Pourquoi visiter le monastère de Tvrdos ?
Comment visiter le monastère de Tvrdos ?
Monastère de Tvrdos, l'un des plus beaux monastères de Bosnie
Lundi 20 juillet. Après l’église Saint-Archange, je reprends la route de Mostar et roule une douzaine de kilomètres plein nord pour me rendre jusqu’au monastère de Tvrdos.
Je n’avais pas vraiment prévu de visiter ce monastère, mais les brochures touristiques laissées sur la table du salon par nos hôtes auront fini de me convaincre.
Je profite donc de ce que mes compagnons de voyage souhaitent se reposer dans la maison pour aller visiter ce monument. Et je ne vais pas le regretter !
Le temps de garer ma voiture de l’autre côté du monastère, de remonter à pied l’allée principale et de dépasser le chai où vieillit le vin fabriqué ici et je file directement voir l’église monastique.
Fondé au XIIIe siècle, ce monastère orthodoxe serbe est tout simplement le plus important de Bosnie-Herzégovine.
Installé en terrasse au bord de la Trebisnjica, il doit son nom à sa réputation de “place dure” (tvrdos) et imprenable.
Regroupant une quinzaine de moines, il est célèbre pour ses reliques et ses vins réputés.
Dédié à la Dormition de la Mère de Dieu, le complexe fut fondé sous le règne du roi serbe Stefan Milutin (1282-1321) et fut détruit en 1664 par les Vénitiens afin d’affaiblir le clergé orthodoxe, qui était alors un soutien des Ottomans.
Reconstruit en 1928 et rénové en 1999, il présente aujourd’hui une architecture d’allure pseudomédiévale.
La route qui longe le complexe longe quelques rangs de vigne. La présence de ceux-ci est symbolique : l’essentiel des 150 ha de vignes du monastère est réparti dans trois grandes zones autour de Trebinje.
L’entrée est gardée par une tour défensive d’environ 23 m de hauteur et par un bâtiment fortifié au toit de lauzes.
On parvient ensuite au catholicon, l’église principale du monastère, en forme de croix latine et surmonté d’un dôme ovale monté sur tambour d’environ 20 m de hauteur.
Ce catholicon présente une architecture romano-byzantine édifiée en pierre de taille locale.
Reconstruit au XXe siècle après sa destruction par les Vénitiens en 1694, l’édifice se caractérise par ses lignes épurées et son unique dôme ovale monté sur un tambour surélevé. Cette structure robuste et élégante s’intègre harmonieusement dans le paysage rocailleux de la vallée de Trebinje.
La plus grande originalité architecturale du catholicon réside dans son sol en verre transparent, installé lors des dernières restaurations.
Cette verrière moderne permet aux visiteurs de marcher au-dessus des fondations archéologiques excavées de l’édifice.
On peut ainsi contempler les structures en pierre de la première église paléochrétienne du IVe siècle et du monastère médiéval du XIVe siècle sur lesquels l’église actuelle repose.
Les murs intérieurs portent les cicatrices de l’histoire mouvementée de Tvrdoš, marquée par les guerres et les explosions.
L’église d’origine possédait de riches peintures réalisées en 1517 par le maître Vice Lovrov, originaire de la république de Dubrovnik.
Bien que la majeure partie de cette œuvre ait été pulvérisée lors des conflits, quelques précieux fragments de fresques d’origine subsistent sur les portions de murs les plus anciennes.
Le reste de la nef et des voûtes est intégralement recouvert de fresques modernes peintes dans le respect rigoureux de la tradition byzantine médiévale.
Ces compositions aux couleurs vives illustrent les grandes fêtes liturgiques et mettent à l’honneur des figures spirituelles majeures de la région.
Parmi elles figure le portrait de Saint Basile d’Ostrog, qui commença sa vie monastique entre ces murs avant de devenir l’un des saints les plus vénérés des Balkans.
Le monastère rappelle ainsi sur ses murs que ce grand saint thaumaturge des Balkans a prononcé ses vœux monastiques et commencé sa vie de dévotion ici-même à Tvrdoš au XVIIe siècle.
Les fresques récentes se caractérisent par des pigments d’un bleu profond et des fonds dorés qui captent la lumière descendant du dôme central.
Les voûtes de la nef illustrent de manière monumentale les grandes fêtes chrétiennes, avec une attention particulière portée à la Dormition de la Vierge, l’événement sacré auquel le catholicon est dédié.
Chaque personnage, des prophètes de l’Ancien Testament aux martyrs, est peint selon des lignes strictes qui invitent à la méditation et au recueillement.
Sur les hauteurs, on peut remarquer le portrait de la « néo-martyre Milica Rakis », une enfant de trois ans tuée en 1999 à Belgrade, lors des bombardements de l’Otan dans le cadre de la guerre du Kosovo.
L’église abrite aussi les ossements des moines de Tvrdos morts au camp de concentration de Jasenovac-Donja Gradina lors de la Seconde Guerre mondiale.
Mais la relique la plus réputée est la main momifiée de la sainte serbe Hélène d’Anjou (1237-1314), catholique française convertie à l’orthodoxie et mère du roi Stefan Milutin.
La visite se poursuit par les chais du monastère. On y déguste des vins plutôt costauds issus des cépages zilavka et liriorila (blancs), mais surtout des rouges obtenus à partir du vranac (60 % de la production) et du cabernet sauvignon.