Pourquoi prendre la route du Grossglockner ?
Un itinéraire alpin conçu pour la contemplation
La route du Grossglockner offre un parcours de montagne qui traverse des paysages variés entre les sommets et les vallées. Son tracé, qui suit les courbes naturelles du relief, permet de gagner en altitude progressivement tout en découvrant des points de vue sur les environs. Les virages serrés et les passages en balcon offrent des angles de vision qui changent à chaque kilomètre, donnant à voir la structure géologique de cette partie des Alpes orientales.
Un accès à un territoire protégé
Cette voie pénètre dans le parc national des Hohe Tauern, une zone où la nature est préservée et où l’on peut observer les formations glaciaires et les éboulis rocheux. La route permet de s’approcher du plus haut sommet autrichien et de la plus vaste étendue de glace des Alpes orientales, sans avoir à entreprendre de longues randonnées. Les arrêts aménagés le long du parcours offrent des plates-formes d’observation qui situent le visiteur face à l’ampleur du massif montagneux.
Un voyage qui peut être partagé en famille
La configuration de la route la rend accessible à différents types de voyageurs, qu’ils viennent en voiture, à moto ou en camping-car. Des aires de repos et des sentiers courts permettent de varier les activités et de s’adapter aux rythmes de chacun. Les panneaux d’information et les petits espaces d’exposition le long du tracé fournissent des explications sur l’environnement, l’histoire de la construction et la faune locale, ce qui donne un cadre à la visite pour ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance du lieu.
Une expérience liée aux conditions saisonnières
La route est ouverte pendant une période de l’année qui dépend des conditions météorologiques, généralement de la fin du printemps au début de l’automne. Cette fenêtre temporelle détermine les moments où l’on peut parcourir l’itinéraire dans son intégralité. La journée de visite est marquée par les variations de lumière et de température, ce qui modifie l’apparence des paysages au fil des heures. Chaque passage sur cette route est donc conditionné par le moment choisi, et les conditions rencontrées en altitude influencent directement l’expérience du voyageur.
Comment prendre la route du Grossglockner ?
La période d’ouverture
La route alpine du Grossglockner n’est pas accessible toute l’année en raison des importantes chutes de neige qui y sont fréquentes. La fermeture hivernale s’étend jusqu’au début du mois de mai, et la route rouvre généralement à cette période pour rester praticable jusqu’au début du mois de novembre. Les horaires d’ouverture journaliers varient selon la saison : jusqu’au 31 mai, elle est accessible de six heures à vingt heures ; du 1er juin au 31 août, de cinq heures trente à vingt et une heures ; et à partir du 1er septembre, de six heures à dix-neuf heures trente. Une fermeture nocturne est appliquée en dehors de ces créneaux, et les barrières se ferment le soir, ce qui implique de planifier son retour en conséquence.
Les conditions de péage
La Grossglockner Hochalpenstraße est une route à péage spécial, ce qui signifie que son utilisation nécessite le paiement d’une redevance distincte, en plus des éventuelles vignettes autoroutières. Le tarif dépend du type de véhicule, de sa motorisation et de la durée de validité du ticket choisi. Plusieurs options existent, comme le ticket journalier, qui permet de circuler plusieurs fois dans la même journée, ou le ticket de trois semaines. Les conducteurs de véhicules électriques bénéficient généralement d’un tarif réduit, tandis que les camping-cars sont classés selon leur poids total autorisé en charge. Il est également possible d’acheter son billet en ligne à l’avance, une solution pratique qui offre parfois des avantages.
Les options de transport et l’accès à la route
La route alpine peut être empruntée en voiture, à moto, en camping-car ou en bus. Les points d’entrée se situent à Ferleiten, près de Fusch dans le Land de Salzbourg, et à Heiligenblut en Carinthie. Pour ceux qui ne souhaitent pas conduire, des services de bus sont proposés : le Glocknerbus, par exemple, relie certaines villes comme Zell am See ou Kaprun à la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe pendant la saison estivale. La route est également ouverte aux cyclistes, mais les forts pourcentages de pente en font une ascension exigeante, réservée aux sportifs confirmés.
