Munich, Marienplatz, au pied du nouvel hôtel de ville
Mercredi 29 juillet. Me voici enfin au cœur de Munich, au centre de Marienplatz, la place historique de la ville au centre de laquelle se dresse l’imposant le nouveau et l’ancien hôtel de ville.
Et autant vous le dire tout de suite, n’espérez pas être seul pour profiter de la vue extraordinaire que vous aurez sous les yeux. Les touristes sont nombreux. Et à moins de vous lever aux aurores, vous aurez peu de chance de profiter du calme et de la sérénité.
Fondée officiellement en 1158 par Henri le Lion, duc de Saxe et de Bavière, cette place centrale est née en même temps que la ville elle-même, servant à l’origine de carrefour commercial majeur où se croisaient les routes du sel et des marchandises.
Pendant des siècles, elle a porté le nom simple de Marktplatz (Place du Marché), accueillant non seulement des marchés aux grains et aux poissons, mais aussi des tournois médiévaux de chevaliers et des exécutions publiques.
Ce n’est qu’en 1854 qu’elle a été rebaptisée Marienplatz (Place de Sainte-Marie) par les citoyens munichois, qui imploraient la protection de la Vierge Marie pour épargner la ville d’une terrible épidémie de choléra.
Le patrimoine religieux de la place est symbolisé de manière éclatante par la Mariensäule (la colonne de Marie), érigée en 1638 au centre de la place.
Ce monument fut commandé par le prince-électeur Maximilien Ier pour célébrer la fin de l’occupation suédoise pendant la guerre de Trente Ans.
Au sommet de cette colonne en marbre s’élève une statue en bronze doré de la Vierge Marie, sainte patronne de la Bavière, portant l’Enfant Jésus.
À sa base, quatre angelots en armure terrassent quatre monstres symbolisant les fléaux de l’époque : l’hérésie (le serpent), la guerre (le lion), la famine (le dragon) et la peste (le basilic).
À quelques pas de là, la fontaine Fischbrunnen (Fontaine aux Poissons) rappelle le passé marchand de la place ; reconstruite après la Seconde Guerre mondiale, elle reste un lieu de rendez-vous incontournable pour les habitants.
L’élément architectural le plus spectaculaire de Marienplatz est sans conteste le Neues Rathaus (le Nouvel Hôtel de Ville), qui domine le côté nord de la place.
Construit entre 1867 et 1909 par l’architecte Georg von Hauberrisser dans un style néogothique flamboyant, cet immense édifice en pierre arbore une façade monumentale ornée de statues représentant les ducs de Bavière et des figures mythologiques.
Sa tour principale, haute de 85 mètres, abrite le célèbre Glockenspiel (carillon), l’un des plus grands d’Europe.
Chaque jour, ses 43 cloches et ses 32 figurines s’animent pour reconstituer deux événements majeurs de l’histoire locale : le mariage du duc Guillaume V en 1568 avec son célèbre tournoi de chevaliers, suivi de la danse des tonneliers (Schäfflertanz), une tradition célébrant la fin d’une épidémie de peste en 1517.
En contraste architectural direct avec le Nouvel Hôtel de Ville se trouve l’Altes Rathaus (l’Ancien Hôtel de Ville), situé à l’est de la place.
Ce bâtiment, dont les origines remontent au XIVe siècle, a été reconstruit à plusieurs reprises, notamment dans un style gothique tardif par Jörg von Halsbach, l’architecte de la célèbre cathédrale Notre-Dame (Frauenkirche).
Bien que l’Ancien Hôtel de Ville ait été gravement endommagé par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, sa magnifique tour a été fidèlement reconstruite à l’identique dans les années 1970.
Aujourd’hui, cette tour historique n’accueille plus les délibérations politiques mais abrite le Spielzeugmuseum (Musée du Jouet), qui présente une collection nostalgique de jouets anciens européens et américains.
Mais revenons au nouvel hôtel de ville qui domine la place de toute sa largeur. Sa construction, décidée au milieu du XIXe siècle, est née d’un besoin crucial d’espace, l’Ancien Hôtel de Ville étant devenu trop étroit pour une cité en pleine expansion démographique et économique.
En 1867, la ville lance un concours architectural international remporté par le jeune et brillant architecte germano-autrichien Georg von Hauberrisser, alors âgé de seulement 26 ans.
Le chantier titanesque se déroula en trois grandes phases successives pour s’achever totalement en 1909, transformant radicalement le paysage urbain du cœur historique de Munich.
Hauberrisser a magistralement choisi le style néogothique flamboyant pour ce complexe monumental, s’inspirant des grands hôtels de ville médiévaux de Flandre et du Brabant, comme ceux de Bruxelles ou de Louvain.
Ce choix architectural fort visait à affirmer la puissance bourgeoise et l’autonomie communale face au pouvoir royal de la dynastie des Wittelsbach, qui privilégiait alors le style néoclassique.
La façade principale en pierre, qui s’étend sur près de 100 mètres de long, est un chef-d’œuvre de détails sculptés. Elle est rythmée par une profusion de fenêtres à meneaux, de pinacles, de gargouilles et de niches abritant une galerie de statues représentant des ducs, des rois de la maison de Wittelsbach, ainsi que des figures allégoriques et des légendes locales bavaroises.
L’élément central et le plus spectaculaire de l’édifice est sans conteste sa tour principale, qui culmine à 85 mètres de hauteur.
Cette structure majestueuse, accessible au public par un ascenseur, offre un panorama exceptionnel sur les toits de Munich et, par temps clair, jusqu’à la chaîne des Alpes.
Au sommet de la flèche veille le Münchner Kindl (le Petit Moine de Munich), la figurine en bronze qui symbolise les armoiries de la ville.
C’est également au cœur de cette tour que bat le pouls de la Marienplatz grâce à son impressionnant mécanisme d’horlogerie, attirant chaque jour des milliers de spectateurs venus du monde entier.
À l’intérieur, le Nouvel Hôtel de Ville s’organise autour de six cours intérieures et abrite des trésors patrimoniaux tout aussi remarquables.
La salle du Conseil municipal (Grosse Sitzungssaal) est ornée d’une fresque monumentale de Karl von Piloty intitulée Monachia, représentant les figures historiques majeures de la ville.