Pourquoi visiter la vieille ville de Kotor ?
Comment visiter la vieille ville de Kotor ?
Kotor, un enchevêtrement de places, d'églises et de musées
Samedi 25 juillet. Après la mauvaise surprise de la veille quand la ville était plongée dans l’ombre de la fin d’après-midi, je décide cette fois-ci d’arpenter ses rues médiévales en début d’après-midi.
Et ça change tout ! Non seulement les places et les rues prennent un tout autre relief, se gorgeant de soleil, mais elles sont quasiment désertées par les touristes qui profitent de l’après-midi pour passer leur temps à la plage. Bonne nouvelle donc !
En ce début d’après-midi, je laisse donc mes amis se prélasser au soleil et armé de mon appareil-photo, je pars à la découverte de la ville. Et cette fois-ci, sans pression et sans presser le pas. La vie est belle !
La vieille ville fortifiée de Kotor (Stari Grad) est un réseau de ruelles pavées qui s’articule autour d’une dizaine de places médiévales pleines de charme, appelées localement pjace.
Conçues sous l’influence de la République de Venise, ces places servaient historiquement de marchés thématiques et de centres de vie civique.
La plus vaste et la plus importante est la Place d’Armes (Trg od Oružja), qui accueille immédiatement les visiteurs franchissant la Porte de la Mer.
Centre névralgique de la cité, elle tire son nom de l’époque vénitienne où elle abritait les arsenaux et servait de lieu de rassemblement militaire.
Elle est dominée par la célèbre Tour de l’Horloge construite en 1602, au pied de laquelle se dresse un pilori en pierre qui servait autrefois à punir publiquement les condamnés.
Aujourd’hui bordée de cafés animés et de terrasses, cette place s’entoure de monuments remarquables, tels que le Palais du Recteur et le Théâtre de Napoléon.
En s’enfonçant dans le dédale de pierre, on débouche sur la prestigieuse Place Saint-Tryphon (Trg Sv. Trifuna), le cœur spirituel de Kotor.
Cette esplanade majestueuse est entièrement occupée sur son flanc sud par la Cathédrale Catholique Saint-Tryphon, un chef-d’œuvre roman achevé au XIIe siècle qui abrite de inestimables trésors d’orfèvrerie médiévale.
Encadrée par les falaises spectaculaires du mont Saint-Jean, la place abrite également le Palais Drago, un édifice gothique orné de fenêtres sculptées raffinées, faisant de cet espace le lieu de rassemblement privilégié pour les grandes fêtes religieuses et folkloriques.
Les amateurs d’histoire et de patrimoine maritime aimeront également la Place de la Marine de Boka (Trg Bokeljske mornarice), plus connue sous le nom de Place de la Farine (Trg od Brašna) en raison des anciens entrepôts céréaliers qui s’y trouvaient.
Cet espace élégant est bordé par le magnifique Palais Pima, célèbre pour ses balcons baroques soutenus par de grandes arches en pierre.
Tout près, la place accueille également le superbe Palais Grgurina, qui abrite aujourd’hui le célèbre Musée Maritime de Kotor où l’on peut admirer des maquettes de voiliers, des armes anciennes et des journaux de bord de capitaines.
Enfin, la Place Saint-Luc (Trg Sv. Luke) incarne parfaitement l’harmonie et la diversité religieuse qui caractérisent la ville.
Cet espace pittoresque abrite en son centre l’église Saint-Luc, un petit édifice de 1195 remarquable pour avoir conservé des autels catholique et orthodoxe, et pour avoir miraculeusement survécu sans dommage au grand séisme de 1979.
Elle fait face à l’imposante église orthodoxe Saint-Nicolas de style néo-byzantin, dont les dômes surmontés de croix dorées veillent sur les terrasses ombragées où les voyageurs aiment se reposer au calme.
A Kotor, les influences romanes, gothiques, renaissances et baroques s’entremêlent pour former l’un des ensembles urbains médiévaux les mieux préservés de la mer Adriatique.
L’identité visuelle de la vieille ville (Stari Grad) a été profondément façonnée par près de quatre siècles de domination vénitienne (1420-1797).
Les urbanistes de la Sérénissime ont conçu la cité non pas selon un plan en damier rigide, mais comme un dédale asymétrique de ruelles pavées et de places interconnectées.
Cette configuration organique n’était pas fortuite : elle avait pour but de désorienter les envahisseurs potentiels qui parviendraient à franchir les portes de la ville, tout en optimisant la circulation de l’air et la protection contre le soleil brûlant de l’été méditerranéen.