Les conseils pratiques
Pour profiter pleinement de l’expérience, plusieurs recommandations sont à prendre en compte. Il est conseillé de partir tôt le matin pour bénéficier d’une meilleure visibilité et de parkings moins bondés, l’affluence augmentant en milieu de journée. Les conditions météorologiques en haute montagne sont changeantes, et les écarts de température avec la vallée sont importants, d’où la nécessité de prévoir des vêtements chauds. Il est également impératif de faire le plein de carburant avant d’entamer la route, car aucune station-service ne se trouve sur le parcours. Enfin, la route possède des accès secondaires, comme celui menant à l’Edelweißspitze, qui sont étroits et interdits aux remorques ou aux grands camping-cars.
Sur la route du Grossglockner, du tunnel de Hochtor au sommet
Samedi 8 juillet. Après une excellente nuit passée dans le très bel hôtel Feriendorf Ponyhof, près du petit village de Fusch an der, c’est de très bon matin que je prends la route du Grossglockner, une route tout à fait unique en Europe.
La 107 est la route la plus élevée d’Autriche et traverse le parc national des Hohe Tauern. Bon, autant le dire tout de suite, je ne suis pas le seul à emprunter cette voie… Et pour cause, la route du Grossglockner est la plus empruntée du pays, avec plus d’un million de visiteurs chaque année, ce qui en fait la “curiosité” autrichienne le plus visitée du pays après le palais de Schönbrunn, à Vienne.
Et j’ai de la chance ce matin, le temps est plutôt dégagé. Rien à voir avec le brouillard à couper au couteau de la route de Silvretta ! Et heureusement, car emprunter cette route n’est pas donné : 35 € pour la journée… Aller-retour bien sûr !
La route du Grossglockner fut construite en cinq ans seulement, de 1930 à 1935, et ce, grâce à la violente crise économique que connut le pays au début des années 30, qui permit l’emploi de 3.000 chômeurs.
Bon, pour ceux qui ne seraient pas en voiture, il existe aussi un bus, le Glocknerbus, qui assure la liaison plusieurs fois par jour jusqu’au Franz-Josefs-Höhe, son sommet.
Bon, alors, pourquoi prendre cette route au fait ? Tout simplement parce qu’elle offre les plus beaux panoramas sur les Alpes autrichiennes, et notamment sur le Grossglockner (3.798 m) et le Pasterze, le plus grand glacier du pays.
Et il faut le bien le dire, la vue est carrément fantastique. Et je ne regrette pas de m’être levé de très bonne heure pour profiter à plein du spectacle, loin de la cohue des voitures et des nombreux cyclistes qui montent chaque jour les innombrables lacets de la route.
Du coup, je monte tranquillement à mon rythme, de lacet en lacet, et de parking aménagé en terrasse de café qui offrent tous des vues magnifiques sur les montagnes et les glaciers qui dévalent leurs flancs.
Juste avant de parvenir jusqu’au tunnel de Hochtor, qui marque véritablement l’entrée dans le parc, je m’arrête un moment pour admirer le paysage réfléchi dans les eaux d’un petit lac de retenue. Tout simplement fantastique.
Me voici enfin arrivé à l’entrée du tunnel de la Hochtor, la véritable porte d’entrée du parc national des Hohe Tauern, et plus globalement du pays de Salzbourg. Mais ceci est encore une autre histoire que nous verrons un peu plus tard.
Pour l’instant, je passe le tunnel et m’arrête de l’autre côté sur l’une des nombreuses places de parking pour profiter à plein de l’exceptionnel panorama. C’est beau à couper le souffle.
À partir du tunnel de la Hochtor, le nombre de motos et de cyclistes rencontrés sur la route explose. Du coup, il faut faire pas mal attention. Vraiment, je n’aimerais pas être à la place d’un de ces cyclistes qui remontent la trentaine de lacets de la route à la seule force des mollets. Une épreuve sans doute digne du Tour de France ! 48 km de montée, ça se mérite !
À la faveur d’un lacet, j’en profite pour m’arrêter dans un virage pour aller photographier une des nombreuses rivières qui dévalent les pentes de la montagne. Une rivière sauvage, rien de mieux pour faire quelques pauses longues, histoire de glacer et de vaporiser la fougue de la cascade.
Quelques secondes d’ouverture avec un philtre 400 nd suffisent à immortaliser ce moment.
Bon, allez zou, après cette longue pause (et de nombreuses photos ratées !), je reprends ma route vers le sommet Franz-Josefs.