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Parc national de Fruska Gora, le monastère de Novo Hopovo

Pourquoi visiter le monastère de Novo Hopovo ?

Un chef-d’œuvre de l’architecture athonite
 
Le monastère de Novo Hopovo, fondé au seizième siècle sur la Fruška gora, se distingue par une église dédiée à Saint-Nicolas.  L’édifice adopte un plan architectural spécifique influencé par les modèles du mont Athos, caractérisé par une nef triconque et un grand dôme à douze côtés. Les façades en pierre de taille intègrent des éléments décoratifs combinant des influences byzantines et occidentales. Cette structure en fait l’un des exemples les plus représentatifs de l’architecture serbe médiévale tardive de la région. 
 
Des fresques du dix-septième siècle préservées
 
L’intérieur de l’église abrite l’un des ensembles picturaux les plus importants de Voïvodine, réalisé au début du dix-septième siècle. Ces fresques murales sont l’œuvre de peintres formés dans les ateliers du mont Athos, qui ont introduit un style expressif et dynamique. Les compositions de la nef illustrent le cycle des fêtes chrétiennes et les souffrances des martyrs avec une grande richesse de détails. Le narthex conserve également des peintures d’origine qui ont survécu aux destructions des conflits mondiaux.
 
Les reliques de saint Théodore de Tyr
 
Le monastère constitue un lieu de pèlerinage majeur en raison de la présence des reliques de saint Théodore de Tyr. Les restes de ce saint guerrier du quatrième siècle sont conservés dans un reliquaire à l’intérieur de l’église principale. Ils ont été transférés à Hopovo au seizième siècle pour être protégés des profanations durant l’occupation ottomane. La présence de ces reliques a conféré au site un rôle spirituel central pour la communauté orthodoxe à travers les siècles.
 
Le séjour de Dositej Obradović
 
Le site possède une importance historique liée au mouvement des Lumières en Serbie grâce au séjour de Dositej Obradović. Le célèbre écrivain, philosophe et futur ministre de l’éducation y prononce ses vœux monastiques en 1758 et y étudie durant trois ans. Le monastère conserve la mémoire de cet intellectuel qui quitta ensuite la vie monacale pour moderniser la culture et la langue serbes. La visite du complexe permet ainsi de comprendre la transition entre la tradition religieuse et l’éveil culturel serbe.

Comment visiter le monastère de Novo Hopovo ?

Accès en voiture et stationnement

Le monastère de Novo Hopovo se situe à environ soixante-dix-sept kilomètres au nord-ouest de Belgrade et se rejoint en une heure de route. Le site se trouve en Voïvodine sur le flanc sud du parc national de la Fruška Gora, à proximité de la ville d’Irig. les automobilistes doivent quitter la route principale à deux kilomètres après le sommet d’Iriski Venac en direction du nord.  Le complexe religieux dispose d’un grand parking asphalté entièrement gratuit pour les visiteurs.

Accès en transport et randonnée
 
Les voyageurs sans véhicule personnel peuvent emprunter un bus de ligne reliant Belgrade à la ville d’Irig. L’itinéraire nécessite ensuite d’effectuer une marche d’environ quatre kilomètres depuis le centre d’Irig pour atteindre l’entrée du monastère. Les amateurs de marche nordique peuvent aussi opter pour un sentier de randonnée balisé de onze kilomètres au départ d’Iriški Venac. Cette boucle pédestre d’un niveau modéré permet de relier à pied Novo Hopovo au monastère voisin de Staro Hopovo.
 
Horaires d’ouverture et tarifs
 
Le domaine ecclésiastique accueille le public tous les jours de la semaine de huit heures du matin à dix-sept heures. L’accès à l’intérieur de l’église Saint-Nicolas et aux jardins de la communauté est entièrement gratuit pour tous. Les offices liturgiques quotidiens débutent à six heures quarante le matin en semaine et à neuf heures les dimanches et jours de fêtes chrétiennes. Les périodes de forte affluence touristique correspondent principalement aux après-midis des samedis et des dimanches.
 
Règles de conduite sur place
 
Les visiteurs doivent impérativement respecter le caractère sacré de cet établissement habité par une communauté de religieuses. Une tenue vestimentaire décente et correcte est exigée à l’entrée, ce qui implique de couvrir les épaules et les jambes. Le silence est requis à l’intérieur de la nef afin de ne pas perturber les prières des fidèles et des moniales. Les photographies sans flash sont généralement tolérées pour immortaliser les fresques du dix-septième siècle mais l’usage des appareils peut être restreint durant les célébrations.

Parc national de Fruska Gora, le monastère de Novo Hopovo

Lundi 13 juillet. Après un détour par la Suisse, le Liechteinstein, la Slovénie et la Croatie, me voici enfin en route pour ma destination principale : la Serbie.

Mais avant de pénétrer dans ce pays, dernier vestige de l’ex-Yougoslavie, toujours fermée à l’Union européenne (pour combien de temps encore tant le pays prend du retard sur tous ses voisins ?), il me faut traverser la frontière entre la Croatie et la Serbie.

Et là, je ne suis vraiment pas au bout de mes peines ! A environ 1,5 km du poste frontière, la réalité des pays hors Sheingen me rattrape violemment : un bouchon d’un nombre incalculable de véhicules se forme au passage de la frontière.

Nous sommes encore en début d’après-midi et je ne me doute pas encore que je vais passer là, sur ce simple petit morceau d’autoroute qui relie les deux pays, plus de cinq heures dans ma voiture à attendre mon tour pour me faire tamponner mon passeport.

