuit pour les remontées mécaniques de la région. Certaines, comme le Steffisalp-Express à Warth, sont même idéalement situées pour servir de point de départ à de nombreuses randonnées, notamment vers les célèbres lacs de montagne comme le Körbersee. Si vous ne séjournez pas dans une zone couverte par la carte, il est possible de payer un ticket à l’unité pour une montée ou pour un aller-retour. Le fonctionnement est saisonnier, avec des horaires élargis en haute saison estivale, mais des plages plus restreintes au printemps et en automne.
Des sentiers balisés pour tous les niveaux
Le Vorarlberg dispose d’un réseau de sentiers de randonnée extrêmement dense et parfaitement balisé, accessible aussi bien aux familles qu’aux randonneurs aguerris. On y trouve des itinéraires courts, comme une boucle d’une heure autour de Warth, ou des sentiers de grande randonnée comme le célèbre Lechweg, qui s’étend sur 125 kilomètres. Les difficultés sont variées : des chemins de randonnée faciles, comme ceux menant au lac Formarinsee depuis Lech, côtoient des via ferratas comme le Karhorn, nécessitant un bon équipement et une certaine expérience. Le balisage est généralement clair, et il est facile de se procurer des cartes et de se renseigner sur les itinéraires à l’office du tourisme ou à la réception de son hôtel. Pour les randonnées de plusieurs jours, des refuges comme la Freiburger Hütte offrent des nuitées en dortoir ou en chambre, avec restauration sur place.
Prix et formalités
Si vous ne bénéficiez pas de la carte d’hôte, les prix pour les remontées mécaniques varient selon les stations, mais restent abordables pour un accès facile à la montagne. Par exemple, un trajet en bus vers le lac Formarinsee coûte une participation, et la télécabine du Rüfikopf est payante sans réduction. Des forfaits pour plusieurs jours peuvent parfois être plus économiques. Pour les randonnées itinérantes comme le Lechweg, un budget est à prévoir pour les nuits en hôtels ou auberges, dont les prix varient de 23 à 41 euros par nuit selon le confort et l’emplacement. La “Lechtal Activ Card”, offerte par certaines auberges partenaires, permet de bénéficier de bus illimités sur la vallée du Lech, ce qui est un avantage considérable pour organiser ses étapes au jour le jour. Enfin, assurez-vous d’avoir de la monnaie locale pour les petits achats et les participations aux bus, et vérifiez les horaires des remontées et des bus, qui peuvent être plus restreints en début et fin de saison.
Vorarlberg, randonnée autour du lac de la Silvretta
Dimanche 2 juillet. La chance n’est pas avec moi, ce matin. La purée de pois de la soirée d’hier ne s’est pas dissipée. Loin de là, même. Elle s’est encore accrue et recouvre désormais tous les sommets de la vallée de Gaschurn. Le temps d’avaler mon petit-déjeuner, de repousser l’envie d’aller piquer une petite tête dans la piscine l’hôtel et je tente une sortie sur les hauteurs du village. Une centaine de mètres plus haut, je dois bien me rendre à l’évidence. La purée de pois est bien partie pour durer.
Retour à la case départ. Je pars chercher mon sac de rando, je le remplis de tout le nécessaire et je file en direction de l’Office de tourisme. Que voir dans cette purée de pois ? Le guide me recommande fortement de ne pas m’aventurer en montagne aujourd’hui. La visibilité n’est pas bonne. « Ah bon, je n’avais pas fait attention… »
Dommage, la région du Bregenz et de la Silvretta abrite quelques-unes des plus belles randonnées de montagne de toute l’Autriche. Je dois me résoudre à la promenade familiale. « Il y a bien le tour du lac de la Silvretta à faire », me renseigne le guide. Ok, va donc pour le lac.
Pourquoi être venu jusqu’à Gashurn, tout au sud du Bregenz et à deux pas de la frontière suisse ? Parce que cette région abrite en son sein quelques-uns des plus beaux sentiers de randonnée du pays et que se dresse là l’une des plus fameuses routes alpines d’Autriche : la Silvretta. Celle-ci monte en 30 lacets jusqu’aux 2.032 m de la Bielerhöhe, le col qui marque la frontière entre le Vorarlberg et le Tyrol.
Pas de chance, j’emprunte bien la route de la Silvretta (15 € de péage au passage !), mais de la route et de ses paysages à couper le souffle, je n’en verrai rien. Ni à l’aller ni au retour. La faute à cette satanée purée de pois qui a pris possession de la montagne. D’autant plus dommage que la route est fermée à la circulation de novembre à juin… Autant dire que j’ai très peu de chance de la revoir un jour. À moins que…
Une fois arrivé au sommet du col, un immense parking permet de garer sa voiture et d’accéder directement au lac de la Silvretta, autrement appelé le lac de Stausee, marqué par l’immense barrage qui l’a formé. Un pont gigantesque permet d’enjamber une rive à l’autre, puis rapidement, on se retrouve sur le chemin de randonnée.
