Pourquoi visiter le monastère de Novo Hopovo ?
Comment visiter le monastère de Novo Hopovo ?
Accès en voiture et stationnement
Le monastère de Novo Hopovo se situe à environ soixante-dix-sept kilomètres au nord-ouest de Belgrade et se rejoint en une heure de route. Le site se trouve en Voïvodine sur le flanc sud du parc national de la Fruška Gora, à proximité de la ville d’Irig. les automobilistes doivent quitter la route principale à deux kilomètres après le sommet d’Iriski Venac en direction du nord. Le complexe religieux dispose d’un grand parking asphalté entièrement gratuit pour les visiteurs.
Parc national de Fruska Gora, le monastère de Novo Hopovo
Lundi 13 juillet. Après un détour par la Suisse, le Liechteinstein, la Slovénie et la Croatie, me voici enfin en route pour ma destination principale : la Serbie.
Mais avant de pénétrer dans ce pays, dernier vestige de l’ex-Yougoslavie, toujours fermée à l’Union européenne (pour combien de temps encore tant le pays prend du retard sur tous ses voisins ?), il me faut traverser la frontière entre la Croatie et la Serbie.
Et là, je ne suis vraiment pas au bout de mes peines ! A environ 1,5 km du poste frontière, la réalité des pays hors Sheingen me rattrape violemment : un bouchon d’un nombre incalculable de véhicules se forme au passage de la frontière.
Nous sommes encore en début d’après-midi et je ne me doute pas encore que je vais passer là, sur ce simple petit morceau d’autoroute qui relie les deux pays, plus de cinq heures dans ma voiture à attendre mon tour pour me faire tamponner mon passeport.
Une situation totalement stupide au regard de la facilité qu’il y a au sein de la communauté européenne de circuler d’un pays à l’autre.
Ici, c’est tout le contraire, et c’est sous une chaleur épouvantable, avec à peine un litre d’eau, que je vais passer tout mon après-midi à attendre mon tour.
Au fil des heures, mon Gps ne va pas cesser de repousser l’heure d’arrivée à Novi Sad, qui devait être mon premier lieu de destination dans le pays de Djokovik, et je vais rapidement devoir changer mes plans.
Car, c’est sous le coup des 18 heures que j’arrive enfin à passer la frontière, en évitant, ô miracle, l’inspection de mon véhicule par les services de douanes serbe.
Du coup, sitôt mon passeport tamponné pour ma 88e destination dans le monde, je mets le cap directement vers les monastères situés au sud de Novi Sad que je n’aurais pas eu le temps de visiter.
Tant pis pour Novi Sad donc ! J’espère pouvoir visiter cette ville et d’autes merveilles encore que recèle la Serbie lors d’un prochain voyage, mais je préfère me concentrer pour le peu de temps qu’il me reste avant de foncer sur Belgrade, sur les monastères qui se dressent aux quatre coins du parc national de Fruska Gora.
Les reliefs vallonés du parc national de Fruska Gora sont depuis le XVIe siècle le refuge des Serbes qui fuyaient l’avancée des Turcs.
Des communautés de moines s’y sont établies et y ont construit des monastères grâce auxquels la culture serbe a survécu aux moments les plus durs de la domination ottomane.
Aujourd’hui, il n’en reste que seize et ils constituent la principale raison de visiter la région. Pour ma part, je vais me consacrer sur le plus célèbre, le monastère de Krusedol et de son cadet, situé à quelques kilomètres de là, Novo Hopovo.
Pas de temps à perdre, il est presque 18h30 quand j’arrive au monastère de Novo Hopovo qui a été élevé ici aux alentours de 1576.
Pas le temps de réfléchir. Je gare ma voiture en quatrième vitesse sur le parking qui fait face au monastère et je me précipite à l’intérieur. Coup de chance, à cette heure-ci, il n’y a absolument personne pour m’interdire de prendre quelques photos. Du coup, je vais m’en donner à coeur joie.
D’influences byzantines où l’on retrouve l’héritage de l’école de la Morava, le monastère de Novo Hopovo se dresse à deux pas de la ville d’Irig.
Le dôme dodécagonal de l’église Saint-Nicolas, recouvert de fresques réalisées en 1608 par des artistes de l’école du mont Athos, est une pure merveille.
Le sépulcre situé devant l’autel abrite des reliques de saint Théodore Tiron, qui, selon la tradition locale, ont été apportées ici en 1555.
Le lustre de la nef est impressionnant. Dans la cour intérieure, des moines vendent des produits locaux, peincipalement du miel.
Mais ce sont bien les fresques qui constituent le principal intérêt de ce monastère.
Nombre d’entre elles sont l’oeuvre de Téodor Kracun, l’un des plus importants peintres d’icônes serbes.
Une grande partie de ces icônes ont été détruites par les envahisseurs ottomans (1684-1688) puis des siècles plus tard par les Oustachis croates entre 1941 et 1942.
Bien que des signes de restauration soient visibles, la beauté et charme de ces fresques restent intacts.
Les saints sur les colonnes semblent stupéfaits par l’histoire dont ils sont les protagonistes, tandis que l’iconoclaste se fait discrète devant les fresques.
Le style de ces fresques mêle la tradition byzantine à des influences venues de la Renaissance crétoise et du monde occidental, ce qui donne aux compositions une grande clarté narrative et une réelle profondeur spatiale.
Les couleurs sont riches et chaudes, avec des ocres lumineux, des bruns profonds, des bleus intenses et des rouges éclatants qui structurent les scènes et guident le regard du fidèle.
Les visages sont traités avec un soin particulier, les expressions y sont souvent douces et recueillies, et l’on sent chez les peintres une recherche de vérité psychologique qui dépasse la simple répétition des modèles byzantins.
Le programme iconographique suit l’organisation traditionnelle des églises orthodoxes. Dans la coupole trône le Christ Pantocrator entouré des anges et des prophètes, tandis que l’abside abrite la Vierge orante et la Communion des Apôtres.
Sur les murs et les voûtes se déploient les grandes fêtes liturgiques, comme l’Annonciation, la Nativité, le Baptême du Christ, la Transfiguration, la Crucifixion, la Résurrection et la Pentecôte, racontées avec un sens du détail et du mouvement qui rend ces scènes particulièrement vivantes.
Le narthex, quant à lui, est dominé par un vaste Jugement dernier d’une grande force expressive, où l’on voit la procession des justes, le paradis, mais aussi les tourments des damnés représentés avec une précision saisissante.
On y trouve également plusieurs scènes de la vie de saint Nicolas, le patron de l’église, qui rappellent la protection du saint sur le monastère et sur les fidèles.
Malgré les destructions subies pendant la Seconde Guerre mondiale, une grande partie de ces fresques a pu être conservée et restaurée, et elles continuent aujourd’hui d’émerveiller par leur beauté et leur profondeur spirituelle.
La décoration peinte principale a été réalisée vers 1608, à l’initiative de l’higoumène du monastère. L’équipe de peintres était dirigée par le hiéromoine Mitrofan, un moine-peintre réputé, qui a également travaillé dans d’autres monastères de la Fruška Gora et au-delà.
Les fresques du monastère de Novo Hopovo constituent l’un des ensembles les plus importants de la peinture serbe du début du XVIIe siècle.