Une situation totalement stupide au regard de la facilité qu’il y a au sein de la communauté européenne de circuler d’un pays à l’autre.

Ici, c’est tout le contraire, et c’est sous une chaleur épouvantable, avec à peine un litre d’eau, que je vais passer tout mon après-midi à attendre mon tour.

Au fil des heures, mon Gps ne va pas cesser de repousser l’heure d’arrivée à Novi Sad, qui devait être mon premier lieu de destination dans le pays de Djokovik, et je vais rapidement devoir changer mes plans.

Car, c’est sous le coup des 18 heures que j’arrive enfin à passer la frontière, en évitant, ô miracle, l’inspection de mon véhicule par les services de douanes serbe.

Du coup, sitôt mon passeport tamponné pour ma 88e destination dans le monde, je mets le cap directement vers les monastères situés au sud de Novi Sad que je n’aurais pas eu le temps de visiter.

Tant pis pour Novi Sad donc ! J’espère pouvoir visiter cette ville et d’autes merveilles encore que recèle la Serbie lors d’un prochain voyage, mais je préfère me concentrer pour le peu de temps qu’il me reste avant de foncer sur Belgrade, sur les monastères qui se dressent aux quatre coins du parc national de Fruska Gora.

Les reliefs vallonés du parc national de Fruska Gora sont depuis le XVIe siècle le refuge des Serbes qui fuyaient l’avancée des Turcs.

Des communautés de moines s’y sont établies et y ont construit des monastères grâce auxquels la culture serbe a survécu aux moments les plus durs de la domination ottomane.

Aujourd’hui, il n’en reste que seize et ils constituent la principale raison de visiter la région. Pour ma part, je vais me consacrer sur le plus célèbre, le monastère de Krusedol et de son cadet, situé à quelques kilomètres de là, Novo Hopovo.

Pas de temps à perdre, il est presque 18h30 quand j’arrive au monastère de Novo Hopovo qui a été élevé ici aux alentours de 1576.

Pas le temps de réfléchir. Je gare ma voiture en quatrième vitesse sur le parking qui fait face au monastère et je me précipite à l’intérieur. Coup de chance, à cette heure-ci, il n’y a absolument personne pour m’interdire de prendre quelques photos. Du coup, je vais m’en donner à coeur joie.

D’influences byzantines où l’on retrouve l’héritage de l’école de la Morava, le monastère de Novo Hopovo se dresse à deux pas de la ville d’Irig.

Le dôme dodécagonal de l’église Saint-Nicolas, recouvert de fresques réalisées en 1608 par des artistes de l’école du mont Athos, est une pure merveille.

Le sépulcre situé devant l’autel abrite des reliques de saint Théodore Tiron, qui, selon la tradition locale, ont été apportées ici en 1555.

Le lustre de la nef est impressionnant. Dans la cour intérieure, des moines vendent des produits locaux, peincipalement du miel.

Mais ce sont bien les fresques qui constituent le principal intérêt de ce monastère.

Nombre d’entre elles sont l’oeuvre de Téodor Kracun, l’un des plus importants peintres d’icônes serbes.

Une grande partie de ces icônes ont été détruites par les envahisseurs ottomans (1684-1688) puis des siècles plus tard par les Oustachis croates entre 1941 et 1942.

Bien que des signes de restauration soient visibles, la beauté et charme de ces fresques restent intacts.

Les saints sur les colonnes semblent stupéfaits par l’histoire dont ils sont les protagonistes, tandis que l’iconoclaste se fait discrète devant les fresques.

Le style de ces fresques mêle la tradition byzantine à des influences venues de la Renaissance crétoise et du monde occidental, ce qui donne aux compositions une grande clarté narrative et une réelle profondeur spatiale.

Les couleurs sont riches et chaudes, avec des ocres lumineux, des bruns profonds, des bleus intenses et des rouges éclatants qui structurent les scènes et guident le regard du fidèle.

Les visages sont traités avec un soin particulier, les expressions y sont souvent douces et recueillies, et l’on sent chez les peintres une recherche de vérité psychologique qui dépasse la simple répétition des modèles byzantins.

Le programme iconographique suit l’organisation traditionnelle des églises orthodoxes. Dans la coupole trône le Christ Pantocrator entouré des anges et des prophètes, tandis que l’abside abrite la Vierge orante et la Communion des Apôtres.

Sur les murs et les voûtes se déploient les grandes fêtes liturgiques, comme l’Annonciation, la Nativité, le Baptême du Christ, la Transfiguration, la Crucifixion, la Résurrection et la Pentecôte, racontées avec un sens du détail et du mouvement qui rend ces scènes particulièrement vivantes.

Le narthex, quant à lui, est dominé par un vaste Jugement dernier d’une grande force expressive, où l’on voit la procession des justes, le paradis, mais aussi les tourments des damnés représentés avec une précision saisissante.

On y trouve également plusieurs scènes de la vie de saint Nicolas, le patron de l’église, qui rappellent la protection du saint sur le monastère et sur les fidèles.

Malgré les destructions subies pendant la Seconde Guerre mondiale, une grande partie de ces fresques a pu être conservée et restaurée, et elles continuent aujourd’hui d’émerveiller par leur beauté et leur profondeur spirituelle.

La décoration peinte principale a été réalisée vers 1608, à l’initiative de l’higoumène du monastère. L’équipe de peintres était dirigée par le hiéromoine Mitrofan, un moine-peintre réputé, qui a également travaillé dans d’autres monastères de la Fruška Gora et au-delà.

Les fresques du monastère de Novo Hopovo constituent l’un des ensembles les plus importants de la peinture serbe du début du XVIIe siècle.

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