Par ce temps brumeux et pluvieux, j’ai pris la précaution d’emporter doudoune, gants et bonnet que j’ai glissé dans mon sac à dos… Je ne vais pas tarder à m’en féliciter ! En attendant, je suis le chemin en essayant de discerner la silhouette des montagnes environnantes qui encadrent le lac de Stausee.
Au loin, sur l’autre rive, on peut apercevoir une immense cascade dévaler les flancs de la montagne. Vraiment impressionnant, Je la verrai de plus près au retour quand j’aurai fait le tour du lac.
Vers le sud et l’extrémité du lac, j’ai l’étrange sensation que le ciel est moins chargé, à défaut de se dégager tout à fait. Pure impression, hélas. Je me contente donc de ce ciel bas et du paquet de nuages qui enserrent les sommets des montagnes.
Vers l’extrémité du lac, ô miracle, la vue de quelques amas de pierres destinés à matérialiser le bon chemin à prendre pour les randonneurs vient casser quelque peu la morosité des lieux. Une perspective intéressante avec, à l’horizon, la Silvretta qui se fraye un chemin entre deux flancs pentus de la montagne ouverte.
À peine rassasié, je reprends mon chemin. Malgré le temps, nous sommes assez nombreux à arpenter ce sentier. Il est vrai qu’avec ce temps, une tout autre randonnée est fortement déconseillée.
Je marche donc tranquillement le long du chemin, jetant sans cesse des regards scrutateurs vers le ciel. Mais aucune amélioration en vue. Pas de chance pour ce premier jour en montagne.
Un peu plus loin, le chemin s’élève à flanc de montagne, puis redescend bientôt pour rattraper les rives du lac.
Au-dessus de ma tête, le ciel ne s’arrange pas. Loin s’en faut. Pire, quand je regarde vers le nord, en direction du barrage, le temps semble encore s’obscurcir un peu plus. Vers le sud par contre, la grisaille est moins marquée. Du ciel tombe un vilain crachin. On se croirait presque en Bretagne. Les montagnes et les nuages d’altitude en plus. L’humidité aussi.
Le chemin fait subitement un coude et s’ouvre sur une magnifique cascade à flanc de montagne. Le temps de faire quelques repérages et deux ou trois clichés, je dégaine mon filtre uv et le visse à mon 35 mm. Mes premières expériences en temps de pause long commencent. Entre deux passages de grappes de randonneurs, je lance la télécommande. Pas mal pour un début.
Avec ce petit pont qui enjambe le bras d’eau formé par la cascade, j’ai plutôt bien choisi mon endroit. Très joli. Dommage qu’il fasse un temps de chien.
Je me rapproche un peu et fixe mon Nikon à une pierre plus ou moins plate. Pour l’horizontalité, je joue avec quelques cailloux et le capuchon de mon objectif… Les moyens du bord. Mais je suis plutôt satisfait pour un début.
Un petit quart d’heure plus tard, je range mon matériel et je me remets en route. Il est presque onze heures et je suis quasiment à la moitié du trajet. L’extrémité du lac se profile à l’horizon.
Quelques hectomètres plus loin, ce n’est plus une cascade qui me tend les bras, mais bien de la Silvretta elle-même qui, depuis le haut des glaciers qui dominent le col où elle prend sa source, vient se jeter dans le lac de Stausee.
Allez hop, ni une ni deux, je rechausse mon filtre nd400 sur mon 35 mm et je m’amuse avec les temps de pause. Pour un premier essai, je trouve que c’est plutôt réussi. Même s’il faut bien tâtonner et jouer sur la longueur des pauses pour trouver le bon minutage. Une quinzaine de secondes d’ouverture, ça me semble pas trop mal.
La Silvretta côté montagne, puis la rivière qui se jette dans le lac. Tout ça me permet de multiplier les angles de vue et de jouer sur les cadrages. Pour déclencher, faute de trépied, je me sers de l’assise du pont et des blocs de pierre alentour. Le hic, c’est que je dois attendre que les touristes passent le pont pour déclencher, sans quoi les vibrations viennent tout gâcher.
Bon, voici quelques-uns de mes meilleurs résultats obtenus… Je ne suis pas trop mécontent au final. L’effet « filet » est au rendez-vous. Mieux, pour quelques unes des photos, un effet « brillant » vient ajouter encore un peu plus au mystère. La vie est belle.
En mode « normal », voici ce que ça donne. Un lieu magique avec cette rivière de montagne qui vient alimenter le lac Stausee.
