Sur la route de Sarajevo, une halte au monastère de Dobrun
Vendredi 17 juillet. C’est avec pas mal de regrets et une grande envie d’y retourner pour découvrir tout ce que je n’ai pas eu le temps de visiter que je quitte la Serbie pour traverser la frontière et me rendre en Bosnie-Herzégovine, 89e pays de mon vaste tour du monde.
Enfin, quand je dis traverser la frontière, je le dis très rapidement, peut-être trop rapidement, car mon GPS va m’embarquer dans un trajet qui va rapidement me mener à un cul-de-sac.
Du coup, il ne me reste plus qu’à retourner en arrière, revenir sur mes pas à Zaovine et reprendre la route de l’entrée du parc national de Tara, direction Mokra Gora et la frontière bosnienne. Ouf !
Il est presque 11 heures quand nous parvenons enfin de l’autre côté de la vallée de la Drina pour pénétrer en terre bosnienne, qui, dès l’entrée, affiche son amour pour la Communauté européenne.
Un parti pris plutôt payant à voir le bien meilleur état des routes et le niveau d’économie général qui semble ici bien plus élevé que chez son voisin serbe. L’argent de l’Europe peut-être ?
Bye-bye donc, ce beau pays de Serbie et ses routes défoncées, ses tunnels mal éclairés (quand ils ne le sont pas du tout !), et bonjour la Bosnie-Herzégovine !
Pour fêter ça, nous nous arrêtons à quelques kilomètres de la frontière pour aller découvrir le beau monastère de Dobrun, moins beau toutefois que ses cousins serbes.
Ce monastère de Dobrun, aussi imposant soit-il, est surtout réputé pour sa petite église monastique qu’il renferme au sein de ses murailles.
La fondation du monastère remonte aux environs de l’année 1343 sous le règne de l’empereur Stefan Dušan.
Le projet est initié par le voïvode Pribil, un noble local qui choisit d’implanter le sanctuaire dans les gorges montagneuses de la rivière Rzav, au pied de la forteresse médiévale de Dobrun. Les fils de Pribil agrandissent ensuite la nef et font décorer le narthex quelques décennies plus tard.
L’établissement spirituel subit de multiples ravages au cours de son histoire en raison de sa position stratégique sur un axe de passage important.
Les armées ottomanes conquièrent et endommagent lourdement le site dès le XVe siècle avant que le monastère ne soit déserté par les moines.
La communauté relance la vie religieuse au XVe siècle, mais le complexe est de nouveau ruiné lors des insurrections et des guerres du XIXe siècle.
La destruction la plus récente et la plus sévère survient durant la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’armée allemande utilise l’église comme dépôt de munitions, provoquant une explosion qui rase la quasi-totalité des bâtiments en 1945.
Malgré les nombreuses explosions et incendies, l’église conserve des fragments exceptionnels de sa peinture murale d’origine du XIVe siècle.
Les restaurateurs ont réussi à sauver un ensemble de fresques historiques majeures situées dans les parties basses des murs médiévaux rescapés.
Les compositions représentent notamment le portrait du roi Stefan Dušan, de son épouse la reine Jelena et de leur fils Uroš.
Une autre galerie de portraits précieux montre le fondateur, le voïvode Pribil, entouré de ses fils et de membres de la noblesse locale en costumes d’apparat du Moyen Âge.
Le monastère a été entièrement reconstruit dans la seconde moitié du XXe siècle et a retrouvé une communauté de moines active. Les bâtiments actuels associent l’architecture de pierre traditionnelle à des aménagements d’accueil pour les pèlerins et les touristes de passage.