Le système défensif de la ville constitue l’une des prouesses architecturales les plus impressionnantes d’Europe, aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les remparts de Kotor s’étirent sur près de 4,5 kilomètres, grimpant de manière spectaculaire le long des falaises abruptes du mont Saint-Jean jusqu’à la forteresse San Giovanni, perchée à 280 mètres d’altitude.
D’une épaisseur atteignant parfois 16 mètres, ces murs en pierre locale intègrent des bastions massifs, des tours de guet et des portes fortifiées monumentales, à l’image de la Porte de la Mer (1555), qui combine des éléments Renaissance et des motifs militaires vénitiens comme le lion de Saint-Marc.
Ce bouclier de pierre a permis à la ville de résister aux plus grands empires de l’histoire, notamment aux sièges répétés de l’Empire ottoman.
Au cœur de ce tissu urbain, l’architecture résidentielle et civile se distingue par la splendeur de ses palais aristocratiques en pierre blanche, qui témoignent de la richesse des anciennes familles de capitaines maritimes et de nobles.
Ces édifices reflètent l’évolution des styles architecturaux au fil des siècles : le Palais Drago présente de délicates fenêtres à triple arche de style gothique flamboyant, tandis que le Palais Pima séduit par son porche Renaissance et ses longs balcons baroques soutenus par des corbeaux sculptés.
Les maisons plus modestes partagent les mêmes matériaux nobles, arborant des façades en pierre de taille, des volets en bois traditionnellement peints en vert et des portails ornés de blasons familiaux, créant une remarquable unité esthétique et chromatique dans toute la cité.
Enfin, l’architecture sacrée de Kotor témoigne du rôle historique de la ville comme point de rencontre entre l’Occident chrétien et l’Orient orthodoxe.
Le fleuron religieux de la cité est la cathédrale catholique Saint-Tryphon, consacrée en 1166 ; malgré les reconstructions baroques de ses clochers après le séisme de 1667, elle conserve une structure romane monumentale et un ciborium en marbre unique soutenu par des colonnes de marbre rouge de la région.
À quelques pas de là, l’architecture orthodoxe s’exprime à travers la petite église romano-byzantine de Saint-Luc (1195) et l’imposante église Saint-Nicolas (1909), de style néo-byzantin avec ses dômes sombres et ses détails ornementaux riches.
Cette cohabitation de sanctuaires aux volumes et aux styles si différents confère à la silhouette de Kotor une poésie architecturale unique au monde.
Et bien évidemment, quand on se rend à Kotor, la visite des églises de la ville reste une priorité. À commencer par la cathédrale catholique Saint-Tryphon.
Consacrée en 1166 sur les fondations d’un sanctuaire encore plus ancien, elle domine fièrement l’une des principales places de la cité.
Bien que sa structure d’origine soit purement romane, ses deux clochers ont dû être reconstruits dans un style baroque à la suite du terrible séisme de 1667.
À l’intérieur, les visiteurs peuvent admirer un magnifique ciborium en marbre rouge de la région, de splendides fresques du XIVe siècle, ainsi qu’un riche trésor d’orfèvrerie contenant de précieuses reliques en or et en argent, dont celles de Saint Tryphon, le saint patron protecteur de Kotor.
À quelques pas de là, sur la place éponyme, l’imposante Église Orthodoxe Saint-Nicolas (Crkva Sv. Nikole) offre un contraste architectural saisissant.
Achevé en 1909 pour remplacer un temple plus ancien détruit par un incendie, cet édifice de style néo-byzantin est le principal lieu de culte orthodoxe de la vieille ville.
Ses dômes sombres surmontés de croix dorées et le grand drapeau de l’Église orthodoxe serbe qui flotte sur sa façade en font un repère visuel incontournable.
L’intérieur surprend par son atmosphère mystique, baignée par la lueur des cierges et les effluves d’encens, et abrite une magnifique iconostase en bois sculpté ainsi qu’une collection d’icônes d’une grande finesse.
Juste en face de Saint-Nicolas se dresse la petite mais hautement symbolique Église Saint-Luc (Crkva Sv. Luke).
Construite en 1195 sous l’influence des styles roman et byzantin, cette modeste chapelle en pierre est un véritable miracle de résilience : elle est le seul édifice de la vieille ville à n’avoir subi aucun dommage lors du violent tremblement de terre de 1979.