Allez zou, je jette encore un dernier regard vers la rivière et je continue mon chemin.
Arrivé à l’extrémité nord du lac, deux choix sont devant moi : continuer le tour du lac et rejoindre le parking où m’attend ma voiture ou bien bifurquer à droite, prendre le chemin qui longe la rivière sauvage et gravir la montagne jusqu’au refuge du col. Il est à peine midi, du coup j’opte pour l’ascension du col qui ne me semble pas vraiment dangereuse malgré la purée de pois qui m’entoure. Et c’est parti pour l’ascension du col de la Bielerhohe qui marque la frontière entre le Vorarlberg et le Tyrol.
Quel dommage que la vue soit gâchée par la brume, car le chemin qui longe la rivière de la Silvretta est vraiment époustouflant. Ici et là, des congères de l’hiver achèvent de fondre sur le parcours de la rivière.
Plus loin, là où le relief est plus marqué, c’est un autre petit torrent qui se forme dans le flanc de la montagne pour rejoindre la Silvretta.
L’eau dévale avec force et forme un lit étroit dans la montagne.
Enfin, après une heure et demie de marche, je parviens enfin au sommet. Une petite chapelle accueille les randonneurs. J’en profite pour casser la croûte à l’abri de la bruine qui recommence à tomber. Quel moment de bonheur intense. Je me sens revivre. Avec le demi-comprimé d’antibiotique que je prends chaque matin, ma bactérie hindoue semble vouloir enfin me laisser en paix. Je retrouve des forces.
Au sommet, un mini-glacier s’accroche toujours au flanc de la montagne. Son eau fond petit à petit et il est certain qu’il ne passera pas l’été. J’en profite tant qu’il est encore là pour prendre quelques photos de lui. J’adore ces moments de solitude en totale harmonie avec la nature.
À l’extrémité de la glace, un petit torrent dévale. Je tente encore quelques clichés en pause longue, mais ça ne donne pas grand-chose.
Au-dessus, la petite chapelle du refuge rehausse encore le cachet de ce petit coin du monde perdu dans les alpages autrichiens. Quelle chance d’être ici.
Après trois heures de montée du col, puis de sa descente, je ne suis pas très mécontent d’apercevoir de nouveau la Silvretta qui dévale les flancs de la montagne. Cet endroit est magique… et doit l’être encore plus sous le soleil, je suppose.
Et ô miracle ! Alors que la bruine et le brouillard ne m’ont pas quitté depuis la matinée, un furtif rayon de soleil vient frapper les flancs de la montagne en donnant quelques reflets argentés au torrent. Magique !
Je dégaine aussitôt mon Nikon et mitraille l’aval et l’amont de la rivière. Une chance inouïe. C’est bête comme on s’accroche à de toutes petites choses dans ces moments de profonde solitude et d’harmonie avec la nature. On se sent plus vivant, connecté à notre environnement, comme si à mon tour je prenais place dans cet immense décor à ciel ouvert. Un bonheur puissant m’envahit.
Mais cette joie est de courte durée. L’instant d’après, un nuage cache de nouveau le soleil. On ne le reverra plus de toute la journée. Je reste avec le souvenir de l’éclat argenté des eaux tumultueuses du torrent qui dévale la pente.
Puis plus loin, je trouve un petit tumulus qui fait face à un coude du torrent. L’occasion idéale pour place mon objectif dans l’axe de la Silvretta. Pause longue. La rivière ressemble maintenant à un serpent argenté aux écailles douces et brillantes. Tout ça commence franchement à m’amuser.
Je mets un peu plus d’une heure à descendre le col. La pluie m’accompagne par intermittence, mais j’ai l’impression que le crachin finit par s’estomper. Il est presque quatre heures quand je croise un petit groupe qui monte à leur tour le col. Je leur souhaite bonne chance. J’espère qu’ils ont pensé comme moi à emporter la doudoune et les gants pour se protéger du froid. Là-haut, impossible de faire sans au risque d’attraper une pneumonie !
Enfin, les eaux du lac se profilent. Malgré le ciel bas, je peux deviner la couleur turquoise de ses eaux.
Cette couleur turquoise provient de tous les sédiments arrachés à la montagne par les torrents qui alimentent le lac. Sur les rives, la pierraille témoigne de la force du courant.
Encore une petite demi-heure de marche sur la rive opposée du lac. La fatigue commence à se faire sentir et finalement, j’ai hâte de retrouver la voiture et ma chambre douillette de l’hôtel de la Poste.
Dernière étape avant l’arrivée : l’imposante cascade que j’avais admirée depuis l’autre rive du lac au début de mon trek. Elle est vraiment impressionnante et charrie à chaque seconde des mètres cubes d’eau de montagne. Je me penche pour en boire une gorgée. Délicieux. Quel bonheur d’être ici.