Initialement catholique, elle fut cédée aux fidèles orthodoxes au XVIIe siècle face à l’afflux de réfugiés fuyant les Ottomans.
Signe unique de tolérance et d’harmonie religieuse, elle a conservé pendant près de deux siècles deux autels distincts, permettant aux deux communautés d’y célébrer leurs rites tour à tour. Son sol pavé est par ailleurs constitué de dalles funéraires de citoyens de l’ancienne Cattaro.
Enfin, pour les plus courageux, l’Église Notre-Dame-de-la-Santé (Crkva Gospa od Zdravlja) offre une récompense visuelle inoubliable.
Perchée à mi-chemin sur la falaise abrupte le long des remparts menant à la forteresse San Giovanni, cette petite chapelle du XVe siècle a été érigée par les survivants des grandes épidémies de peste pour remercier la Vierge de sa protection.
Bien qu’elle ne soit généralement pas ouverte aux visites intérieures, son clocher en pierre de taille s’élevant solitare au-dessus des cyprès forme la silhouette la plus photographiée de la région.
L’effort pour gravir les quelque 500 marches de pierre menant à son parvis est largement récompensé par un panorama spectaculaire et plongeant sur les toits de tuiles rousses de Kotor et les eaux calmes du fjord.
Enfin, je ne veux pas tourner la page de la visite de Kotor sans avoir évoqué les nombreux musées qui se dressent aux quatre coins de la ville.
Contrairement aux galeries d’art modernes et épurées, les musées de la vieille ville ont la particularité d’être presque tous hébergés au sein de monuments historiques classés, souvent d’anciens palais vénitiens.
Cette configuration architecturale offre aux visiteurs une double expérience culturelle : la découverte de collections patrimoniales uniques s’accompagne d’une immersion immédiate dans les volumes, les pierres de taille et les décors d’époque des grandes lignées de nobles et de navigateurs qui ont fait la fortune de l’ancienne Cattaro.
Le joyau incontournable de cette offre culturelle est le Musée Maritime du Monténégro (Pomorski Muzej), magistralement installé dans le Palais Grgurina, une demeure baroque du XVIIIe siècle.
Ce musée retrace sur plusieurs niveaux l’épopée navale légendaire des bouches de Kotor, dont les marins et les capitaines commerçaient autrefois avec les plus grands ports de la Méditerranée et du monde.
Les salles d’exposition, qui ont conservé leur disposition aristocratique d’origine, regorgent d’une collection impressionnante de maquettes de voiliers et de galions minutieusement détaillées, d’instruments de navigation en laiton, de journaux de bord authentiques et de portraits de célèbres amiraux.
Une section entière est également dédiée à une impressionnante collection d’armes blanches et à feu richement ciselées, témoignant des combats passés contre les pirates et l’Empire ottoman.
Pour les passionnés d’art sacré et d’orfèvrerie médiévale, le Musée-Trésor de la Cathédrale Saint-Tryphon constitue une étape artistique majeure. Aménagé au premier étage de la Cathédrale Catholique Saint-Tryphon, cet espace abrite une collection inestimable d’objets liturgiques qui ont survécu aux multiples séismes de la région.
On y admire des reliquaires en or et en argent d’une finesse d’exécution exceptionnelle réalisés par les anciens maîtres-orfèvres de Kotor, des icônes médiévales d’influence byzantine, ainsi que des vêtements sacerdotaux brodés de fils précieux.
Au-delà des objets exposés, le billet d’entrée permet de monter jusqu’à la galerie supérieure située entre les deux clochers de la cathédrale, offrant une perspective surélevée sur les toits de tuiles et la place en contrebas.
Enfin, Kotor s’illustre par une proposition beaucoup plus atypique et populaire avec son célèbre Musée des Chats (Cat Museum). Cette institution insolite rend hommage à la relation unique qui unit la ville à ces félins, considérés depuis des siècles comme des mascottes et des protecteurs de la cité contre les maladies et les rongeurs.
Plutôt qu’un refuge animalier, ce musée est une immense galerie de curiosités qui rassemble des milliers de pièces de collection du XIXe et XXe siècles : gravures anciennes, affiches de films, cartes postales, timbres, livres et illustrations satiriques où le chat est toujours le protagoniste. Ce lieu chaleureux reverse traditionnellement une partie de ses recettes très abordables à des associations locales chargées de nourrir et de soigner les chats errants qui peuplent aujourd’hui encore les ruelles de pierre.